Partie 2: Pourquoi Big Oil a conquis le monde – The Corbett Report
Partie 2: Pourquoi Big Oil a conquis le monde
À l’aube du XXe siècle, un nouvel ordre international était en train de naître. Un ordre fondé sur le pétrole. À la fin du XXe siècle, cet ordre était solidement établi. Chauffage. Transports. Énergie industrielle. Fabrication de plastiques. Produits pharmaceutiques. Il n’existe aucun aspect de la vie moderne qui ne dépende, d’une manière ou d’une autre, du pétrole.
Mais les maîtres de cette oligarchie du pétrole – les Rockefeller à la Standard Oil, la famille royale britannique chez BP, la famille royale néerlandaise et les Rothschild chez Royal Dutch Shell – ne se contentaient pas d’une simple domination financière. Le pouvoir que leur conférait leur monopole quasi total sur la matière première la plus importante du monde était énorme, et ils n’ont eu aucun scrupule à l’utiliser pour refaire le monde à leur image.
Comme nous l’avons vu dans « Comment Big Oil a conquis le monde », l’influence des oligarques du pétrole a été stupéfiante. Du système éducatif à la profession médicale, de la « Révolution verte » à la « Révolution génétique », de la Guerre mondiale à la guerre du Golfe, l’argent du pétrole a servi à façonner chaque aspect du monde dans lequel nous vivons. Avec l’essor du pétrodollar dans les années 1970, même le système monétaire international repose sur le pétrole.
Mais aujourd’hui, au XXIe siècle, il semble que l’ancien ordre, l’ordre du pétrole, touche enfin à sa fin.
Les masses, ayant identifié les oligarques du pétrole et leur emprise destructrice sur la planète, voient Big Oil décliner et commencent à s’en réjouir. Pour elles, la promesse d’un avenir post-carbone signifie la fin de l’oligarchie du pétrole.
Ce que beaucoup ne comprennent pas, c’est que l’ordre du pétrole n’a jamais eu pour objet le pétrole. Les oligarques ne se souciaient pas du pétrole, mais du contrôle. Et, ayant depuis longtemps dépassé leur dépendance financière envers la matière première qui leur a apporté pouvoir et richesse, ils sont à l’avant-garde de cette marche vers l’ère post-carbone.
Aujourd’hui, les oligarques du pétrole cherchent à instaurer un nouvel ordre international. Un ordre dans lequel leur contrôle est consolidé, leur plan achevé, leur pouvoir incontestable. Un ordre dans lequel chaque aspect de la vie humaine, de l’énergie à l’argent jusqu’au génome lui-même, est précisément réglé et contrôlé par la technologie.
Voici l’histoire de ce que veulent réellement les oligarques du pétrole, et de la manière dont ils comptent y parvenir.
Original : corbettreport.com/bigoil
INTRODUCTION
À l’aube du XXe siècle, un nouvel ordre international émergeait. Un ordre fondé sur le pétrole. Et à la fin du XXe siècle, cet ordre était solidement établi. Chauffage. Transports. Puissance industrielle. Fabrication du plastique. Médicaments. Il n’est pas une facette de la vie moderne qui ne dépende, d’une manière ou d’une autre, du pétrole.
Mais les maîtres de cette oligarchie du pétrole, les Rockefeller à la Standard Oil, la famille royale britannique chez BP, la famille royale néerlandaise et les Rothschild chez Royal Dutch Shell, ne se contentaient pas d’une simple domination financière. Le pouvoir que leur conférait leur monopole quasi total sur la marchandise la plus importante du monde était énorme, et ils n’avaient aucun scrupule à s’en servir pour refaire le monde à leur image.
Comme nous l’avons vu dans Comment les grandes pétrolières ont conquis le monde, l’influence des oligarques du pétrole est stupéfiante. Du système éducatif à la profession médicale, de la « Révolution verte » à la « Révolution génétique », de la guerre mondiale à la guerre du Golfe, l’argent du pétrole a servi à façonner chaque aspect du monde dans lequel nous vivons. Avec l’essor du pétrodollar dans les années 1970, même le système monétaire international repose sur le pétrole.
Mais aujourd’hui, au XXIe siècle, il semble que l’ancien ordre, l’ordre du pétrole, touche enfin à sa fin.
Amy Goodman : Nous commençons par un nouveau cap franchi par la campagne croissante de désinvestissement des entreprises de gaz, de pétrole et de charbon qui alimentent le changement climatique. May Boeve, directrice générale de 350.org, en a fait l’annonce juste avant notre émission d’aujourd’hui.
May Boeve : Nous annonçons aujourd’hui que les engagements de désinvestissement ont dépassé la barre des 3 400 milliards de dollars. Ce sont 3 400 milliards de dollars d’actifs sous gestion désormais libérés des énergies fossiles.
SOURCE : Is Oil & Gas the New Tobacco? Fossil Fuel Divestment Movement Reaches New Milestone – Democracy Now!
Robert Dudley : Dans le secteur du pétrole et du gaz, nous reconnaissons la contribution de nos activités et de nos produits aux émissions de gaz à effet de serre. C’est pourquoi l’OGCI [Oil and Gas Climate Initiative] a été créée.
SOURCE : L’OGCI investit dans des technologies innovantes à faibles émissions
Narrateur 1 : Ce qui a commencé comme un mouvement sur les campus universitaires américains a atteint les gratte-ciel de la haute finance.
Narrateur 2 : Dans le monde, près de 200 institutions et des milliers de particuliers ont retiré au total 50 milliards de dollars d’actifs des énergies fossiles.
Militante du désinvestissement : Si nous prenons notre argent et le mettons dans les énergies renouvelables comme les panneaux solaires, le monde pourrait être tellement meilleur.
SOURCE : Global Divestment Day 2015
Les masses, ayant identifié les oligarques du pétrole et leur emprise destructrice sur la planète, voient les grandes pétrolières décliner et ont commencé à se réjouir. Pour elles, la promesse d’un avenir post-carbone signifie la fin de l’oligarchie du pétrole.
Ce que beaucoup ne comprennent pas, cependant, c’est que l’ordre du pétrole n’a jamais été une affaire de pétrole. Les oligarques du pétrole ne se souciaient pas du pétrole, mais du contrôle. Et, s’étant depuis longtemps affranchis de leur dépendance financière envers la marchandise qui leur avait apporté pouvoir et richesse, ils sont à l’avant-garde de cette marche vers l’ère post-carbone.
Aujourd’hui, les oligarques du pétrole cherchent à instaurer un nouvel ordre international. Un ordre dans lequel leur contrôle est consolidé, leur plan achevé, leur pouvoir incontestable. Un ordre dans lequel chaque aspect de la vie humaine, de l’énergie à l’argent jusqu’au génome lui-même, est précisément ordonné et technologiquement contrôlé.
Voici l’histoire de ce que veulent vraiment les oligarques du pétrole, et de la manière dont ils comptent y parvenir.
PREMIÈRE PARTIE : L’ESSOR DE L’EUGÉNISME
DACCA, 1963
C’est un jour comme les autres à Dacca. Les rues sont bondées, sales, misérables, malodorantes et grouillent littéralement de monde. Des gens couchés dans la rue. Recroquevillés dans les caniveaux. Au milieu de cette foule s’avance une silhouette des plus improbables. Dans son costume infroissable, serrant sa mallette contre lui, il détonne dans la foule. Il observe la scène, secoue très légèrement la tête et remarque, moitié pour lui-même, moitié pour son compagnon de voyage : « Eh bien, voilà le problème, n’est-ce pas ? »
C’est une scène qui s’est souvent répétée : un touriste occidental submergé par les foules grouillantes du sous-continent indien. Mais ce n’était pas un simple touriste qui passait le temps pendant ses vacances. C’était John D. Rockefeller III, petit-fils du baron du pétrole John D. Rockefeller. Et, armé de la richesse, du pouvoir et de l’influence inimaginables que lui conférait son nom, il était en mission pour faire quelque chose contre le « problème » de la surpopulation.
Rockefeller abordait cette mission en tant que représentant du Population Council, un groupe qu’il avait lui-même fondé pour traiter le « problème » de Dacca et d’ailleurs. En apparence, le Population Council était une organisation simple avec une tâche simple : soutenir la recherche médicale et scientifique sur la question de la croissance de la population humaine. Mais l’histoire sombre du Council et la philosophie qui le guidait révèlent le véritable intérêt de Rockefeller pour ce « problème » et sa « solution » finale.
John D. Rockefeller III, ou JDR3, comme l’appelait la constellation de chercheurs, d’hommes d’affaires, de politiciens, de diplomates et de membres de familles royales gravitant autour de la famille Rockefeller, avait décidé très tôt de l’usage à faire de l’argent et du pouvoir considérables dont il disposait : contrôler la population de la planète. En 1934, JDR3, alors âgé de 28 ans, avait écrit à son père, John D. Rockefeller Jr., au sujet des recherches de la Fondation Rockefeller sur « le contrôle des naissances et les questions connexes », déclarant : « J’en suis arrivé assez nettement à la conclusion que c’est le domaine auquel je m’intéresserai, du moins pour l’instant, pour concentrer mes propres dons. »
JDR3 était avant tout un homme de parole. Après avoir commandé une mission d’enquête de la Fondation Rockefeller en Asie pour faire rapport sur la menace que représentait la croissance de la population du tiers-monde, il organisa une conférence des meilleurs chercheurs en médecine et en démographie de l’époque pour discuter, comme le formulait le titre même de la réunion, des « problèmes de population ». De cette réunion naquit l’idée d’une organisation, le Population Council, chargée d’orienter le développement du domaine naissant de la recherche sur la population et la fécondité. JDR3 donna personnellement 1,35 million de dollars de sa poche pour fonder le Council et couvrir ses premiers frais de fonctionnement.
Comme son père et son grand-père avant lui, Rockefeller avait appris à utiliser la philanthropie et la générosité comme masque de sa véritable intention : le contrôle. Mais ce masque glissa lorsqu’il rédigea un projet de statuts du Council révélant le véritable but de l’organisation. Le Council, selon JDR3, devait « promouvoir la recherche et appliquer les connaissances existantes pour aider à susciter des changements dans les attitudes, les habitudes et les pressions environnementales affectant la vie des êtres humains, de sorte que, dans chaque groupe social et économique, les parents supérieurs à la moyenne en intelligence, en qualité de personnalité et en affection tendent à avoir des familles plus nombreuses que la moyenne ».
Thomas Parran, ancien Surgeon General des États-Unis et cofondateur du Council, mit en garde contre l’inclusion d’un aveu aussi brutal dans la déclaration de mission du Council. « Des questions comme les suivantes se posent », avertit-il. « Qui doit déterminer quels sont les “parents supérieurs à la moyenne en… affection” ? […] Et qui déciderait quelles personnes ont une personnalité supérieure à la moyenne ? Franchement, les implications de ceci, même si je sais qu’elles se voulaient eugéniques, pourraient facilement être comprises à tort comme une philosophie nazie de la race des seigneurs. J’ai donc reformulé ce paragraphe. »
La phrase fut retirée de la version définitive des statuts.
En vérité, cependant, cette phrase n’avait pas été écrite par JDR3 lui-même. Elle avait été recopiée mot pour mot de la quatrième de couverture d’Eugenical News, la publication centrale du mouvement eugéniste américain. Ce n’était pas un hasard. Frederick Osborne, l’un des cofondateurs du Council et son premier président après le départ de Rockefeller en 1957, était aussi président de l’American Eugenics Society. Lorsque le Population Council fut fondé, Osborne et l’American Eugenics Society qu’il dirigeait transférèrent officiellement leurs activités dans les bureaux new-yorkais du Council, la société eugéniste tirant désormais ses fonds directement de la subvention de Rockefeller au Population Council. Le Population Council était la société eugéniste sous un autre nom.
L’eugénisme. Voilà la vision qui guidait JDR3 et la « philanthropie » de la famille Rockefeller. Une vision qui faisait des Rockefeller et de leurs collègues oligarques du pétrole des familles supérieures, aptes, par le fait même de leur richesse et de leur réussite, à diriger le cours des événements mondiaux. Le pouvoir de déterminer qui était apte à se reproduire et qui était trop pauvre pour transmettre ses gènes.
Joe Plummer : L’eugénisme est essentiellement un mouvement au sein de l’élite visant à éradiquer ce qu’elle considère comme les classes inférieures, c’est-à-dire les classes sociales, raciales, ethniques inférieures. Plus ou moins tous ceux qui ne sont pas à la hauteur de ses critères. Et après avoir éradiqué ces classes, ce qu’ils veulent, c’est se perfectionner génétiquement à un niveau si élevé que la population restante qu’ils autorisent à exister en dessous d’eux n’aura jamais le pouvoir de les renverser. La fin de l’histoire, en somme.
Le terme lui-même a été forgé par Galton et signifie essentiellement « bien né ». L’idée est une sorte de mélange de plusieurs idées qui circulaient vers les années 1850. Si l’on remonte, par exemple, à Mendel : Mendel étudiait les caractères héréditaires chez les pois. Et il a pu établir que certains caractères se transmettaient et qu’on pouvait les déterminer et, en somme, les prédire.
Et presque au même moment, vous avez Spencer, qui parlait de la « survie du plus apte », avec le même genre d’idée, le même fil conducteur. Qu’il existe des caractères génétiques qui rendraient une espèce, une plante ou un animal plus apte qu’un autre et plus capable de survivre.
Il y avait aussi, bien sûr, Darwin. L’œuvre de Darwin à l’époque, L’Origine des espèces, décrit en quelque sorte ce processus par lequel le matériel génétique se transmet et, vous savez, par lequel l’évolution se produit.
Galton reprend donc essentiellement toutes ces idées, et il était connu pour observer et repérer des schémas. Et ce qu’il a fait, en somme, c’est commencer à avancer l’idée qu’en étudiant les caractères humains, on pourrait, si on le voulait, élever des êtres humains supérieurs.
Obsédés par l’élevage et l’hérédité familiale, les eugénistes croyaient que ce n’étaient pas seulement des caractères physiques comme le poids ou la taille qui étaient déterminés par la lignée, mais aussi des caractères sociaux comme l’intelligence, la conscience professionnelle ou même la criminalité. Si vous êtes pauvre, c’est que vous venez d’une souche pauvre. Si vous êtes criminel, c’est que votre lignée est criminelle. Et si vous êtes un Rockefeller, un Rothschild ou un membre d’une famille royale, vous êtes riche et prospère parce que votre famille était destinée à la fortune et au succès.
Les oripeaux pseudoscientifiques de la philosophie eugéniste du XIXe siècle étaient peut-être nouveaux, mais en réalité l’idée est aussi vieille que la civilisation humaine. On a toujours appris aux gens à croire que leurs dirigeants étaient spéciaux, une classe à part, les membres d’une famille spécialement choisie pour régner sur les masses. Qu’ils soient littéralement descendants des dieux, comme les pharaons d’Égypte ou les empereurs du Japon, ou membres de familles choisies par Dieu pour régner sur leurs royaumes, comme les monarques d’Europe, le droit de régner sur les autres se transmettait par l’arbre généalogique. Le peuple, quant à lui, connaissait sa place ; n’étant pas de sang royal, il venait au monde serf, travaillait la terre au profit de la noblesse et, avec un peu de chance, avait des enfants qui répéteraient le cycle une génération de plus.
Mais l’effondrement de la féodalité médiévale fit naître une classe marchande nouvellement enrichie. Le développement de la méthode scientifique remit en cause des siècles de dogme religieux. La diffusion de la philosophie des Lumières conduisit au renversement des monarques et à l’essor de la démocratie. Et la révolution industrielle ouvrit la voie à l’ascension des barons voleurs et à la création d’immenses fortunes familiales nouvelles.
À la fin du XIXe siècle, alors que les oligarques du pétrole en Amérique et en Europe commençaient à consolider leur richesse, il fallait une nouvelle justification à la domination de la société par une élite. Une justification qui abandonnait les références dépassées à un ordre surnaturel et semblait reposer sur le socle de la science. Une idée capable d’expliquer comment des parvenus nouveaux riches comme les Rockefeller et les Rothschild avaient pu s’élever aux premiers rangs de la société aux côtés des vieilles dynasties royales d’Europe.
L’eugénisme convenait parfaitement. La réponse était dans leurs gènes.
Richard Grove : Eh bien, je pense que cette idée eugéniste issue de la « survie du plus apte » fournit presque une excuse scientifique à certains des actes les plus inhumains et les plus horribles que l’humanité ait jamais conçus puis réalisés. L’idée de contrôler les gens en contrôlant la reproduction, la capacité reproductive, l’accès aux partenaires et ce genre de choses est vieille de plusieurs milliers d’années.
L’eugénisme […] est donc apparu sous une forme forte à la fin des années 1800, avec des gens comme les Darwin, les Wedgwood et les Huxley, en particulier Thomas H. Huxley, connu comme « le bouledogue de Darwin ». Ces idées eugénistes prennent donc vraiment leur essor à la fin des années 1800, et au début des années 1900, elles ont été adoptées par les mêmes familles que ces barons voleurs financés par le réseau bancaire des Rothschild, et aussi par la Fabian Society socialiste, qui comptait là encore beaucoup des mêmes personnages influents que ces hauts dignitaires de l’Empire britannique.
Donc […] il a montré son visage dans les années 1920 et 1930 dans ces campagnes de stérilisation forcée : si l’on pensait que vous aviez un QI faible ou une maladie congénitale transmissible, vous n’aviez pas le droit de vous marier et d’avoir des enfants.
L’eugénisme était bien sûr une pseudoscience. Lorsque Galton et ses compagnons de route commencèrent à élaborer la théorie, la découverte du mécanisme réel de l’hérédité, gènes et ADN compris, était encore à près de 100 ans de distance. Ils utilisaient à la place des termes fourre-tout sans définition, comme la « faiblesse d’esprit », pour diagnostiquer la pauvreté ou la criminalité, prétendant qu’elle était causée par un « plasma germinatif défectueux ». Ils utilisaient la phrénologie pour tenter de déterminer l’expression physique de l’alcoolisme ou d’une faible intelligence. Même les œuvres les plus célèbres de l’ère eugéniste, comme l’étude d’Henry Goddard sur la famille Kallikak, furent totalement discréditées, voire reniées par leurs auteurs.
Joe Plummer : C’est donc à 100 % pseudoscientifique. Les caractères qu’ils recherchent sont absolument arbitraires. Une chose comme la faiblesse d’esprit n’est pas seulement non scientifique, elle peut en somme être décrite de n’importe quelle façon, selon ce que veut l’observateur. Faible d’esprit pourrait vouloir dire que vous bégayez, donc vous êtes peut-être faible d’esprit, ou que vous êtes timide, donc vous êtes faible d’esprit. Peut-être qu’ils n’aiment simplement pas votre façon d’agir, donc vous êtes faible d’esprit.
Mais l’idée était contagieuse. Comme toutes les pseudosciences les plus séduisantes, elle expliquait tant de choses avec si peu d’effort. Elle flattait la vanité des chercheurs, généralement issus eux-mêmes de familles prospères et riches. Et elle fournissait un prétexte à une ingénierie sociale d’une ampleur jamais rêvée auparavant.
Lorsque l’eugénisme traversa l’Atlantique, passant de la campagne anglaise raffinée de Galton et de ses acolytes aux côtes rocheuses de l’Amérique, il frappa de jeunes chercheurs ambitieux comme Charles Davenport avec la force d’un ouragan. Zoologiste formé à Harvard, Davenport avait grandi dans une famille stricte et puritaine de congrégationalistes de Nouvelle-Angleterre ; son père autoritaire était obsédé par la généalogie et faisait remonter l’arbre familial jusqu’à ses ancêtres anglo-saxons en 1086. Lorsque le jeune Davenport découvrit les écrits de Galton en travaillant dans un laboratoire de biologie à Long Island, il trouva le but de sa vie. Comme il le déclara plus tard à l’American Breeders Association, qui devint une alliée importante de sa cause eugéniste : « La société doit se protéger ; de même qu’elle revendique le droit de priver le meurtrier de sa vie, elle peut aussi anéantir le hideux serpent du protoplasme irrémédiablement vicié. »
Avec la ferveur prosélyte d’un converti religieux, Davenport conçut un projet ambitieux pour faire avancer la cause eugéniste : la création d’un Eugenics Record Office chargé d’enregistrer le profil génétique de chaque homme, femme et enfant d’Amérique (et, à terme, du monde), afin que chacun puisse être classé selon sa lignée et recevoir une note génétique. Une fois ce travail achevé, ceux qui avaient la plus faible valeur eugénique pourraient être éliminés du patrimoine génétique.
Joe Plummer : L’idée de l’eugénisme arrive donc en Amérique, tombe entre les mains de Charles Davenport, qui sollicite des fonds auprès du Carnegie Institute, et au Cold Spring Harbor Laboratory ils créent en somme un institut pour étudier l’eugénisme, qui devient finalement, avec de l’argent des Harriman, l’Eugenics Record Office. Entre ce premier institut de Cold Spring Harbor et l’Eugenics Record Office qui s’y ajoute, on parle donc de millions et de millions de dollars de financement mis à disposition pour aller enquêter et trouver le « plasma germinatif » inférieur, c’est ainsi qu’on le décrit souvent.
La première contribution de la Fondation Rockefeller à l’Eugenics Record Office, à peine 21 650 dollars, était une petite somme, mais elle s’accompagnait d’avantages évidents : non seulement l’infrastructure institutionnelle et le personnel de la Fondation et le prestige du nom Rockefeller lui-même, mais aussi la promesse d’un soutien accru à mesure que le travail avançait. Et comme toujours, les Rockefeller tinrent parole.
Des chercheurs de la Fondation Rockefeller comme William Welch, directeur fondateur du Rockefeller Institute for Medical Research, siégeaient au conseil de l’ERO et contribuaient à orienter ses activités. Les Rockefeller finançaient aussi des recherches précises, comme une subvention de 10 000 dollars pour recenser les inaptes eugéniques dans le comté de Nassau, à New York. Et ils créèrent des organisations sœurs comme le Bureau of Social Hygiene, qui échangeait recherches et chercheurs avec le laboratoire de Davenport.
John D. Rockefeller Jr. s’intéressa tout particulièrement au travail de Davenport dès le début. Ils entretenaient une correspondance régulière sur diverses questions d’eugénisme. En janvier 1912, lorsque fut lancé un projet d’internement des détenues « mentalement déficientes » pour les empêcher d’avoir des enfants, le jeune héritier Rockefeller écrivit à Davenport pour connaître son avis. Junior, pour sa part, déclara : « Ce projet me paraît d’une importance immense. Il indique une voie scientifique pour échapper aux maux que nos tribunaux sont censés corriger, mais qu’en réalité ils ne font qu’accroître. » Après que Davenport eut répondu que le projet ne fonctionnerait que s’il comprenait un examen eugénique des détenues, Junior versa 200 000 dollars pour fonder précisément un tel institut. L’Institute of Criminology de New York fut administré par le propre Bureau of Social Hygiene de Rockefeller et doté de personnel formé à l’Eugenics Record Office.
Porté par le soutien des riches et des puissants d’Amérique, l’eugénisme passa du dada pittoresque de quelques savants fous à la cause sociale de toute une génération. Économistes, politiciens, auteurs, militants : dans les années 1920, tous ceux qui comptaient vantaient la nécessité d’éradiquer le plasma germinatif des souches inférieures.
Marie Stopes, célèbre pionnière du planning familial qui fonda en 1921 la première clinique de contraception de Grande-Bretagne dans le nord de Londres, fulminait contre les « hordes de défectueux » et réclamait la stérilisation obligatoire de ceux qu’elle jugeait « inaptes à la parentalité ».
Tommy Douglas, aujourd’hui vénéré au Canada comme un héros pour son rôle dans la création du système de santé du pays, présenta à l’université McMaster un mémoire de maîtrise préconisant que les « sous-normaux », les « défectueux » et les « crétins », comme les personnes ayant un QI faible ou des anomalies physiques, soient isolés « dans une ferme d’État ou dans une colonie où un surveillant compétent pourrait prendre les décisions à leur place », et appelant le gouvernement à certifier l’« aptitude mentale et physique » pour empêcher les « inaptes » de se reproduire.
John Maynard Keynes, l’économiste qui nous a donné l’école keynésienne, encore populaire aujourd’hui chez les planificateurs centraux, fut lui-même président de la British Eugenics Society de 1937 à 1944.
Alexander Graham Bell est toujours vénéré comme l’inventeur du téléphone, mais il fut en réalité l’un des premiers soutiens de Charles Davenport et un membre fondateur du conseil scientifique de l’Eugenics Record Office. Il milita ouvertement pour l’« éradication de la race sourde », en demandant que l’État intervienne pour empêcher les sourds de se marier.
Le dramaturge et écrivain George Bernard Shaw, prix Nobel, préconisait la création d’une commission gouvernementale devant laquelle chacun devrait justifier son existence. Ceux qui n’y parviendraient pas devraient, selon Shaw, être tués par l’État.
George Bernard Shaw : … Mais il y a un nombre extraordinaire de gens que je voudrais tuer. Sans méchanceté ni animosité personnelle, mais cela doit être évident pour vous tous, vous devez tous connaître au moins une demi-douzaine de personnes qui ne servent à rien en ce monde. Qui causent plus d’ennuis qu’elles ne valent. Et je pense que ce serait une bonne chose de faire comparaître chacun devant une commission dûment constituée, tout comme il pourrait comparaître devant le percepteur, et, disons tous les cinq ans ou tous les sept ans, de le placer là et de lui dire : « Monsieur, ou madame, auriez-vous maintenant l’obligeance de justifier votre existence ? » Si vous ne pouvez pas justifier votre existence, si vous ne faites pas votre part parce que vous ne le voulez pas, si vous ne produisez pas autant que vous consommez, ou peut-être un peu plus, alors, de toute évidence, nous ne pouvons pas utiliser la grande organisation de notre société pour vous maintenir en vie. Parce que votre vie ne nous profite pas et ne peut pas être d’une grande utilité.
SOURCE : George Bernard Shaw parle de la peine capitale
Finalement, grâce au financement et à la promotion des fondations, cet état d’esprit eugéniste se diffusa dans la culture populaire. L’American Eugenics Society parrainait des « concours de familles plus aptes » lors des foires agricoles, récompensant les familles qui obtenaient les meilleurs scores aux tests de « santé eugénique ». La Société parrainait aussi des concours récompensant les membres du clergé qui intégraient le message de l’eugénisme dans leurs sermons. L’eugénisme arriva même sur grand écran :
« Nous avons jugé nécessaire de soumettre le cas de votre famille à la commission médicale de l’État et, après examen, elle a décidé qu’une mesure importante s’imposait : faire stériliser toute votre famille. »
« Quoi, qu’est-ce que c’est ? Je ne sais pas de quoi vous parlez. »
« Eh bien, nous avons étudié l’histoire de votre famille, Alice, et la plupart des membres des trois dernières générations étaient faibles d’esprit, infirmes de naissance ou ivrognes invétérés. Au lieu de s’améliorer, chaque génération pose plus de problèmes. Or, dans cet État, nous avons une loi qui prévoit pour ces personnes une opération afin qu’il n’y ait plus d’enfants. »
« Je vois. »
SOURCE : Tomorrow’s Children
Mais populariser leurs idées n’était pas le but des eugénistes. Ils voulaient des actes. Et en l’occurrence, cela signifiait des mesures concrètes pour éliminer le plasma germinatif défectueux de la population humaine.
Le meurtre, approuvé par l’État, de ceux jugés inaptes était toujours une option sur la table. Et ce n’étaient pas seulement des dramaturges comme Bernard Shaw qui réclamaient des commissions de mort gouvernementales ; des eugénistes de tous bords discutaient et débattaient de l’idée de « tuer les dégénérés » comme moyen le plus rapide d’atteindre leurs objectifs.
« Le respect mal placé pour ce que l’on croit être des lois divines et une croyance sentimentale dans le caractère sacré de la vie humaine tendent à empêcher à la fois l’élimination des nourrissons défectueux et la stérilisation des adultes qui n’ont eux-mêmes aucune valeur pour la communauté. Les lois de la nature exigent l’effacement des inaptes, et la vie humaine n’a de valeur que lorsqu’elle est utile à la communauté ou à la race. » – Madison Grant, directeur de l’American Eugenics Society, 1915
Mais les eugénistes du courant dominant comprirent que cette approche n’était pas possible dans le climat politique et judiciaire de l’époque. Comme le nota Henry Goddard dans sa tristement célèbre étude The Kallikak Family : « Pour l’idiot profond, l’infortuné repoussant que l’on peut voir dans nos établissements, certains ont proposé la chambre létale. Mais l’humanité s’éloigne constamment de la possibilité de cette méthode, et il n’est pas probable qu’elle soit jamais pratiquée. »
Ils devraient donc se tourner vers l’autre option, la solution politiquement plus acceptable pour empêcher les indésirables de se reproduire : la stérilisation forcée.
L’Indiana adopta en 1907 la première loi américaine de stérilisation eugénique et, en quelques années à peine, une douzaine d’États stérilisaient légalement contre leur gré ceux qui étaient jugés « inaptes ». Mais cela ne suffisait toujours pas aux eugénistes. L’approche était trop dispersée : seules quelques milliers de stérilisations avaient été pratiquées en vertu de ces lois, et la loi de stérilisation forcée de l’Indiana fut elle-même annulée par la Cour suprême de l’État en 1921.
Une fois encore, Harry Laughlin, le bras droit de Davenport à l’Eugenics Record Office financé par Rockefeller, intervint pour résoudre le problème. Il rédigea en 1922 une « loi type de stérilisation eugénique » qui servit de base à la loi de stérilisation de la Virginie de 1924. Pour affronter les questions de front, les eugénistes décidèrent de contester eux-mêmes la constitutionnalité de la loi et de porter l’affaire jusqu’à la Cour suprême. Il ne leur fallait que la bonne affaire test. Et ils la trouvèrent en Carrie Buck, une pupille de 18 ans de la Virginia State Colony for Epileptics and Feebleminded, qui n’était ni épileptique ni faible d’esprit.
Amy Goodman : Mais commençons dans les années 1920 avec Carrie Buck.
Adam Cohen : C’est une jeune femme qui grandit à Charlottesville, en Virginie, élevée par une mère seule. À l’époque, on croyait qu’il valait souvent mieux retirer les enfants pauvres à leurs parents et les placer dans des foyers de la classe moyenne. Elle fut donc placée dans une famille d’accueil qui la traitait très mal. Elle n’avait pas le droit d’appeler les parents « maman » et « papa ». Elle faisait beaucoup de ménage pour eux et était louée aux voisins. Et puis, un été, elle fut violée par le neveu de sa mère d’accueil. Elle tombe enceinte hors mariage. Et au lieu de l’aider dans cette grossesse, ils décident de la faire déclarer épileptique et faible d’esprit, bien qu’elle ne soit ni l’un ni l’autre, et elle est envoyée à la Colonie pour épileptiques et faibles d’esprit près de Lynchburg, en Virginie.
Goodman : Et que lui est-il arrivé là-bas ?
Cohen : Elle arrive au pire moment. La Virginie vient d’adopter une loi de stérilisation eugénique et veut la tester devant les tribunaux. Ils se saisissent donc de Carrie Buck comme de la plaignante parfaite pour ce procès. Ils décident d’en faire la première personne stérilisée pour raisons eugéniques en Virginie, et soudain elle se retrouve au cœur d’une affaire qui se dirige vers la Cour suprême des États-Unis.
L’affaire était une mascarade, montée uniquement pour obtenir l’aval de la Cour suprême sur la question de la stérilisation forcée. L’« avocat indépendant » de Buck était en réalité Irving Whitehead, l’un des directeurs fondateurs de la colonie qui poussait à sa stérilisation, et l’homme qui avait nommé le directeur qui réclamait sa stérilisation. Buck elle-même n’était pas faible d’esprit, ni sa mère, ni sa fille Vivian Buck, que Carrie mit au monde à la suite du viol et qui fut déclarée « faible d’esprit » dès le berceau parce que, comme en témoigna une assistante sociale au procès, « il y a quelque chose dans son regard qui n’est pas tout à fait normal, mais quoi exactement, je ne saurais le dire ».
Aucun de ces faits n’eut d’importance pour la Cour suprême. Présidée par l’ancien président et juge en chef William Howard Taft, la Cour vota à 8 contre 1 pour confirmer la stérilisation forcée de Buck et la constitutionnalité de la loi de stérilisation eugénique de la Virginie elle-même. L’arrêt fut rédigé par l’un des juges les plus célèbres et les plus vénérés de l’histoire de la Cour, Oliver Wendell Holmes Jr., lui-même eugéniste issu du cercle des « Brahmanes de Boston », l’establishment héréditaire de la côte Est.
Dans son arrêt, Holmes justifia la stérilisation forcée de personnes comme Buck en invoquant le droit de l’État de vacciner ses citoyens contre leur gré :
« Il vaut mieux pour le monde entier que, au lieu d’attendre d’exécuter une descendance dégénérée pour ses crimes ou de la laisser mourir de faim à cause de son imbécillité, la société puisse empêcher ceux qui sont manifestement inaptes de perpétuer leur espèce. Le principe qui fonde la vaccination obligatoire est assez large pour couvrir la ligature des trompes », déclara-t-il, avant de conclure par la phrase tristement célèbre : « Trois générations d’imbéciles, c’est assez. »
Et avec cela, les vannes furent ouvertes. De nouvelles lois furent adoptées et d’anciennes révisées pour se conformer à l’arrêt de la Cour suprême. Les stérilisations forcées, pratiquées auparavant de façon discrète et sans bruit, étaient désormais annoncées avec fierté. Quelques milliers de personnes stérilisées contre leur gré devinrent des dizaines de milliers. L’ère de l’eugénisme, née des immenses fortunes des Rockefeller et de leurs semblables, était arrivée. Et, avec une impulsion très spectaculaire des Rockefeller, elle allait bientôt devenir internationale.
À partir de novembre 1922, et de plus en plus au cours des années 1920, la Fondation Rockefeller accorda une série de subventions et de bourses à des scientifiques allemands. Équivalant à des millions de dollars d’aujourd’hui, ces bourses transformèrent le monde scientifique allemand, dévasté au lendemain de la Première Guerre mondiale. L’argent de la Fondation alla remplir les caisses des Instituts Kaiser-Wilhelm, une série d’organismes scientifiques qui comprenaient un Institut de psychiatrie et un Institut d’anthropologie, d’hérédité humaine et d’eugénisme.
L’un des principaux bénéficiaires de cette largesse des Rockefeller fut Ernst Rüdin, chercheur principal à l’Institut Kaiser-Wilhelm de psychiatrie et l’un des principaux architectes du programme eugéniste allemand sous le Troisième Reich. Rüdin coédita les règles officielles et le commentaire de la loi sur la prévention d’une descendance atteinte de maladies héréditaires, adoptée le 14 juillet 1933, moins de six mois après que Hitler eut été nommé chancelier par le président Paul von Hindenburg. Cette loi, comme la loi de Virginie que la Cour suprême avait confirmée et qui avait conduit à la stérilisation de Carrie Buck et de dizaines de milliers d’autres Américains, était calquée sur la loi type de stérilisation eugénique de Harry Laughlin. Elle créa des « tribunaux de santé héréditaire » qui pouvaient ordonner la stérilisation des « défectueux » dans huit catégories : les faibles d’esprit, les schizophrènes, les maniaco-dépressifs, les personnes atteintes de la chorée de Huntington, les épileptiques, les personnes atteintes de malformations héréditaires, les aveugles et les sourds. Les alcooliques, neuvième catégorie, pouvaient facultativement être ajoutés à la liste, avec une mise en garde contre l’inclusion des simples ivrognes. À la fin de l’année, 62 400 Allemands avaient été jugés inaptes à se reproduire et stérilisés contre leur gré. En 1945, ce nombre avait atteint 400 000.
Dans les années 1940, ce programme eugéniste s’étendit à l’« euthanasie » avec le programme Aktion T4, qui aboutit au meurtre de plus de 70 000 enfants, personnes âgées et patients psychiatriques par le régime nazi.
Lorsque la poussière de la Seconde Guerre mondiale retomba, le mot « eugénisme » était devenu synonyme de nazisme dans l’esprit du grand public. Les eugénistes, indignés, savaient que leur travail ne pouvait plus se poursuivre sous le nom d’eugénisme. Mais cela ne voulait pas dire qu’il ne pouvait pas se poursuivre.
Richard Grove : Après la Seconde Guerre mondiale, on n’en entend donc plus parler sous le nom d’eugénisme. Ce qu’on entend, c’est biologie moléculaire, et ce genre de termes courants développés par la Fondation Rockefeller, l’une des familles qui, en Amérique principalement, aidaient à financer cela en Amérique, en Grande-Bretagne, en Allemagne, et qui finançaient aussi Hitler à l’époque. Il y a donc beaucoup de recoupements entre les gens qui finançaient réellement un génocide et les gens qui avaient des idées sur l’élimination d’une partie de la population, le contrôle de la population et la stérilisation des gens, et ces idées perdurent et imprègnent la société jusqu’à aujourd’hui.
Comme l’écrivit Frederick Osborne, cofondateur de l’American Eugenics Society : « Les objectifs eugéniques ont plus de chances d’être atteints sous un autre nom que celui d’eugénisme. » Il installa donc l’American Eugenics Society dans les bureaux du Population Council de John D. Rockefeller III, dont il devint président en 1957.
Les Rockefeller et leurs collègues oligarques du pétrole s’étaient considérés depuis des générations comme les gardiens de la planète, la protégeant contre la marée montante des génétiquement inférieurs. Ils n’allaient pas renoncer à cette quête. Il leur suffirait de l’emballer sous un autre nom.
DEUXIÈME PARTIE : LES OLIGARQUES DU PÉTROLE POUR LE CHANGEMENT CLIMATIQUE
Maurice Strong : Avec toutes les preuves que nous avons accumulées pendant nos préparatifs de la conférence de Stockholm, y compris l’avis de nombreux grands scientifiques du monde, je suis convaincu qu’il faut prendre au sérieux les prophètes de malheur. Autrement dit, l’apocalypse est une possibilité. Je suis tout aussi convaincu que l’apocalypse n’est pas inévitable. »
SOURCE : Entretien avec Maurice Strong (BBC 1972)
Sur le papier, il serait presque impossible de trouver un candidat moins probable que Maurice Strong au titre de « parrain » du mouvement écologiste moderne. Issu d’une famille pauvre du Manitoba rural durement frappée par la Grande Dépression et sorti de l’école avant la fin du collège, Strong connut une ascension fulgurante vers les sommets de la richesse et de l’influence politique qui est en soi remarquable. Plus remarquable encore est le nombre d’organisations environnementales qu’il fonda, de conférences qu’il présida, de campagnes qu’il dirigea et de distinctions qu’il reçut au cours de sa carrière : organisateur de la conférence de Stockholm sur l’environnement, directeur fondateur du Programme des Nations unies pour l’environnement, secrétaire général du Sommet de la Terre de Rio, fondateur du Conseil de la Terre et du mouvement de la Charte de la Terre, président du World Resources Institute, membre de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement, et administrateur d’une liste déroutante d’organisations, de l’International Institute for Sustainable Development au Stockholm Environment Institute en passant par l’African-American Institute.
Mais la chose la plus remarquable à propos de Strong, figure omniprésente du mouvement écologiste du XXe siècle, était peut-être son parcours : un millionnaire lié aux Rockefeller, issu des champs pétroliers de l’Alberta, qui partageait son temps entre les campagnes écologistes et la direction de grandes compagnies pétrolières.
Pour comprendre comment on en est arrivé là, il faut examiner l’histoire de l’émergence du mouvement écologiste. Dans l’après-guerre, le désir de contrôler la population revêtit un nouveau masque : protéger le monde contre l’épuisement des ressources, la pollution et la catastrophe écologique. Et, comme toujours, la famille Rockefeller était là pour fournir le financement et le soutien organisationnel permettant d’orienter ce mouvement naissant vers ses propres fins.
Raymond Burr : Le président Nixon et le Congrès des États-Unis ont créé la Commission sur la croissance démographique et l’avenir de l’Amérique. Le président de cette commission unique est John D. Rockefeller III.
John D. Rockefeller III : C’est un mandat très vaste. Personne n’en avait eu de cette nature auparavant, et c’est de là que la question de la qualité de vie s’est imposée comme la question apparemment centrale.
Burr : Mais la principale conclusion était qu’une stabilisation, sous une forme ou une autre, est clairement souhaitable pour le pays.
JDR3 : Oui, nous avons dit qu’il est reconnu que la population ne peut pas continuer à croître indéfiniment. Personne ne le conteste, et nous avons dit, d’après nos conclusions, que la nation devrait désormais accueillir et planifier une population stabilisée. Toute la question de la pollution, de l’environnement et de la population est passée au premier plan avec une rapidité étonnante, et le président Nixon a fait en juillet 1969 une déclaration au Congrès consacrée exclusivement à ce sujet. J’aimerais en lire juste deux phrases, car je pense qu’elles témoignent de son inquiétude à ce sujet et de la conscience qu’il a de son importance ici et dans le monde. Il a dit : « L’un des défis les plus graves pour le destin humain dans le dernier tiers de ce siècle sera la croissance de la population. Que la réponse de l’homme à ce défi soit en l’an 2000 une source de fierté ou de désespoir dépendra beaucoup de ce que nous faisons aujourd’hui. »
SOURCE : Survival Of Spaceship Earth (1972)
Aux côtés des Rockefeller, leurs collègues oligarques du pétrole de l’autre côté de l’Atlantique façonnèrent le mouvement écologiste international, notamment la famille royale britannique derrière BP et la famille royale néerlandaise derrière Royal Dutch Shell. Et celui qui facilita la transition de l’eugénisme au contrôle de la population puis à l’écologisme fut Julian Huxley, frère d’Aldous Huxley, l’auteur du Meilleur des mondes, et petit-fils du « bouledogue de Darwin », T.H. Huxley.
Julian Huxley était un eugéniste convaincu, président de la British Eugenics Society de 1959 à 1962. Mais, comme les autres eugénistes de l’après-guerre, il comprenait la nécessité de poursuivre le travail désormais discrédité de l’eugénisme sous un autre déguisement. Directeur fondateur de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), Huxley écrivit dans le document fondateur de l’agence qu’il fallait trouver des moyens de rendre la cause de l’eugénisme à nouveau politiquement viable :
« Pour le moment, il est probable que l’effet indirect de la civilisation soit dysgénique plutôt qu’eugénique ; et en tout cas, il semble probable que le poids mort de la bêtise génétique, de la faiblesse physique, de l’instabilité mentale et de la prédisposition aux maladies, qui existent déjà dans l’espèce humaine, se révélera un fardeau trop lourd pour qu’un véritable progrès puisse être accompli. Ainsi, même s’il est tout à fait vrai qu’une politique eugénique radicale sera pendant de nombreuses années politiquement et psychologiquement impossible, il sera important pour l’UNESCO de veiller à ce que le problème eugénique soit examiné avec le plus grand soin et que l’opinion publique soit informée des enjeux, afin que beaucoup de ce qui est aujourd’hui impensable puisse au moins devenir pensable. »
Huxley trouva la façade idéale pour réintroduire ces idées eugéniques « impensables » en 1948, lorsqu’il se servit de l’UNESCO comme tremplin pour fonder l’Union internationale pour la conservation de la nature, puis de nouveau en 1961, lorsqu’il se servit de cette agence comme tremplin pour créer le World Wildlife Fund. Aux côtés de Huxley, les cofondateurs du fonds n’étaient pas seulement le prince Bernhard des Pays-Bas, fondateur du groupe Bilderberg et ancien employé du conglomérat IG Farben, et le prince Philip d’Angleterre, mais aussi Godfrey A. Rockefeller, de la dynastie Rockefeller. Ensemble, ils s’engagèrent à « mobiliser l’opinion publique et éduquer le monde sur la nécessité de la conservation ».
Des années d’« éducation » sur la pression que la croissance de la population humaine exerçait sur les ressources de la terre, payées par ces mêmes oligarques du pétrole qui venaient de passer un siècle à monopoliser l’une des ressources clés du monde, menèrent inévitablement à une conclusion prévisible :
Hugh Downs : Pour la première fois dans l’histoire de l’homme, un mouvement international est en marche. Les peuples des nations et les nations du monde se sont unis pour trouver les réponses. Ce bâtiment et les représentants du monde détiennent la solution. Nous avons vu ce que nous avons fait pour provoquer la destruction de notre Terre. N’est-il pas temps maintenant de guérir la maladie que nous avons nous-mêmes créée ?
SOURCE : Survival Of Spaceship Earth (1972)
Oui, le « remède » à la « maladie » humaine, selon cette propagande financée par Rockefeller et mettant en scène John D. Rockefeller III en commentateur expert, se trouvait aux Nations unies, dont le siège avait été si gracieusement offert par la famille Rockefeller elle-même. Et le premier pas vers ce remède fut l’organisation de la Conférence des Nations unies sur l’environnement humain à Stockholm en 1972, la première conférence internationale sur l’environnement au monde.
Narrateur : Pendant 11 jours, en juin 1972, Stockholm a attiré tous ceux qui se souciaient de l’environnement : 1 200 délégués officiels de 113 nations étaient à Stockholm pour la première Conférence internationale sur l’environnement humain. La réunion, d’abord proposée aux Nations unies par la Suède et approuvée par l’Assemblée générale en 1968, a attiré l’attention du monde entier.
En quatre petites années, le thème de l’environnement humain était passé des dernières pages des journaux aux gros titres de la une.
SOURCE : Conférence des Nations unies sur l’environnement humain, 1972 (partie 1)
Et qui de mieux placé pour superviser la conférence et poser les bases institutionnelles de ce mouvement naissant soutenu par les oligarques du pétrole qu’un pétrolier accompli ?
Maurice Strong : Le simple fait que la conférence ait commencé avec 113 pays participants, avec des délégations de très haut niveau de ces pays, représentait en soi un pas en avant très important. Car cela démontrait plus que toute autre chose l’inquiétude réelle de la majorité des pays du monde.
SOURCE : Conférence des Nations unies sur l’environnement humain, 1972 (partie 1)
Toute sa vie, Maurice Strong eut le don étrange de se trouver au bon endroit au bon moment pour rencontrer la bonne personne et gravir les échelons. Né à Oak Lake, au Manitoba, en 1929, et marqué par la Grande Dépression, le jeune et ambitieux Strong quitta l’école à 14 ans et partit vers le nord chercher du travail. Arrivé à Chesterfield Inlet, il obtint un emploi d’acheteur de fourrures pour la Compagnie de la Baie d’Hudson et y rencontra « Wild » Bill Richardson, un prospecteur dont l’épouse, Mary McColl, était issue de la famille de McColl-Frontenac, l’une des plus grandes compagnies pétrolières du Canada.
Elaine Dewar : M. Strong entre donc dans le grand monde par l’intermédiaire d’un certain « Wild » Bill Richardson, une sorte de prospecteur marié dans une famille de pétroliers, les McColl, dont la société s’appelait McColl-Frontenac. C’était un grand importateur de pétrole du Moyen-Orient, racheté depuis longtemps par Texaco par l’intermédiaire d’une maison de courtage appelée Nesbitt Thomson. D’une certaine façon, M. Strong a été introduit très jeune dans le monde des grandes pétrolières et des ressources. Il a été repéré comme un garçon très intelligent, pris sous l’aile d’un homme nommé Paul Martin père, ministre dont le fils deviendrait plus tard Premier ministre du Canada, et introduit dans le milieu pétrolier par des gens tout en haut, et parmi eux David Rockefeller.
Par l’intermédiaire des Richardson, Strong noua une série de relations de plus en plus improbables. Il fut d’abord présenté au trésorier des Nations unies, alors toutes nouvelles, Noah Monod. Chose incroyable, Monod ne se contenta pas de procurer à Strong un poste d’agent de sécurité subalterne au siège de l’ONU, il permit au jeune fils de fermier du Manitoba de vivre chez lui à New York. Et là, Monod présenta à Strong le contact le plus important de sa vie : David Rockefeller.
À partir de ce moment, Strong était un homme arrivé. Et à partir de ce moment, partout où Strong allait, Rockefeller et ses associés se trouvaient quelque part en arrière-plan.
C’est un vétéran de la Standard Oil, Jack Gallagher, qui donna à Strong sa grande chance dans les champs pétroliers de l’Alberta, lorsqu’il quitta son poste à la sécurité de l’ONU pour rentrer au Canada. Et quand Maurice Strong décida soudain de quitter cet emploi, de vendre sa maison et de partir en Afrique, il subvint à ses besoins en travaillant pour CalTex, la société de Rockefeller, à Nairobi.
Quand il quitta cet emploi en 1954 et fonda sa propre société au Canada, il engagea Henrie Brunie (un ami proche de John J. McCloy, associé de Rockefeller) pour la diriger et nomma deux représentants de la Standard Oil of New Jersey à son conseil. Avant 30 ans, il dirigeait sa propre entreprise et était déjà millionnaire.
Comme il le ferait toute sa vie, Maurice Strong tira pleinement parti de ces relations et de ces occasions. Après avoir été choisi pour organiser la conférence de l’ONU sur l’environnement à Stockholm, il fut nommé administrateur de la Fondation Rockefeller, qui finança ensuite son bureau pour le sommet de Stockholm et lui fournit pour son équipe Barbara Ward, boursière Carnegie, et René Dubos, écologue de Rockefeller. Strong leur commanda « Only One Earth » (Nous n’avons qu’une Terre), un texte fondateur du développement durable, vanté par les mondialistes comme un document clé pour promouvoir la gestion mondiale des ressources.
Le sommet de Stockholm de 1972 est toujours salué comme un moment marquant de l’histoire du mouvement écologiste moderne. Il conduisit non seulement aux premiers plans d’action environnementaux administrés par les gouvernements en Europe, mais aussi à la création d’une toute nouvelle bureaucratie onusienne : le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). Naturellement, l’ONU nomma Maurice Strong premier directeur du PNUE.
Peu après, Strong poursuivit sa double vie en replongeant directement dans le pétrole.
L’est du Canada fut particulièrement touché par l’embargo pétrolier de l’OPEP et, en conséquence, le Premier ministre de l’époque, Pierre Trudeau, créa Petro-Canada, la compagnie pétrolière nationale. Et qui choisit-il comme premier président de la société ? Nul autre que ce fervent « écologiste » soutenu par Rockefeller, Maurice Strong.
Après avoir quitté ce poste en 1978, Strong enchaîna une série à peine croyable de nominations dans les gouvernements, le secteur privé et les organisations internationales, de la présidence de la Corporation de développement des investissements du Canada à la présidence d’AZL Resources Incorporated en passant par la direction du programme de l’ONU contre la famine en Afrique.
En 1987, Strong contribua à organiser une autre conférence sur l’environnement, beaucoup moins connue mais non moins remarquable que le sommet de Stockholm. Baptisée 4e Congrès mondial sur la nature sauvage, la réunion se tint à Denver, au Colorado, et rassembla Strong, David Rockefeller, Edmond de Rothschild, le secrétaire au Trésor de l’époque James Baker et une foule d’autres oligarques du pétrole, banquiers, acteurs du pouvoir à Washington et mondialistes, officiellement pour parler d’environnement. Ce dont ils discutèrent en réalité était bien plus incroyable :
DAVID LANG : Je suggère donc que cela ne soit pas vendu par un processus démocratique. Cela prendrait trop de temps et engloutirait beaucoup trop de fonds pour éduquer la chair à canon qui, malheureusement, peuple la terre. Nous devons adopter un programme presque élitiste, afin de pouvoir voir au-delà de nos ventres gonflés et regarder vers l’avenir selon des échelles de temps et avec des résultats qui ne se comprennent pas facilement, ou qui ne peuvent pas, en toute honnêteté intellectuelle, être réduits à une définition simpliste.
SOURCE : Sommet de la Terre CNUED 1992, par George Hunt
Ce furent les mots de David Lang, un banquier de Montréal qui prit la parole pendant la conférence. Et pour Lang, les Rockefeller, les Rothschild et les autres banquiers et oligarques du pétrole réunis à cette rencontre, la population en général est de la « chair à canon » qui « malheureusement […] peuple la terre ». Cet aveu franc, résumé parfait des idées eugénistes au cœur du mouvement mondial de conservation que les oligarques du pétrole eux-mêmes avaient fait naître avec leur argent, fut enregistré par George Hunt, un homme d’affaires de Boulder, au Colorado, qui s’était porté volontaire pour aider à la conférence en tant que citoyen concerné et en ressortit horrifié par ce dont il avait été témoin. Il publia ses propres enregistrements des débats au début des années 1990 pour mettre le public en garde contre ce groupe et ses buts ultimes.
L’enregistrement de Hunt saisit le moment où Maurice Strong présenta le baron Edmond de Rothschild, dont le cousin du père avait vendu en 1911 les champs pétroliers azerbaïdjanais des Rothschild à Royal Dutch Shell, comme un pionnier du mouvement écologiste et un fondateur du concept de « banque de conservation ».
Maurice Strong : L’une des initiatives les plus importantes soumises ici à votre examen est le programme de banque de conservation. Comme nous l’avons mentionné ce matin, nous avons heureusement comme président la personne qui est vraiment à l’origine de ce concept très important. Il a été et il est l’un des administrateurs de l’International Wilderness Foundation, qui organise cette réunion. Il était présent à la première de ces conférences. Son ralliement au lien entre conservation et développement économique a donc été celui d’un pionnier. Il n’y a donc personne de mieux placé. Il incarne dans sa propre vie cette synthèse positive entre l’environnement et la conservation d’une part et l’économie d’autre part, et je suis ravi d’avoir l’occasion de vous présenter Edmond de Rothschild.
Edmond de Rothschild : Maurice, merci infiniment pour tout ce que vous avez dit, et je demanderais au public de prendre avec un léger grain de sel tout ce qu’il a dit de moi.
SOURCE : Sommet de la Terre CNUED 1992, par George Hunt
La réunion permit aux oligarques du pétrole d’atteindre quelques objectifs importants. Elle conduisit à la création de « zones de nature sauvage », de vastes étendues de terrain naturel dont le public pouvait être largement exclu. Ces zones devaient être désignées et supervisées par l’UICN, l’organisme même dont le président de la British Eugenics Society, Julian Huxley, s’était servi comme tremplin pour créer le World Wildlife Fund.
Un autre objectif important de la conférence était la proposition de Rothschild de créer une soi-disant « Banque mondiale de conservation » qui opérerait à un niveau supranational et coordonnerait le financement de projets de développement dans le monde entier.
Edmond de Rothschild : Les réunions consacrées au concept d’un programme international de banque de conservation impliquent désormais tous les secteurs de la communauté humaine : agences gouvernementales et intergouvernementales, organismes publics et privés, grandes fondations caritatives, ainsi que de simples particuliers dans le monde entier. En réfléchissant à l’avance à la manière d’atteindre le grand public, chaque entreprise dans le monde, pour qu’elle mette de côté, si possible en franchise d’impôt, une partie de ses bénéfices afin de financer notre protection écologique et environnementale.
Mesdames et messieurs, chaque pays a ses propres problèmes, ses peuples autochtones et sa faune. Cette banque internationale de conservation ne doit connaître ni frontières ni limites. »
SOURCE : Sommet de la Terre CNUED 1992, par George Hunt
Cette banque mondiale de conservation fut promue puis finalement réalisée lors de la conférence majeure suivante de Maurice Strong, celle qui allait couronner sa carrière improbable de croisé de l’environnement et qui reste aujourd’hui l’une des références du mouvement écologiste : le Sommet de la Terre de 1992 à Rio de Janeiro.
Narrateur : En juin 1992, le monde s’est réuni à Rio pour discuter du sort de la planète Terre. Lors de ce sommet, le plus grand et le tout premier Sommet de la Terre jamais organisé, des représentants de 166 pays, 130 chefs d’État et 15 000 organisations non gouvernementales se sont réunis dans l’espoir de conclure des accords précis conciliant la préservation de l’environnement et les besoins économiques.
SOURCE : 1992 – Sommet de la Terre de l’ONU – Rio de Janeiro – In Our Hands (partie 1)
George H. W. Bush : Et ma gratitude va au secrétaire général Maurice Strong pour son travail inlassable afin de réunir ce Sommet de la Terre. C’est vraiment un rassemblement historique. Certains disent que la croissance économique et la protection de l’environnement ne peuvent être compatibles.
John Major : « Le monde est notre jardin et ensemble nous devons le cultiver. Cette semaine à Rio, nous avons fait un début. Au-delà de Rio, nous devons continuer à le mener à bien. »
Maurice Strong : « Nous ne pouvons pas nous satisfaire de la situation. À moins que les accords conclus ici ne s’accompagnent d’engagements en faveur de changements importants, de changements, à mon avis, pour l’espèce humaine elle-même, excellences, nous nous dirigeons tout simplement vers un moment du XXIe siècle où l’état de notre espèce pourrait devenir terminal. »
SOURCE : Brazil – Rio Earth Summit (B)
Aussi utile qu’ait été le 4e Congrès mondial sur la nature sauvage pour faire avancer le programme de Maurice Strong et des oligarques du pétrole, il ne faisait que préparer le terrain pour le Sommet de la Terre de Rio.
Au Sommet de la Terre, Edmond de Rothschild obtint sa « Banque mondiale de conservation ». Baptisée « Fonds pour l’environnement mondial » et lancée lors du sommet lui-même, elle sert de mécanisme de financement à cinq conventions différentes de l’ONU et fournit des milliards de dollars de financement à des projets environnementaux et de développement dans le monde entier. Parmi ses 18 « partenaires d’exécution » figurent l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture financée par Rockefeller, l’Union internationale pour la conservation de la nature fondée par Huxley, le Programme des Nations unies pour l’environnement créé par Maurice Strong et le World Wildlife Fund fondé par le prince Bernhard, le prince Philip et Godfrey Rockefeller.
L’une des spécialités du Fonds pour l’environnement mondial est l’« échange dette-nature », dans lequel des pays du tiers-monde obtiennent un allègement de leur dette en échange de l’ouverture de leurs terres à des projets de développement environnemental. Les projets s’accompagnent de frais de transaction pouvant atteindre 5 %, versés aux prestataires qui gèrent et dirigent les investissements, et non aux populations locales qui, comme les aborigènes de l’île de Palawan, sont chassées de leurs terres et pratiquement rayées de la carte.
Le Sommet de la Terre donna aussi naissance à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, l’organe auquel le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) remet ses rapports. Généralement considérés comme des organismes neutres et non gouvernementaux, ne s’appuyant que sur la science et les preuves, la CCNUCC et le GIEC sont liés par les termes que Strong a fixés pour qu’ils ne livrent qu’une seule conclusion : que l’humanité est responsable du changement climatique.
Dr Tim Ball : Quand ils ont créé le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, Maurice Strong, dont nous devrions beaucoup parler, a rédigé le mandat, et le premier point du mandat était la définition du changement climatique, qu’il a délibérément limitée aux seules causes humaines du changement climatique. Bien sûr, cela éliminait de fait toutes les causes naturelles et la variabilité naturelle, et c’est pourquoi on les voit ne pas examiner des choses comme le soleil et toute une série d’autres questions. Puis il a restreint encore davantage dans un autre point du mandat : il l’a organisé en trois groupes de travail. Il y avait le groupe technique, le groupe de travail 1, qui rédigeait le rapport scientifique, soit 600 des 2 500 personnes. Les 1 900 autres étaient dans les groupes de travail 2 et 3. Or ils étaient sans importance, parce qu’ils devaient accepter les conclusions du groupe de travail 1, déjà limitées par leur mandat. Donc, quelle que soit sa conclusion, les groupes de travail 2 et 3 disaient ensuite : « D’accord, vous nous dites que ça va se réchauffer, nous l’acceptons comme un fait. Nous examinons maintenant les conséquences », et c’est de là que viennent toutes ces histoires de glace qui va fondre, de niveau des mers qui va monter, etc.
En réalité, la majeure partie du rapport, rédigée par 1 900 scientifiques, accepte donc sans discussion la conclusion du premier groupe. Strong l’a même restreint davantage, car ils sont ensuite venus dire : « Attention, ce rapport ne doit pas servir à la politique », mais ils ont ensuite créé le Résumé à l’intention des décideurs, la contradiction absolue. Le Résumé à l’intention des décideurs est rédigé par un groupe complètement distinct, indépendamment du rapport scientifique. Le rapport scientifique est terminé et mis de côté. Le Résumé est rédigé et remis aux médias, mais les règles, le mandat fixé par Strong, disaient que le Résumé retourne aux auteurs du rapport scientifique avec la consigne : assurez-vous que votre rapport scientifique concorde avec ce que nous avons mis dans le résumé.
SOURCE : The IPCC Exposed
Un autre produit du Sommet de la Terre de Rio fut la Charte de la Terre, un document quasi religieux que Mikhaïl Gorbatchev, qui contribua à en rédiger le texte avec Maurice Strong, présenta comme un substitut aux Dix Commandements, et qui voulait inaugurer une ère de culte de Gaïa et de responsabilité mondiale. Déclarant que « [d]es changements fondamentaux sont nécessaires dans nos valeurs, nos institutions et nos modes de vie », le document recommande ensuite de créer un monde de « responsabilité partagée » envers la « communauté de la Terre », avant de conclure :
« Afin de bâtir une communauté mondiale durable, les nations du monde doivent renouveler leur engagement envers les Nations unies, remplir leurs obligations au titre des accords internationaux existants et soutenir la mise en œuvre des principes de la Charte de la Terre au moyen d’un instrument international juridiquement contraignant sur l’environnement et le développement. »
Patrick Wood : Eh bien, la Charte de la Terre a été en fin de compte l’un des sous-produits du premier Sommet de la Terre. J’ai publié la Charte de la Terre en annexe de mon livre Technocracy Rising: The Trojan Horse of Global Transformation, simplement pour que les gens puissent voir de leurs propres yeux ce qu’elle dit. C’était un document qui ressemblait à un pacte avec le monde. C’était un document très religieux, humaniste, qui tentait d’unifier le monde dans un concept unique de mondialisation. C’était un document très précis qui a été signé, l’histoire remonte plus loin, mais il a finalement été signé par presque toutes les nations aux Nations unies, et l’auteur principal de la Charte de la Terre était Steven Rockefeller. Les Rockefeller ont donc compris très tôt que non, ce n’est pas seulement le système économique, et pas forcément seulement le système de contrôle politique, il faut aussi prendre en compte une croyance religieuse dont on peut se servir pour amener les gens à croire que ce que nous faisons est pour leur bien.
Ce à quoi les oligarques du pétrole travaillaient depuis des décennies, et ce qu’ils obtinrent à Rio en 1992, fut l’achèvement de la transformation de la philosophie eugéniste : du discours sur la « stérilisation » des « faibles d’esprit » à une vision populaire de l’humanité comme un cancer qu’il faut éliminer pour que la Terre vive. Désormais, le devoir était de « réduire son empreinte carbone » et de réduire la population au nom du « sauvetage de la planète ». Mais, enveloppé dans ce nouveau vocabulaire et accompagné d’une campagne publicitaire à la mode, omniprésente et bien financée, le résultat final ressemblait remarquablement à l’eugénisme d’antan.
Tucker Carlson : Une nouvelle étude de l’université de Lund, en Suède, affirme que le meilleur moyen de réduire son empreinte carbone, si on le souhaite, est tout simplement de refuser de se reproduire. Supprimer quelques humains de l’existence, disent-ils, économise bien plus de carbone que, je ne sais pas, être végétarien, aller au travail à vélo, ne pas prendre l’avion.
SOURCE : « Arrêtez de faire des enfants » – Tucker Carlson Tonight
Jennifer Ludden : Une nouvelle étude dit qu’en fait, si nous réduisons la fécondité mondiale d’un demi-enfant par femme, on pourrait peut-être y arriver. Cela irait très loin. Cela réduirait d’un cinquième à un quart l’ensemble des émissions de carbone à éviter pour ne pas atteindre ce point de basculement.
SOURCE : NPR demande : devrions-nous avoir moins d’enfants à cause du réchauffement climatique ?
Bill Nye : Faut-il donc des politiques qui pénalisent les gens qui ont des enfants en plus dans les pays développés ?
Invité : Je pense que nous devrions au moins l’envisager.
Nye : Eh bien, « au moins l’envisager », c’est comme le faire.
SOURCE : Bill Nye : faut-il pénaliser les parents qui ont des « enfants en plus » dans les pays développés ?
Reporter de Fox News : Dans la lutte contre le réchauffement climatique, les enfants sont, selon certains, les nouveaux coupables. Un groupe de réflexion britannique affirme que trop d’enfants aggravent l’état de la planète. Il estime que les familles nombreuses, en fait tout ce qui dépasse deux enfants, devraient être mal vues, comme une faute écologique.
SOURCE : Endgame (2007)
Et, sans même que le public s’en aperçoive, les oligarques du pétrole purent se draper dans ce nouveau drapeau pour apparaître non plus comme les héritiers milliardaires de l’industrie pétrolière qui avaient bâti leurs immenses fortunes en pillant la terre et en monopolisant ses richesses, mais comme des écologistes en croisade qui allaient sauver la planète de la « chair à canon » qui « malheureusement peuple la terre ».
David Rockefeller : L’impact négatif de la croissance démographique sur l’ensemble des écosystèmes de notre planète devient effroyablement évident.
SOURCE : David Rockefeller parle du contrôle de la population
Rex Tillerson : Nous avons donc été membres du GIEC, nous avons rédigé beaucoup de leurs articles, nous avons évalué tous leurs articles. Nous sommes donc engagés depuis des décennies dans la compréhension du changement climatique et dans l’évolution de cette compréhension.
SOURCE : Rex Tillerson explique sa position sur le changement climatique
Narrateur : Chez Saudi Aramco, nous nous efforçons de réduire continuellement l’impact environnemental de nos activités, du puits de pétrole jusqu’au consommateur, et nous soutenons l’Oil and Gas Climate Initiative, qui s’efforce d’être un catalyseur d’actions concrètes contre le changement climatique grâce à la collaboration sur les technologies et les bonnes pratiques.
SOURCE : Saudi Aramco – Production durable
Claudio Descalzi : Nous avons une raison commune. L’environnement nous tient à cœur. Nous pensons qu’ensemble nous pouvons faire mieux. Nous avons les compétences, nous avons la force, nous avons les outils pour faire de bonnes choses dans ce domaine.
Amin H. Nasser : La technologie qui sera développée grâce à ce fonds d’investissement d’un milliard de dollars nous aidera à long terme à réduire les émissions.
Josu Jon Imaz : Nous voulons construire un écosystème d’innovation sur cette question, en travaillant ensemble.
Patrick Pouyanné : En unissant nos forces, nous pouvons apporter des solutions pragmatiques et concrètes.
SOURCE : L’OGCI investit dans des technologies innovantes à faibles émissions
Et aujourd’hui encore, les masses, indignées par les ravages causés par les grandes pétrolières, se contentent de voir leur indignation dirigée par ces mêmes oligarques du pétrole auxquels elles veulent s’opposer, ces mêmes oligarques qui financent et soutiennent discrètement leur mouvement écologiste en coulisses, et qui le mènent même au premier rang.
La famille Rockefeller a fait les gros titres en se désengageant complètement du pétrole en 2016.
Narrateur : Les Rockefeller, héritiers d’une fortune pétrolière qui a fait du nom de la famille un symbole de la richesse américaine, pensent honorer leur ancêtre en sortant du pétrole. Le directeur du fonds, Stephen Heintz, a parlé avec révérence du magnat du pétrole John D. Rockefeller dans un communiqué : « Nous sommes tout à fait convaincus que s’il vivait aujourd’hui, en homme d’affaires avisé tourné vers l’avenir, il sortirait des énergies fossiles et investirait dans les énergies propres et renouvelables. »
SOURCE : Les héritiers Rockefeller sortent du pétrole | Fortune
David de Rothschild est l’une des figures de proue photogéniques du mouvement écologiste. Surnommé « Jésus en plastique » pour ses coups de publicité et ses séances photo où il se pose en écologiste inquiet, David de Rothschild, héritier de la famille de banquiers milliardaires qui a accru sa fortune grâce à ses champs pétroliers azerbaïdjanais et qui investit toujours dans le pétrole à travers des sociétés comme Genie Energy, passe désormais son temps à faire la leçon au public sur la façon dont son mode de vie tue les ours polaires.
David de Rothschild : Nous devons commencer à dépenser de l’argent rapidement pour les solutions dont nous disposons, afin d’essayer d’aider ces pays qui voient déjà aujourd’hui les effets du changement climatique et, au fond, les effets de notre consommation.
SOURCE : Pour Rothschild, sur le climat, le temps des discours est passé
Le prince Charles s’exprime ouvertement sur le réchauffement climatique, avertissant ses loyaux sujets que, s’ils ne se serrent pas la ceinture et ne vivent pas plus humblement, ils provoqueront la fin du monde.
Prince Charles : Mesdames et messieurs, la bataille contre le changement climatique est sûrement le défi le plus déterminant et le plus crucial de notre temps.
Nous ne pouvons pas ignorer les symptômes et devons agir maintenant pour rétablir la santé de la planète avant qu’il ne soit trop tard. Cela exigera bien sûr une transformation sans précédent de nos communautés, de la science, des sociétés et des modes de vie. Le tout fondé sur le passage à une économie bas carbone et circulaire.
SOURCE : Le prince Charles appelle à agir contre le changement climatique « avant qu’il ne soit trop tard »
Les bases ont été posées pour ce que ces oligarques du pétrole appellent l’ère post-carbone. Il ne s’agit plus de pétrole. Il ne s’en est jamais agi. Il s’agit de contrôle.
TROISIÈME PARTIE : AU PROGRAMME, LA TECHNOCRATIE
M. King Hubbert : Bon, ce cycle complet pour le monde, pour vous donner une échelle de temps : gardez à l’esprit que cela commence en 1857, et voici où nous en étions il y a environ trois ou quatre ans. C’étaient les réserves prouvées de l’époque, qui s’additionneraient à peu près jusqu’ici, et le pic estimé se produirait vers 1995, puis nous entrons dans le déclin. Ces 80 % du milieu, là encore, s’étalent de la fin des années 60 jusqu’un peu au-delà de 2020. J’ai calculé ici environ 56 ans. Cela suppose une évolution ordonnée. Cela veut dire qu’un enfant né, disons, au cours des dix dernières années verra probablement le monde consommer l’essentiel de son pétrole s’il vit une vie normale.
SOURCE : Marion King Hubbert sur l’épuisement mondial du pétrole (1976)
Aujourd’hui, Marion King Hubbert est surtout connu comme le chercheur de Shell Oil devenu célèbre dans les années 1950 pour avoir prédit que les États-Unis atteindraient leur pic de production de pétrole vers 1970 et que presque toutes les réserves de pétrole de la planète seraient épuisées vers 2020.
Cette théorie du « pic pétrolier », encore parfois appelée « pic de Hubbert », était, comme tout ce qu’ont produit les grandes pétrolières, un mensonge commodément fabriqué, destiné à habituer le marché à une pénurie artificielle et donc à maintenir des prix du pétrole élevés. La « prédiction » de Hubbert ne reposait sur aucune donnée empirique d’aucun gisement, mais sur les estimations erronées de Hubbert sur les réserves restantes, et utilisait un outil heuristique pour modéliser la production.
Comme le protégé et collègue de Hubbert chez Shell Oil, Kenneth Deffeyes, l’a reconnu des années plus tard : « Les méthodes numériques que Hubbert a utilisées pour faire sa prédiction ne sont pas d’une clarté limpide. Aujourd’hui, 44 ans plus tard, je soupçonne que Hubbert, comme tout le monde, est d’abord arrivé à sa conclusion, puis a cherché des données brutes et des méthodes pour l’étayer. »
Peu avant sa mort en 1989, Hubbert lui-même admit que lorsqu’il montra son article sur le pic pétrolier au directeur général de Shell avant de le présenter à ses collègues, celui-ci lui avait dit de ne pas « exagérer » dans ses estimations des réserves de pétrole, en citant expressément L.G. Weeks, un géophysicien rival qui avait estimé les réserves bien plus élevées, et donc la menace imminente de pénurie et la nécessité de prix élevés bien plus faibles.
Mais bien qu’on se souvienne aujourd’hui de Hubbert presque uniquement pour sa thèse du pic pétrolier, il était en réalité engagé dans un projet bien plus vaste, celui de toute sa vie : aider à codifier et à structurer un mouvement qui, tout comme l’eugénisme, était extrêmement populaire il y a près d’un siècle, est tombé en disgrâce dans la bonne société, et se poursuit pourtant aujourd’hui sous d’autres noms. Ce mouvement s’appelait la « technocratie ».
Arvid Peterson : Bonjour, je suis Arvid Peterson, et voici la première partie d’une présentation en deux parties sur la technocratie, un système social alternatif. Ces émissions ne sont pas destinées à vous divertir ou à vous amuser, ni à vous faire peur. Nous adoptons une nouvelle approche. Elle n’est ni politique, ni financière, ni philosophique, ni juridique, ni religieuse, ni morale. C’est une approche technologique. La technocratie est la réponse scientifique aux problèmes sociaux de l’Amérique, et la technocratie est une nouvelle conception du fonctionnement social fondée sur la science. C’est le véhicule grâce auquel nous pouvons entrer dans une nouvelle ère pour mieux vivre. »
SOURCE : Technocracy, présentation complète
La technocratie se présentait comme un mouvement social, une philosophie, une solution scientifique aux problèmes politiques et économiques et une nouvelle manière d’ordonner le monde. Mais au fond, c’est l’idée d’un nouvel ordre économique international, conçu et géré jusque dans les moindres détails par une poignée d’élus : les « technocrates ».
Patrick Wood : La technocratie a été définie de façon très concise en 1938 par leur propre publication, The Technocrat’s Magazine. Ils la décrivent comme un système d’ingénierie scientifique de la société. Ils se voyaient comme une fusion entre les sciences exactes et les sciences sociales, ce qui est en réalité un oxymore. Les sciences sociales ne sont pas vraiment une science à mon avis, mais ils le croyaient. Ils croyaient donc pouvoir prendre la méthode scientifique des sciences exactes et l’appliquer à la société. Ils croient aussi qu’eux seuls pouvaient diriger correctement la société. Parce que la technologie était arrivée et avait changé le tissu de la société, ils détestaient les politiciens, ils détestaient l’establishment, l’organisation de la société telle qu’elle est, parce qu’elle n’était pas efficace, pas fondée, si l’on veut, sur la conservation des ressources. Ils ont donc pris sur eux de définir le modèle économique qui remplacerait le capitalisme et la libre entreprise, et c’est exactement ce que c’était : un remplacement du système économique.
S’inspirant de l’appel d’Henri de Saint-Simon à un système socialiste organisé scientifiquement, du positivisme et de l’humanisme laïque d’Auguste Comte, et des « Principes de la direction scientifique » énoncés par Frederick Taylor, le mouvement technocratique est né du même terreau de progressisme, de positivisme et de darwinisme social que l’eugénisme. Tout comme les eugénistes croyaient que la race humaine pouvait être améliorée par une reproduction sélective contrôlée et administrée par un petit groupe de scientifiques et leurs bailleurs de fonds milliardaires, les technocrates croyaient pouvoir améliorer les conditions sociales et économiques de l’humanité en contrôlant et en administrant la société. Et, fort heureusement pour les oligarques du pétrole, les technocrates amélioreraient le monde en remplaçant l’argent par des certificats d’énergie.
Mené par l’excentrique économiste et sociologue « révolutionnaire » Thorstein Veblen, le mouvement technocratique qui se forma autour de la « New School for Social Research » et de la « Technical Alliance » de Veblen attira aussi bien des ingénieurs et des chercheurs sérieux comme King Hubbert et Buckminster Fuller que d’autres excentriques comme Howard Scott.
Scott, un « homme mystérieux » aux origines incertaines, s’établit à New York à la fin de la Première Guerre mondiale et fut bientôt considéré comme un « ingénieur bohème ». En 1920, il alla travailler pour les Wobblies comme directeur de recherche, et l’année suivante il fonda la Technical Alliance, un groupe d’ingénieurs et de scientifiques gravitant autour de l’université Columbia qui, en précurseur du mouvement technocratique, préconisait une société dirigée par des scientifiques et des ingénieurs.
En 1932, le charismatique et éloquent Scott parvint à s’attacher à Walter Rautenstrauch, professeur à Columbia et fondateur du département de génie industriel de l’université. Partageant un intérêt pour la technocratie, les deux hommes devinrent amis et alliés. C’est par Rautenstrauch que Scott put approcher le président de Columbia, Nicholas Murray Butler, pour obtenir l’autorisation d’utiliser les locaux de l’université. Butler, toujours à l’affût de l’avant-garde du progressisme, se laissa séduire par les idées technocratiques, et le Committee on Technocracy de Scott s’installa bientôt au sous-sol de Hamilton Hall.
Quand Butler laissa filtrer la nouvelle grande idée qui mijotait au sous-sol de son université, la technocratie fit sensation. La presse l’encensa, Scott devint un conférencier recherché, et il y eut même une danse portant le nom du mouvement.
C’est à Columbia que Scott rencontra King Hubbert, et les deux hommes, duo improbable d’un chercheur sérieux et d’un révolutionnaire excentrique, s’entendirent aussitôt. Leur passage commun à Columbia allait bientôt prendre fin brutalement, mais leur association durerait des décennies et contribuerait à faire naître des idées qui finiraient par transformer le monde.
Patrick Wood : La technocratie a vraiment été reconnue quand elle était à Columbia. Nous en parlerons dans une minute : ils n’y sont pas restés longtemps, parce qu’il s’est avéré que l’un des promoteurs de la technocratie, Howard Scott, était un imposteur. Il était en quelque sorte le principal porte-parole du mouvement et il avait gonflé son CV, comme tant de gens le font malheureusement aujourd’hui, il l’avait gonflé et avait en somme menti sur son passé et sur sa formation, et tout le monde supposait qu’il avait un diplôme dans une branche avancée de l’ingénierie ou quelque chose comme ça, et il connaissait tous les mots à la mode, mais un journaliste perspicace a enquêté sur lui et a dit : « Je ne trouve nulle part où cet homme a obtenu un diplôme », et quand Columbia a découvert que l’homme était un imposteur, eh bien, l’ego de Butler s’en est mêlé et il a dit : « Ces gens m’ont joué un tour », et il les a tous mis dehors. Comme ça, boum ! Il les a jetés dehors. Il a dit : « Sortez de mon bâtiment ! », et ils sont tous partis et se sont dispersés. Les technocrates restés à Columbia, et il y en avait plusieurs qui étaient professeurs à Columbia à l’époque, ont simplement fermé la bouche, se sont tus, sont retournés au travail en se disant : je veux garder mon poste. Je ne mentionnerai plus jamais la technocratie. Cela ne veut pas dire qu’ils ont cessé d’y croire, mais ils n’en ont pas parlé pendant très, très longtemps à Columbia.
Discrédité, chassé de Columbia, et avec un Committee on Technocracy dissous presque aussi vite qu’il s’était formé, Scott se trouva au plus bas. Sans le sou et rattrapé par une vieille dette, il n’avait qu’une seule personne sur qui compter : M. King Hubbert.
Hubbert hébergea Scott dans son appartement de Greenwich Village et paya de sa poche le dépôt des statuts de Technocracy, Inc., une nouvelle organisation de membres chargée de perpétuer les principes de la technocratie. La première étape, bien sûr, était de définir précisément quels étaient ces principes.
Hubbert se mit à rédiger le Technocracy Study Course, la bible du mouvement technocratique. Il y exposait la vision d’« une abondance de richesse physique à l’échelle continentale à l’usage de tous les citoyens du continent », qui, avertissait-il, « ne peut être obtenue que par un contrôle technologique continental, un gouvernement de la fonction, un Technat ».
Le système technocratique devait s’articuler autour d’un nouveau paradigme monétaire, fondé non pas sur les dollars et les cents mais sur des « certificats d’énergie » représentant la dépense énergétique nette de la nation. Ces certificats seraient libellés en joules et émis sur la base d’un budget énergétique net jugé approprié par les scientifiques dirigeant l’État technocratique. Les citoyens recevraient une part égale des certificats de la nation et feraient leurs achats avec, et les informations sur ces achats seraient retransmises à l’organe central de planification pour analyse. Par cette méthode, les technocrates pourraient, selon les mots d’un partisan, « créer une charge thermodynamiquement équilibrée de production et de consommation, supprimant ainsi le chômage, la dette et l’injustice sociale ».
Dans le Technocracy Study Course, Hubbert, en bon technocrate, exposait les conditions exactes à remplir pour que cette vision se réalise. Selon lui, la technocratie exigerait :
• que toute la consommation d’énergie et toutes les dépenses de consommation dans le pays soient calculées et enregistrées en continu et instantanément
• un inventaire permanent, jour et nuit, de toute la production et de toute la consommation
• un registre complet de tous les produits mis en vente, du lieu où ils ont été produits, de la quantité d’énergie dépensée pour leur production, et du lieu et du moment où ils ont été vendus.
• et enfin, un « enregistrement spécifique de la consommation de chaque individu, plus un dossier et une description de l’individu.
La vision de Hubbert n’était pas seulement celle d’une société totalitaire où chaque détail de chaque interaction serait enregistré et signalé à une autorité centrale ; pour les années 1930, l’idée de registres mis à jour en continu et instantanément sur chaque bien de l’économie n’était pas seulement audacieuse, elle frôlait la folie.
Néanmoins, éprouvé par la Grande Dépression, le peuple américain était prêt à écouter n’importe quelle idée pour remplacer le système en place qui l’avait si manifestement trahi, aussi farfelue soit-elle. Technocracy, Inc. attira effectivement des adeptes, jusqu’à des dizaines de milliers à la fin de la décennie. Mais les manières excentriques de Scott, qui obligeait les membres à le saluer en public et prononçait des discours radiophoniques décousus, conduisirent finalement au long et lent déclin de l’influence du mouvement.
Hubbert ne renia jamais le concept de technocratie, mais lorsqu’il entra chez Shell comme chercheur, il démissionna du conseil de Technocracy, Inc. et évita de mentionner directement l’organisation.
Les technocrates avaient esquissé les contours d’une société entièrement ordonnée et contrôlée, où l’énergie est la mesure fondamentale de la valeur et où toute consommation et toute production sont minutieusement analysées par une autorité centrale. Technocracy, Inc. existe encore aujourd’hui, mais le langage et la pensée des technocrates ont, comme l’eugénisme, connu une métamorphose. Et, comme pour l’eugénisme, le nom est peut-être tombé dans l’oubli, mais l’idée survit entre les mains des oligarques du pétrole.
Bill Turnbull : Adopteriez-vous un mode de vie plus écologique si vous pouviez en tirer de l’argent ?
Kate Silverton : Ce pourrait être possible si une proposition du gouvernement de quotas personnels d’émissions de carbone est mise en œuvre. Selon ce projet, chacun au Royaume-Uni recevrait un quota annuel de carbone.
Turnbull : Stockés électroniquement, comme une carte de fidélité de supermarché, des points seraient déduits chaque fois que nous achetons ou utilisons une énergie non renouvelable. Par exemple : utiliser de l’électricité pour faire fonctionner les appareils de la maison.
Silverton : Ou voyager quelque part en avion.
Turnbull : Ou même acheter de l’essence pour sa voiture à la [inaudible].
Silverton : Les points restants pourraient alors être revendus à une banque centrale, vous nous suivez toujours, et les gens qui en ont besoin de plus, comme les automobilistes qui épuiseraient leur quota, pourraient alors payer un complément.
SOURCE : BBC Breakfast : proposition d’une carte de rationnement du carbone, 20/07/2006
Rationnement du carbone. Échange de droits d’émission de carbone. Taxes carbone. Plafonnement et échange. Tout comme les technocrates d’antan envisageaient un nouvel ordre économique fondé sur l’énergie et régi par les décrets des scientifiques et des ingénieurs, cette forme moderne de technocratie envisage un ordre économique dans lequel l’énergie est budgétée, tarifée et échangée par des groupes intergouvernementaux de scientifiques et par la caste politique qui se développe autour de ces institutions.
Le sénateur Jay Rockefeller : L’Agence de protection de l’environnement n’est pas une agence frivole. Elle a été créée pour réglementer les émissions de dioxyde de carbone, et je dis à la West Virginia Coal Association, qui, pour l’essentiel, ne croit pas à la science du climat, qui ne croit pas qu’il y ait un problème climatique, je leur dis depuis plusieurs années que c’est une erreur. À mon avis, la science est vraie, la science est sans équivoque vraie, et il y aura un prix du carbone dans leur avenir. Je l’ai dit il y a quelques mois : il y aura un prix du carbone dans leur avenir.
SOURCE : Le sénateur Rockefeller défend l’EPA et la science du climat
Al Gore : Mais je crois que l’approche du plafonnement et de l’échange est la première étape essentielle, en partie parce que c’est la seule base sur laquelle nous pouvons envisager un accord véritablement mondial, car il est très difficile d’imaginer une taxe mondiale harmonisée.
SOURCE : Cap and Trade is a tax Dingell, Gore
Christiana Figueres : Une taxe carbone, ou toute autre manière de fixer un prix du carbone, est en fait, d’un point de vue économique, le moyen le plus efficace et le plus efficient d’y parvenir, d’accord ? On peut réglementer et faire toutes sortes de choses, mais rien n’est un signal de marché aussi fort pour le secteur privé qu’un prix du carbone, que ce soit une taxe carbone ou un système de plafonnement et d’échange, comme le fait la Californie, ou n’importe quelle autre mesure qui aboutit au final à un prix du carbone. C’est le signal le plus simple, le plus propre et le plus puissant. Donc, si c’est possible, je suis avec vous.
SOURCE : Christiana Figueres : relever notre défi climatique, le point de vue des Nations unies
Ces mesures sont vendues au public comme un moyen de pénaliser les grands intérêts pétroliers qui ont passé le siècle dernier à monopoliser les ressources clés du monde et à piller la terre pour le profit. Ce que le public ne comprend pas, parce que cela a été délibérément obscurci, c’est que ce sont précisément ces intérêts qui ont joué un rôle déterminant dans la création même de ces dispositifs.
Le représentant Steve Scalise : « D’après ce que je sais, en 1997, quand vous étiez vice-président, le PDG d’Enron, Ken Lay, a participé avec vous à des discussions à la Maison-Blanche pour aider à élaborer ce type de politique, ce système d’échange. Est-ce exact ? Est-ce inexact ? Cela a été rapporté.
Al Gore : Je ne sais pas, mais j’ai rencontré Ken Lay, comme beaucoup de gens, avant que quiconque sache que c’était un escroc.
Scalise : D’accord. Et vous comprenez sans doute pourquoi tant d’entre nous s’inquiètent de ce type de taxe énergétique par plafonnement et échange, qui bouleverserait littéralement l’économie énergétique de ce pays.
Gore : Je ne le connaissais pas assez bien pour l’appeler « Kenny-boy ».
Scalise : Mais vous le connaissiez assez bien pour concevoir ce système d’échange.
SOURCE : Les mensonges d’Al Gore dévoilés par le Congrès
Au début des années 1990, Enron, la société texane de négoce d’énergie tombée en disgrâce qui s’est révélée être une fraude totale, fut le fer de lance du programme de plafonnement et d’échange de l’EPA pour le dioxyde de soufre, d’une valeur de 20 milliards de dollars, et devint aussitôt le plus gros négociant de ce marché. Dans la foulée, la société, dirigée par Ken Lay, commença à faire pression sur l’administration Clinton, et en particulier sur le vice-président Al Gore, pour créer un marché similaire pour le dioxyde de carbone. Faisant des dons somptueux à des groupes écologistes comme The Nature Conservancy, dont le Climate Change Project militait pour des restrictions des émissions de carbone, Enron engagea ensuite Christopher Horner, ancien collaborateur de la commission de l’environnement du sénateur Joe Lieberman, pour faire pression en faveur d’un traité international qui limiterait les émissions et permettrait l’échange de droits d’émission.
Ils furent rejoints dans cette quête par Goldman Sachs, la tristement célèbre banque d’investissement de Wall Street connue aujourd’hui pour les allers-retours entre la firme et le Trésor américain, qui contribua à créer le Chicago Climate Exchange, première plateforme nord-américaine d’échange de droits d’émission. En 2004, Al Gore, qui a passé les deux dernières décennies à militer pour la création d’un marché du carbone, fonda Generation Investment Management, une société de gestion d’investissements qui vend des compensations carbone, avec David Blood, PDG de Goldman Sachs Asset Management, qui quitta son poste chez Goldman pour s’associer à Gore. À la fin de la décennie, Gore était déjà présenté comme candidat au titre de premier milliardaire du carbone au monde.
Gore lui-même est un oligarque du pétrole. Son père, Al Gore Sr., était un ami proche d’Armand Hammer, le magnat du pétrole à la tête d’Occidental Petroleum. Après avoir perdu une élection sénatoriale en 1970, le père de Gore alla travailler pour Hammer chez Occidental pour 500 000 dollars par an. Au cours de sa carrière, Gore Sr. accumula des actions Occidental d’une valeur de plusieurs centaines de milliers de dollars, qui revinrent à sa mort à l’exécuteur testamentaire de sa succession : nul autre que son fils, Al Gore. Le lien avec Occidental ne s’arrête pas là. Après la découverte de minerai de zinc sur la propriété des Gore au Tennessee, Hammer acheta leur terrain et le leur revendit avec un droit sur l’exploitation minière, assorti d’un versement annuel de 20 000 dollars, qui revint lui aussi à Gore après la mort de son père. En 2013, Gore gagna 100 millions de dollars du gouvernement du Qatar lors de la vente de sa chaîne « Current TV », puis s’étonna que les journalistes s’intéressent davantage à son argent du pétrole qu’à son nouveau livre sur la cause du réchauffement climatique.
Mais l’histoire de Gore n’est qu’un exemple d’un phénomène plus large. En 2006 fut créé le United States Climate Action Partnership afin de lancer « un appel à l’action » pour réduire les émissions de carbone. Il rédigea le Plan d’action législative, qui devint la base de l’American Clean Energy and Security Act, visant à créer un régime d’échange de droits d’émission sur le modèle du système d’échange de quotas d’émission de l’Union européenne. Et les membres du US Climate Action Partnership ? Le gotha de l’oligarchie du pétrole, dont BP, ConocoPhillips et General Motors.
Les taxes carbone et l’échange de droits d’émission se sont révélés difficiles à vendre à un public de plus en plus méfiant, mais avec l’accord de Paris de 2015, le monde a franchi le plus grand pas à ce jour vers cet avenir technocratique de contrôle de l’énergie et de rationnement du carbone. Rien d’étonnant, donc, à ce que le sommet lui-même ait été sponsorisé et ostensiblement soutenu par les grandes pétrolières.
Erik Schatzker : Quelle est votre position et quel message enverriez-vous au président ?
Bob Dudley : Eh bien, nous avons clairement soutenu l’accord de Paris sur le climat. Nous faisons partie de l’Oil and Gas Climate Initiative, qui réunit dix des grandes entreprises du monde travaillant sur les projets et les technologies nécessaires. Je pense que nous voulons tous savoir comment la formule fonctionnera, mais je pense que l’esprit de Paris doit rester présent dans tous les esprits : nous devons faire passer le monde à des formes d’énergie plus pauvres en carbone, et je n’ai aucun doute que cela arrivera.
SOURCE : Le PDG de BP, Dudley, sur le marché pétrolier et l’accord de Paris sur le climat
Gérard Mestrallet : Oui, je pense que ce qui s’est passé à Paris est très, très important et, comme l’a dit hier M. Ban Ki-moon, c’est important non seulement pour la planète, non seulement pour nous, citoyens, non seulement pour nos enfants, c’est important pour les entreprises.
SOURCE : ECO:nomics : le rôle des entreprises dans l’accord de Paris
Mais utiliser l’énergie comme nouvelle « mesure de la valeur » de l’économie post-carbone n’est qu’un élément de la vision néotechnocratique.
Lorsque Hubbert rédigea son Technocracy Study Course, il indiqua clairement que la technocratie ne pourrait voir le jour sans une surveillance permanente de toute la consommation d’énergie et un flux continu de données sur tous les biens produits et consommés par la société. Mais alors que dans les années 1930 un tel système devait sembler une lubie délirante, il est aujourd’hui déjà mis en place.
Narrateur : Vous avez peut-être déjà entendu l’expression « Internet des objets ». Cela semble intéressant, mais que signifie réellement l’Internet des objets ? L’IdO est une évolution des applications mobiles, domestiques et embarquées qui sont connectées à Internet, intègrent davantage de puissance de calcul et utilisent l’analyse de données pour en extraire des informations utiles. Des milliards d’appareils seront connectés à Internet et, bientôt, des centaines de milliards. À mesure que des appareils apparentés se connectent entre eux, ils peuvent devenir un système intelligent de systèmes, et lorsque ces appareils intelligents et ces systèmes de systèmes partagent des données dans le nuage et les analysent, ils peuvent transformer nos entreprises, nos vies et notre monde de multiples façons.
SOURCE : L’Internet des objets expliqué simplement
Reporter : Ce grand magasin de Bundang a introduit une nouvelle façon de faire ses courses. Avec son système « Smart Shopper », les clients prennent un petit scanner et marquent l’article qu’ils veulent acheter. Plus besoin de porter des articles lourds dans un panier, sans parler de les ramener chez soi. Après avoir payé à une borne automatique, les marchandises sont livrées directement à domicile.
Cliente (traduit) : Avant, je devais faire de longues queues à la caisse, mais maintenant je peux payer avec le système Smart Shopper. C’est vraiment très pratique.
Reporter : Outre sa commodité pour les clients, le système aide aussi les magasins à recueillir des données sur les habitudes d’achat de leurs clients.
SOURCE : De nouvelles technologies intelligentes changent notre quotidien
Alice Bravo : Pourquoi créer une ville intelligente ? Eh bien, les villes intelligentes sont plus à l’écoute des citoyens et aident à réduire l’impact environnemental.
Michael Liu : Elles sont plus rentables et plus sûres.
Carlos Gimenez : Les villes intelligentes rendent les gens plus heureux et plus liés à leur communauté.
SOURCE : AT&T Smart Cities
Narrateur : Aujourd’hui, plus de gens vivent en ville que jamais auparavant, et pour de bonnes raisons. Les villes sont des centres de commerce, d’innovation, de culture et d’opportunités. À ce titre, ce sont des entités complexes composées de nombreux systèmes interconnectés. À mesure que de plus en plus de gens affluent vers les villes et mettent ces systèmes sous pression, un changement important aide les villes à relever ce défi : l’essor des données. Les villes sont de plus en plus instrumentées. Des capteurs permettant de recueillir toutes sortes de données sont intégrés dans les systèmes urbains et fournissent des informations essentielles sur l’activité et le fonctionnement de la ville. Des capteurs sur un pont transmettent des données sur son état physique. Une caméra sur une autoroute relaie le flux de circulation et des compteurs numériques enregistrent la consommation d’eau et d’énergie en temps réel. Les canaux mobiles et sociaux permettent aux collectivités locales et aux citoyens de communiquer entre eux, créant une source supplémentaire de données utiles. L’analytique avancée peut désormais repérer facilement des tendances et des schémas dans ces énormes volumes de données. Les informations peuvent être intégrées, recueillies et partagées via des tableaux de bord, des visualisations et des alertes pour faciliter la compréhension et la collaboration entre systèmes, administrations et groupes.
SOURCE : Comment ça marche : des villes plus intelligentes
Narrateur : La maison intelligente communique avec le réseau et permet aux consommateurs de gérer leur consommation d’électricité. En mesurant plus fréquemment la consommation d’électricité des foyers grâce à un compteur intelligent, les fournisseurs peuvent donner à leurs clients de bien meilleures informations pour gérer leurs factures d’électricité. Dans la maison intelligente, un réseau domestique, ou HAN, relie les appareils intelligents, les thermostats et d’autres appareils électriques à un système de gestion de l’énergie.
SOURCE : Qu’est-ce que le réseau intelligent ?
Josh Del Sol : Avec les compteurs intelligents, ils pourront savoir exactement ce qui se passe chez vous, à la microseconde près, grâce à une communication permanente avec tous vos appareils. Ce qui veut dire aussi qu’à l’avenir, si cela passe complètement et s’il n’y a pas de réaction du public, tous vos appareils devront être équipés d’un émetteur sans fil et certifiés dans le cadre d’un quelconque « programme intelligent ».
Cela signifie donc non seulement, en laissant de côté un instant la question sanitaire, que votre compteur intelligent émet en moyenne 13 000 impulsions micro-ondes par jour, mais que chacun de vos appareils va faire de même, parce qu’il devra communiquer avec le compteur intelligent lui-même. C’est donc une préoccupation sérieuse, et nous y reviendrons un peu plus tard. Mais pour ce qui est de la vie privée, pour entrer tout de suite dans le vif du sujet : le directeur de la CIA de l’époque, David Petraeus, a été cité disant : « Nous allons utiliser les appareils intelligents pour vous espionner », et il le dit très ouvertement. C’est comme si on arrivait à un point, James, et je suis sûr que vous le voyez aussi, où ils s’affichent de plus en plus ouvertement. C’est comme une force collective des contrôleurs qui disent : « Voilà ce que nous allons faire, et qu’est-ce que vous allez y faire ? » Ils nous défient presque, à la manière d’une brute de cour d’école : « Qu’est-ce que vous allez y faire ? »
SOURCE : Corbett Report Radio 230 – Take Back Your Power with Josh Del Sol
Une fois de plus, on nous demande de croire que les intérêts d’entreprise qui déploient ces technologies de manière coordonnée le font pour le bien du public. Que cette technologie doit aider à sauver la terre. Et une fois de plus, nous sommes dupés.
Le programme technocratique ne vise pas à sauver la terre. Il ne vise pas à aider le public. Il ne vise même pas à gagner de l’argent. Il vise le contrôle complet de chaque aspect de notre vie quotidienne.
Patrick Wood : Il y a deux niveaux… Selon moi, dans la technocratie, deux niveaux fonctionnent en même temps. Il y a le côté opérationnel, qui concerne des choses comme le réseau intelligent. Des choses comme diverses innovations technocratiques, la surveillance et d’autres grands sujets brûlants de la technocratie. Ce sont des questions opérationnelles. D’un point de vue stratégique, qui est le niveau où opèrent les gens du genre Rockefeller, on a une autre vision de la direction prise. Au niveau opérationnel, cela mène à une dictature scientifique, et il n’est vraiment plus nécessaire d’être visionnaire pour le comprendre. Vraiment pas. C’est là.
Mais sur le plan stratégique, ce qui se passe, c’est une gigantesque mainmise sur les ressources sur toute la planète. Et quand je dis mainmise sur les ressources, il faut se mettre à la place des Rockefeller, des banquiers, des Rothschild ou de qui vous voulez, et se demander : « Que fait-on quand l’argent s’épuise ? Que fait-on ? Quand on a aspiré toute la valeur possible des systèmes monétaires qu’on a créés, que reste-t-il ? »
Vous et moi, nous ne pensons pas à ce genre de choses parce que nous n’avons pas tant d’argent, mais ces gens au sommet, surtout les banquiers, je suis sûr qu’ils restent éveillés la nuit en pensant : « Qu’y a-t-il après l’argent ? Qu’est-ce qui vient après l’argent ? » La famille Rockefeller, en particulier, a toujours été une famille tournée vers les ressources. C’est de cela qu’il s’agissait avec le pétrole au départ. C’était une ressource, et ils avaient compris que l’énergie serait le facteur le plus important au monde, devant tout autre type de ressource. Ils l’avaient compris, c’est pourquoi ils voulaient créer un monopole sur l’énergie.
Eh bien, aujourd’hui que l’argent a été pressé jusqu’à la dernière goutte, la seule chose qui reste à faire est de s’emparer des ressources elles-mêmes, et c’est tout le sens du développement durable. Il s’agit de nous enlever les ressources du monde, à vous et à moi, de les enlever aux entreprises privées qui ne font pas partie de la clique, si l’on veut, et de les placer dans un fonds commun mondial qu’ils géreront à leur profit. Ce n’est vraiment rien d’autre qu’un nouveau féodalisme, où les ressources appartiennent à quelques-uns et où tous les autres ne peuvent en faire usage qu’à leur gré et à leur discrétion.
Les technocrates et les exécutants de ce programme, comme Hubbert et ses collègues de Technocracy, Inc., ont été les pionniers de cette idée parce qu’ils croyaient qu’eux, les technocrates et les ingénieurs, seraient capables de résoudre les problèmes du monde. Mais les oligarques du pétrole et les banquiers qui ont fait naître leurs idées avec leur argent l’ont fait parce que cela les aiderait à devenir les maîtres d’un système si parfaitement conçu qu’aucune ressource, aucune marchandise, aucune personne n’échapperait à leur contrôle.
Et maintenant, au XXIe siècle, cette vision technocratique se précise. Et elle est aidée par un public qui croit que l’avenir post-carbone signifie la fin de l’oligarchie du pétrole. Il ne pourrait pas se tromper davantage.
CONCLUSION
Le pétrole. Il ne s’est jamais agi de pétrole. Il s’agissait de contrôle. Contrôle de l’énergie, de la production et de la consommation. Contrôle des ressources du monde. Contrôle de la population. Contrôle de l’humanité elle-même.
Joe Plummer : Tout ce que l’élite met en avant n’est rien d’autre qu’un prétexte pour ce qu’elle poursuit depuis le début. Comme je l’explique dans Tragedy and Hope 101, j’aborde cette idée que l’élite cherche à régner sur toutes les parties habitables du monde, et elle ne veut pas s’assurer cela pour se le faire ensuite reprendre. Ils inventent donc des prétextes qu’ils peuvent vendre à la fois au public et à la classe administrative, et qui justifient ce qu’ils essaient de faire, ce qu’ils doivent faire. Qu’il s’agisse de l’hystérie du réchauffement climatique ou de la technocratie, de l’Agenda 2030 ou de l’eugénisme, un fil conducteur traverse tout cela, et ce fil conducteur est le désir de consolider et d’exercer un pouvoir de coercition. Dans le cas de l’eugénisme, c’est le désir de consolider et d’exercer le pouvoir ultime, le pouvoir de décider qui, en fin de compte, va vivre ou mourir, qui sera autorisé à exister dans le patrimoine génétique désormais.
Le tableau est sombre, et rendu d’autant plus sombre par le fait que tant de gens ont été amenés à croire que le programme ultime des oligarques du pétrole, un programme de contrôle technocratique, de microgestion de notre vie quotidienne et, en fin de compte, d’élimination de la « chair à canon » du patrimoine génétique, sert en réalité leur propre intérêt.
Les oligarques du pétrole, abrités derrière leur écran de fumée de « développement durable » et d’économie « post-carbone », sont plus près que jamais d’atteindre leur véritable objectif de contrôle total.
Mais si le peuple périt faute de connaître ce programme, alors la compréhension est le premier pas vers la solution.
Patrick Wood : Il est difficile de combattre un ennemi qu’on ne reconnaît pas ou qu’on ne voit pas. C’est à mon avis le plus grand problème du monde aujourd’hui : les gens n’ont aucune visibilité sur cette question. Ils ont si bien brouillé les pistes que personne ne peut les voir. Comment combattre un ennemi qu’on ne connaît pas ? Je crois que le célèbre général chinois Sun Tzu l’a dit il y a des centaines d’années. On ne peut pas combattre un ennemi qu’on ne connaît pas. Nous devons d’abord reconnaître qui est l’ennemi.
Richard A. Grove : Eh bien, les grandes pétrolières ont conquis le monde parce que la monopolisation de toutes les ressources de la planète est le but, et pour atteindre ce but, il faut monopoliser l’énergie des gens sur toute la planète. Mais il faut aussi contrôler la nourriture, l’énergie même des êtres humains dont on veut contrôler l’énergie. Si l’on contrôle ces deux aspects, la Révolution verte et la Révolution génétique, alors on peut contrôler la planète entière, chaque ressource qui s’y trouve, et en somme éteindre la liberté pour le reste de l’histoire.
Comment les grandes pétrolières ont conquis le monde a donc déjà été traité dans un film. Pourquoi les grandes pétrolières ont conquis le monde tient à la complexité du contrôle des populations, pas pour l’argent, car ce sont les gens qui impriment l’argent à partir de rien et nous le font payer. C’est donc en réalité une étude du pouvoir. Alors, pourquoi voulaient-ils nous faire cela, à nous autres ? Parce qu’ils le pouvaient et parce que nous l’avons toléré jusqu’ici et n’avons pas assez résisté pour y mettre fin. Voilà où nous en sommes aujourd’hui. Nous informer sur l’histoire afin de pouvoir vraiment tracer notre route pour l’avenir, établir un itinéraire et arriver vraiment quelque part qui ressemble à la liberté de pensée, à la liberté physique et à la justice pour tous.
Les grandes pétrolières. Les grands laboratoires pharmaceutiques. La Révolution verte. Le génie génétique. L’eugénisme. Le mouvement écologiste. La technocratie. Pas une personne sur mille ne peut détailler le développement historique de ces idées, ni les personnes et le programme qui les relient. Mais si vous avez regardé ce documentaire, vous êtes maintenant cette personne sur mille. La question est : « Qu’allez-vous faire de cette information ? »
Alors que la quête de contrôle total des oligarques du pétrole se dévoile, il est difficile de se rappeler que tout a commencé il y a un siècle et demi avec « Bill le Diable » Rockefeller, un petit vendeur d’huile de serpent toujours en fuite devant le dernier groupe de dupes qu’il avait réussi à escroquer. D’une certaine manière, rien n’a changé, sinon l’ampleur de l’escroquerie et le nombre de dupes tombés dans le panneau. Mais maintenant que vous connaissez l’huile de serpent que l’on fait avaler au public, la seule question qui compte est : allez-vous la boire ?
INTRODUCTION
At the dawn of the 20th century, a new international order was emerging. One founded on oil. And by the end of the 20th century, that order was firmly established. Heating. Transportation. Industrial power. Plastic manufacturing. Pharmaceuticals. There is no facet of modern life that is not, one way or another, dependent on oil.
But the rulers of this oiligarchy — the Rockefellers at Standard Oil, the British royals at BP, the Dutch royals and the Rothschilds at Royal Dutch Shell — were not content with mere financial domination. The power that came with their near-total monopoly on the world’s most important commodity was enormous, and they had no qualms about using that power to re-make the world in their image.
As we saw in How Big Oil Conquered the World, the impact of the oiligarchs has been breathtaking. From the education system to the medical profession, from the “Green Revolution” to the “Gene Revolution,” from World War to the Gulf War, oil money has been used to shape every aspect of the world we live in. With the rise of the petrodollar in the 1970s, even the international monetary system itself rests on oil.
But now, in the 21st century, it seems that the old order, the oil order, is finally coming to an end.
Amy Goodman: We begin looking at a new milestone in the growing campaign for divestment from the gas, oil and coal companies that are fueling climate change. May Boeve, Executive Director of 350.org, made the announcement just before our broadcast today.
May Boeve: Today we’re announcing that as of today total divestment commitments have passed the $3.4 trillion mark. That’s $3.4 trillion of assets under management now fossil free.
SOURCE: Is Oil & Gas the New Tobacco? Fossil Fuel Divestment Movement Reaches New Milestone – Democracy Now!
Robert Dudley: In the oil and gas sector, we recognize the contribution of our activities and products to greenhouse gas emissions. Which is why the OGCI [Oil and Gas Climate Initiative] was setup.
SOURCE: OCGI invests in innovative low emissions technologies
Narrator #1: What began as a movement on US college campuses has reached the skyscrapers of high-finance.
Narrator #2: Globally nearly 200 institutions and thousands of individuals have moved a total of $50 billion in assets away from fossil fuels.
Divestment Activist: If we take our money, put it into renewable like solar panels, the world could be such a better place.
SOURCE: Global Divestment Day 2015
The masses, having identified the oiligarchs and their destructive grip on the planet, see Big Oil waning and have begun to celebrate. To them, the promise of a post-carbon future represents the end of the oiligarchy.
What many do not realize, however, is that the oil order was never about oil. The oiligarchs did not care about oil but control. And, having long outgrown their financial dependence on the commodity that brought them their power and riches, they are at the forefront of this push for the post-carbon era.
Now, the oiligarchs are seeking to bring in a new international order. One in which their control is consolidated, their plan complete, their power unquestionable. One in which every aspect of human life, from energy to money to the very genome itself, is precisely ordered and technologically controlled.
This is the story of what the oiligarchs really desire, and how they plan to achieve it.
PART ONE: THE RISE OF EUGENICS
DHAKA, 1963
It’s a day much like any other in Dhaka. The streets are crowded, dirty, squalid, smelly, and absolutely swarming with people. Lying in the streets. Coiled in the gutters. Into that swarm of people steps a most unlikely figure. Wearing his drip-dry suit and hugging his briefcase, he sticks out from the crowd. Surveying the scene, he shakes his head ever so slightly before remarking, half to himself and half to his traveling companion, “Well, that’s the problem, isn’t it?”
It’s a scene that has played itself out many times: a Western tourist overwhelmed by the bustling crowds of the Indian subcontinent. But this was no mere tourist passing time on his holiday. This was John D. Rockefeller III, grandson of oil baron John D. Rockefeller. And, armed with the unimaginable wealth, power and influence that his family name bestowed on him, he was on a mission to do something about the “problem” of overpopulation.
Rockefeller approached that mission as a representative of the Population Council, a group that he himself had founded to address the “problem” in Dhaka and elsewhere. On its surface, the Population Council was a straightforward organization with a straightforward task: to support medical and scientific research into the question of the growing human population. But the dark history of the Council and its guiding philosophy reveal Rockefeller’s true interest in this “problem” and its ultimate “solution.”
John D. Rockefeller III — or JDR3, as he was known to the constellation of researchers, businessmen, politicians, diplomats and royals in the orbit of the Rockefeller family — had decided early on how to make proper use of the formidable money and power at his disposal: by controlling the population of the planet. In 1934, the then-28-year-old JDR3 had written a letter to his father, John D. Rockefeller, Jr., about the Rockefeller Foundation’s research into “birth control and related questions,” declaring, “I have come pretty definitely to the conclusion that it is the field in which I will be interested, for the present at least, to concentrate my own giving.”
JDR3 was nothing if not a man of his word. After commissioning a Rockefeller Foundation fact-finding mission to Asia to report on the threat of the growing Third World population, he organized a conference of the top medical and demographic researchers of the era to discuss — as the very title of the meeting termed it — “population problems.” From that meeting emerged the idea for an organization, the Population Council, to guide the development of the burgeoning field of population and fertility research. JDR3 personally donated $1.35 million of his own money to found the Council and provide its initial operating expenses.
Like his father and grandfather before him, Rockefeller had learned to use philanthropy and largesse as a mask for his true intention: control. But that mask slipped when he penned a draft of the Council’s charter revealing the organization’s true purpose. The Council, according to JDR3, would “promote research and apply existing knowledge to help develop such changes in the attitudes, habits and environmental pressures affecting the life of human beings so that within every social and economic grouping parents who are above the average in intelligence, quality of personality and affection will tend to have larger than average families.”
Thomas Parran, the former Surgeon General of the United States and Council co-founder, warned against including such a blunt admission in the Council’s mission statement. “Such questions arise as the following,” he warned. “Who is to determine the ‘parents who are above average in…affection?’ […] Also, who would decide the persons having better than average personality? Frankly, the implications of this, while I know they were intended to have a eugenic implication, could readily be misunderstood as a Nazi master race philosophy. I have, therefore, recast this paragraph.”
The line was dropped from the final version of the charter.
In truth, however, that sentence had not been written by JDR3 himself. Instead, it had been copied word for word from the back cover of Eugenical News, the central publication of the American eugenics movement. This was no mere accident. Frederick Osborne, one of the co-founders of the Council and its first president after Rockefeller stepped down in 1957, was also the president of the American Eugenics Society. When the Population Council was founded, both Osborne and the American Eugenics Society he directed formally moved its operations into the Council’s New York office, with the eugenics society now taking its funding directly from Rockefeller’s Population Council grant. The Population Council was the Eugenics Society under another name.
Eugenics. This was the guiding vision of JDR3 and the Rockefeller family’s “philanthropy.” A vision that cast the Rockefellers and their fellow oiligarchs as superior families, fit, by very virtue of their wealth and success, to guide the course of world events. The power to determine who was fit to breed and who was too poor to pass on their genes.
Joe Plummer: Eugenics is basically a movement among the elite to eradicate what they deem the inferior classes, and that’s the inferior social classes, racial classes, ethnic classes. More or less everyone who isn’t up to their standards. And after eradicating those classes, what they aim to do is genetically engineer themselves to such a high level that the remaining population that they permit to exist beneath them will never have the power to overthrow them, essentially. The end of history.
So, the term itself was coined by Galton and it essentially means “well-born.” The idea is kind of a mix of a bunch of ideas that were circulating around the 1850s. So if you go back to, say, Mendel, Mendel was studying hereditary characteristics in pea plants. And he was able to determine that certain characteristics were being passed on and that these things could be determined and essentially predicted.
And almost at the same time, now you have Spencer, who was talking about the “survival of the fittest,” with the same kind of idea, the same thread running through there. That there are genetic characteristics that exist that would make one species, one plant or animal more fit than another, and more capable of surviving.
Also, of course, you had Darwin. Darwin’s work at the time, Origin of Species, kind of maps this process by which genetic material is passed along and, you know, evolution results through this process.
So Galton is essentially taking all of these ideas, and he was kind of known for observing and identifying patterns. And what he essentially did was [he] started to come up with this idea that through studying human characteristics they could, if they chose to, breed superior human beings.
Obsessed with breeding and family heredity, the eugenicists believed that it was not merely physical characteristics like weight or height that were determined by one’s family line, but social characteristics, like intelligence or conscientiousness or even criminality. If you are poor, it’s because you come from poor stock. If you’re criminal, it’s because your family line is criminal. And if you’re a Rockefeller or a Rothschild or a royal, you are rich and successful because your family was destined for fortune and success.
The pseudoscientific trappings of the 19th century eugenic philosophy may have been new, but in fact the idea is as old as human civilization itself. People have always been taught to believe that their rulers are special, a class apart, members of a family specially chosen to rule over the masses. Whether literal descendants of the gods, like the Pharoahs of Egypt or the Emperors of Japan, or members of families specially chosen by god to reign over their kingdoms, like the monarchs of Europe, the right to rule over others was something passed down through family trees. The commoners, meanwhile, knew their place; not being born of royal blood, they entered the world as serfs, worked the land for the benefit of the noble class, and, if they were lucky, had children of their own to repeat the cycle for another generation.
But the breakdown of medieval feudalism gave rise to a newly-wealthy merchant class. The development of the scientific method challenged centuries of religious dogma. The spread of Enlightenment philosophy to the toppling of monarchs and the rise of democracy. And the industrial revolution paved the way for the rise of the robber barons and the creation of vast new family fortunes.
By the late 19th century, as the oiligarchs in America and Europe began to consolidate their wealth, a new justification for elite rule of society was needed. One that discarded outdated appeals to supernatural order and seemed to rest on a bedrock of science. An idea that could explain how nouveau riche upstarts like the Rockefellers and Rothschilds had risen to positions of prominence in society alongside the old royal dynasties of Europe.
Eugenics fit the bill perfectly. The answer was in their genes.
Richard Grove: Well, I think this eugenic idea that comes about from “survival of the fittest” almost gives a scientific excuse for some of the most inhumane and horrific actions that have ever been journeyed by humanity and then manifested. So the idea of controlling people through controlling reproduction, reproductive capability and access to mates and stuff like this is an idea that’s thousands of years old.
So eugenics […] came around in a strong form in the late 1800s, where you’ve got people like the Darwins, the Wedgwoods and the Huxleys — specifically Thomas H. Huxley, known as “Darwin’s bulldog.” So these ideas of eugenics really take on a new life of their own at the end of the 1800s, and coming into the 1900s, these ideas were embraced by the same families that were these robber barons that were being funded by [the] Rothschild banking network, also the Fabian socialist society, which again had a lot of the same movers and shakers as these people who were higher-ups in the British empire.
So […] it reared its head in the 1920s and 1930s in these forced sterilization campaigns, where if they thought you had a low IQ or if you had some congenital disease that would be passed on, then you didn’t have the right to marry and have children.
Eugenics, of course, was pseudoscience. When Galton and his fellow travelers began developing the theory, the identification of the actual mechanism of heredity, including genes and DNA, was nearly 100 years away. Instead, they used catch-all terms with no definition — like “feeble-mindedness” to diagnose poverty or criminality, claiming it was caused by “defective germ plasm.” They used phrenology to try to determine the physical expression of alcoholism or low intelligence. Even the most famous works of the eugenics era, like Henry Goddard’s study of the Kallikak family, were roundly discredited and even repudiated by their authors.
Joe Plummer: So it’s 100% pseudo-scientific. It’s absolutely arbitrary, the characteristics that they’re looking for. Something like feeble-mindedness is something that is not only not scientific, it can essentially be described in any way by the person observing wants it to be described. So feeble-minded could mean that maybe you stutter so then you’re feeble-minded maybe, or you’re shy so you’re feeble-minded. Maybe they just don’t like the way you act so you’re feeble-minded.
But the idea was an infectious one. Like all the most enticing pseudoscience, it explained so much with so little effort. It appealed to the vanity of the researchers, usually hailing from successful and wealthy families themselves. And it gave an excuse for social engineering on a scale never before dreamed of.
When eugenics crossed the Atlantic, spreading from the rarefied British countryside of Galton and his cohorts to the rocky shores of America, it hit ambitious young researchers like Charles Davenport with hurricane force. A Harvard-trained zoologist who had grown up in a strict, puritanical family of New England Congregationalists, Davenport’s authoritarian father was obsessed with genealogy, tracing the family tree all the way back to his Anglo-Saxon forebears in 1086. When the younger Davenport discovered Galton’s writing while working at a biological laboratory on Long Island, he found his purpose in life. As he later told the American Breeders Association, which became an important ally in his eugenicist cause: “Society must protect itself; as it claims the right to deprive the murderer of his life, so also it may annihilate the hideous serpent of hopelessly vicious protoplasm.”
With the proselytizing fervour of a religious convert, Davenport concocted an ambitious idea for furthering the eugenic cause: the creation of a Eugenics Record Office to register the genetic background of every single man, woman and child in America (and, eventually, the world), so that every person could be categorized by their family line and assigned a genetic rating. Once completed, those with the lowest eugenic value could be eliminated from the gene pool.
Joe Plummer: So the idea of eugenics makes it way to America, lands in the lap of Charles Davenport, who approaches the Carnegie Institute for funding and on the Cold Spring Harbor Laboratory they set up essentially an institute to study eugenics, and this eventually evolves with some Harriman money into the Eugenics Records Office. So between this initial institute that’s set up at Cold Spring Harbor and then the Eugenics Record Office, which is also added to that, you’re talking about millions and millions and millions of dollars of funding that’s put forward to go out and investigate and find the inferior “germ-plasm” — that’s how it’s often described.
The Rockefeller Foundation’s initial contribution to the Eugenics Record Office, a mere $21,650, was a small sum, but it came with clear benefits: not only the institutional infrastructure and the personnel of the Foundation and the prestige of the Rockefeller name itself, but the promise of increased support as the work advanced. And as always, the Rockefellers were true to their word.
Rockefeller Foundation researchers like William Welch, the founding director of the Rockefeller Institute for Medical Research, sat on the ERO’s board and helped direct its activities. The Rockefellers also provided funds for specific research, like a $10,000 grant to survey New York’s Nassau County for the eugenically unfit. And it created sister organizations like the Bureau of Social Hygiene, which cross-pollinated research and researchers with Davenport’s own laboratory.
John D. Rockefeller, Jr. especially showed an interest in Davenport’s work right from the start. They kept up a regular correspondence on a number of eugenics issues. In January 1912, when a plan to institutionalize “mentally deficient” female convicts to stop them from having children was floated, the young Rockefeller heir wrote to Davenport for his thoughts on the scheme. For his part, Junior declared that “this plan seems to me an immensely important one. It points out a scientific way of escape from the evils which our courts are intended to correct but in reality only increase.” After Davenport responded that the plan would only work if it included a eugenical screening of the convicts, Junior contributed $200,000 to found just such an institute. The Institute of Criminology in New York was administered by Rockefeller’s own Bureau of Social Hygiene and staffed by workers trained at the Eugenics Record Office.
Fueled by the support of America’s rich and powerful, the field of eugenics transformed from the quaint hobbyhorse of a few mad scientists into the social cause of an entire generation. Economists, politicians, authors, activists — by the 1920s, everyone who was anyone was extolling the need to eradicate the germ-plasm of the lower stock.
Marie Stopes, the celebrated family planning pioneer who founded Britain’s first birth control clinic in North London in 1921, railed against “hordes of defectives,” calling for the compulsory sterilization of those she deemed “unfit for parenthood.”
Tommy Douglas, now venerated as a hero in Canada for his role in founding the nation’s health care system, submitted a Master’s thesis to McMaster University advocating that “subnormals,” “defectives” and “morons,” like those with low IQ or physical abnormalities, be isolated “on a state farm, or in a colony where decisions could be made for them by a competent supervisor,” and called on the government to certify “mental and physical fitness” to stop the “unfit” from breeding.
John Maynard Keynes, the economist who gave us the Keynesian economic school that is still popular among central planners today, was himself president of the British Eugenics Society from 1937 to 1944.
Alexander Graham Bell is still revered as the inventor of the telephone but was in fact an early supporter of Charles Davenport and a founding member of the Eugenic Records Office Board of Scientific Directors. He openly campaigned for the “eradication of the deaf race” by governments intervening to stop deaf people from marrying.
Nobel Prize-winning playwright and author George Bernard Shaw advocated for the creation of a government panel that would require everyone to justify their existence before it. If they failed to do so, Shaw thought those people should be killed by the state.
George Bernard Shaw: …But there are an extraordinary number of people whom I want to kill. Not in any unkind or personal spirit, but it must be evident to all of you — you must all know half a dozen people, at least — who are no use in this world. Who are more trouble than they are worth. And I think it would be a good thing to make everybody come before a properly-appointed board, just as he might come before the income tax commissioner, and, say, every five years, or every seven years, just put him there, and say: “Sir, or madam, now will you be kind enough to justify your existence?” If you can’t justify your existence, if you’re not pulling your weight because you won’t, if you’re not producing as much as you consume, or perhaps a little more, then, clearly, we cannot use the big organization of our society for the purpose of keeping you alive. Because your life does not benefit us and it can’t be of any much use.
SOURCE: George Bernard Shaw talking about capital punishment
Eventually, with foundation funding and promotion, this eugenicist mindset filtered down into the popular culture. The American Eugenics Society sponsored “fitter family contests” at state fairs, awarding prizes to families scoring the highest on “eugenic health” tests. The Society also sponsored contests to award prizes to clergy who fit the message of eugenics into their sermons. Eugenics even found its way to the silver screen:
“We thought it necessary to present your family’s case to the state medical commission and after an examination they decided that there was one important action to take, to have your entire family sterilized.”
“Why, what’s that? I don’t know what you’re talking about.”
“Well, we investigated your family’s history, Alice, and most of the past 3 generations have been feeble-minded, congenital cripples or habitual drunkards. Instead of improving, each generation is more of a problem. Now in this state we have a law which provides for such people to have an operation so there won’t be any more children.”
“I see.”
SOURCE: Tomorrow’s Children
But merely popularizing their ideas was not the goal of the eugenicists. They wanted action. And in this case, that meant concrete steps toward eliminating the defective germ-plasm from the human population.
Government-sanctioned murder of those deemed unfit was always one option on the table. And it wasn’t just playwrights like Bernard Shaw advocating for government death panels; eugenicists of all stripes discussed and debated the idea of “murdering degenerates” as the quickest way of achieving their goals.
“Mistaken regard for what are believed to be divine laws and a sentimental belief in the sanctity of human life tend to prevent both the elimination of defective infants and the sterilization of such adults as are themselves of no value to the community. The laws of nature require the obliteration of the unfit and human life is valuable only when it is of use to the community or race.” — Madison Grant, director of the American Eugenics Society, 1915
But mainstream eugenicists realized that this approach was not possible in the political and judicial climate of the day. As Henry Goddard noted in his infamous study on The Kallikak Family: “For the low-grade idiot, the loathsome unfortunate that may be seen in our institutions, some have proposed the lethal chamber. But humanity is steadily tending away from the possibility of that method, and there is no probability that it will ever be practiced.”
Instead, they would have to turn to the other option, the more politically acceptable solution for stopping the undesirables from breeding: forced sterilization.
Indiana passed America’s first eugenic sterilization law in 1907, and within only a few years there were a dozen states where those deemed “unfit” were being legally sterilized against their will. But still, this was not enough for the eugenicists. The approach was too scattershot: only a few thousand sterilizations had taken place under these laws, and Indiana’s own forced sterilization act was overturned by the state’s Supreme Court in 1921.
Once again, Harry Laughlin, Davenport’s right-hand man at the Rockefeller-funded Eugenics Records Office, stepped in to solve the problem. He drafted a “Model Eugenic Sterilization” law in 1922 that became the basis for Virginia’s 1924 sterilization act. To confront the issues head on, the eugenicists decided to challenge the law’s constitutionality themselves and take the lawsuit all the way to the Supreme Court. All they needed was the right test case to bring to trial. And they found that case in Carrie Buck, an 18-year-old ward of the Virginia State Colony for Epileptics and Feebleminded, who was neither epileptic nor feeble-minded.
Amy Goodman: But start back in the 1920s with Carrie Buck.
Adam Cohen: So she’s a young woman who is growing up in Charlottesville, Virginia, being raised by a single mother. Back then, there was a belief that it was better often to take poor children away from their parents and put them in middle-class homes. So she was put in a foster family that treated her very badly. She wasn’t allowed to call the parents “mother” and “father.” She did a lot of housekeeping for them and was rented out to the neighbors. And then, one summer, she was raped by the nephew of her foster mother. She becomes pregnant out of wedlock. And rather than help her with this pregnancy, they decide to get her declared epileptic and feeble-minded, though she was neither, and she’s shipped off to the Colony for Epileptics and Feebleminded outside of Lynchburg, Virginia.
Goodman: And what happened to her there?
Cohen: So she gets there at just the wrong time. Virginia has just passed an eugenics sterilization law, and they want to test it in the courts. So they seize on Carrie Buck as the perfect plaintiff in this lawsuit. So they decide to make her the first person in Virginia who will be eugenically sterilized, and suddenly she’s in the middle of a case that’s headed to the U.S. Supreme Court.
SOURCE: Buck v. Bell: Inside the SCOTUS Case That Led to Forced Sterilization of 70,000 & Inspired the Nazis
The case was a sham, concocted merely to get the Supreme Court’s stamp of approval on the issue of forced sterilization. Buck’s “independent counsel” was, in fact, Irving Whitehead, one of the founding directors of the colony that was pushing to sterilize her and the man who appointed the director that was pushing for her sterilization. Buck herself was not feeble-minded, nor was her mother, nor was her daughter, Vivian Buck, who Carrie bore as a result of being raped and who was declared “feeble-minded” as a baby, because, as a social worker testified during the trial, “There is a look about it that is not quite normal, but just what it is, I can’t tell.”
None of these facts mattered to the Supreme Court. Presided over by former President and Chief Justice William Howard Taft, the Court voted 8-to-1 in favor of upholding Buck’s forced sterilization and the constitutionality of the Virginia eugenics sterilization law itself. Writing the decision was one of the most famous and venerated Justices in the history of the court, Oliver Wendell Holmes, Jr., himself a eugenicist from the so-called “Boston Brahmin” sect of the hereditary East Coast establishment.
In his decision, Holmes justified the forced sterilization of those like Buck by calling on the government’s right to vaccinate its citizens against their will:
“It is better for all the world if, instead of waiting to execute degenerate offspring for crime or to let them starve for their imbecility, society can prevent those who are manifestly unfit from continuing their kind. The principle that sustains compulsory vaccination is broad enough to cover cutting the Fallopian tubes,” he declared before infamously concluding: “ Three generations of imbeciles are enough.”
And with that, the floodgates were opened. New laws were enacted and old laws revised to comport with the Supreme Court’s decision. Forcible sterilizations, taking place in a covert and low-key manner before, were now reported with pride. A few thousand individuals sterilized against their will became tens of thousands. The eugenics era, brought into being by the immense fortunes of the Rockefellers and their ilk, had arrived. And, with the aid of a very dramatic push by the Rockefellers, it was about to go international.
Beginning in November 1922 and increasingly throughout the 1920s, the Rockefeller Foundation began a series of grants and fellowships to German scientists. Equivalent to millions of dollars in today’s money, these fellowships transformed the German scientific establishment, devastated in the wake of World War I. The Foundation’s money found its way into the coffers of the Kaiser Wilhelm Institutes, a series of scientific organizations that included an Institute for Psychiatry and an Institute for Anthropology, Human Heredity and Eugenics.
One of the main beneficiaries of this Rockefeller largesse was Ernst Rüdin, a head researcher at the Kaiser Wilhelm Institute for Psychiatry and a key architect of Germany’s eugenics program under the Third Reich. Rüdin co-edited the official rules and commentary on the Law for the Prevention of Defective Progeny, which was passed on July 14, 1933, less than six months after Hitler was appointed interim chancellor by President Paul von Hindenburg. The law, like the Virginia law that the Supreme Court upheld and that led to the sterilization of Carrie Buck and tens of thousands of other Americans, was modeled on Harry Laughlin’s Model Eugenic Sterilization legislation. It formed “Genetic Health Courts” which could mandate sterilization of “defectives” in eight different categories: the feeble-minded, schizophrenics, manic depressives, sufferers of Huntington’s chorea, epileptics, those with hereditary deformities, the blind and the deaf. Alcoholics, a ninth category, were to be optionally added to the list, with a caution against inclusion of ordinary drunkards. By the end of the year, 62,400 Germans were found unfit to breed and sterilized against the will. By 1945, that number had reached 400,000.
In the 1940s, that eugenics program was to expand into euthanasia under the Aktion T4 program, resulting in over 70,000 children, senior citizens, and psychiatric patients being murdered by the Nazi regime.
As the dust settled on World War II, the name of “eugenics” became synonymous with the Nazis in the minds of the general public. The eugenicists, outraged, knew that their work could not continue any longer under the name of eugenics. But that didn’t mean that it couldn’t continue.
Richard Grove: So after World War II you don’t hear about it anymore as eugenics. What you hear is molecular biology, and these sorts of colloquial terms that were developed by the Rockefeller Foundation, which was one of the families primarily in America that was helping to fund it in America, in Britain, in Germany, who also funded Hitler during that time. So there’s a lot of overlaps between the people who were actually out there funding genocide and the people who had ideas about culling the population, population control and sterilizing people, and these ideas go on and permeate society to this day.
As American Eugenics Society co-founder Frederick Osborne wrote: “Eugenic goals are most likely to be attained under a name other than eugenics.” Thus, he moved the American Eugenics Society into the offices of John D. Rockefeller III’s Population Council, becoming president in 1957.
The Rockefellers and their fellow oiligarchs had for generations felt themselves to be stewards of the planet, protecting it from the rising tide of the genetically inferior. They were not about to give up that quest. They would simply have to package it under a different name.
PART TWO: OILIGARCHS FOR CLIMATE CHANGE
Maurice Strong: With all the evidence that we’ve amassed in our preparations for the Stockholm Conference, including the views of many of world’s leading scientists, I am convinced that the prophets of doom have got to be taken seriously. In other words, doomsday is a possibility. I am equally convinced that doomsday is not inevitable.”
SOURCE: Maurice Strong Interview (BBC 1972)
On paper, it would be almost impossible to find a less likely candidate for “Godfather” of the modern environmental movement than Maurice Strong. A junior high school dropout from a poor family in rural Manitoba struck hard by the great depression, Strong’s meteoric rise to the heights of wealth and political influence is itself remarkable. The sheer number of environmental organizations that he founded, conferences he chaired, campaigns he directed and accolades he received over the course of his career is even more remarkable: Organizer of the Stockholm Environmental Conference, founding director of the United Nations Environment Program, Secretary General of the Rio Earth Summit, founder of the Earth Council and the Earth Charter movement, chair of the World Resources Institute, commissioner of the World Commission on Environment and Development, and board member of a bewildering array of organizations, from the International Institute for Sustainable Development to the Stockholm Environment Institute to the African-American Institute.
But perhaps the most remarkable thing about Strong, this ubiquitous figure of the 20th century environmental movement, was his background: a Rockefeller-connected millionaire from the Alberta oil patch who divided his time between environmental campaigning and running major oil companies.
To understand how this came about, we have to examine the history of the emergence of the environmental movement. In the post-war period, the desire to control the population put on a new mask: protecting the world from resource depletion, pollution and ecological catastrophe. And, as always, the Rockefeller family was there to provide the funding and organizational support to steer this burgeoning movement toward their own ends.
Raymond Burr: President Nixon and the United States Congress established the Commission on Population Growth and the American Future. The chairman of this unique commission is John D. Rockefeller III.
John D. Rockefeller III: There’s a very broad-ranging mandate. Nobody’s had one of this character before and just from that this question of quality of life just emerged as the seemingly key issue.
Burr: But the main finding was that stabilization of some kind is clearly desirable for the country.
JDR3: Yes, we said that it is recognized that population cannot continue to grow indefinitely. Nobody question that and we said from our findings (that) we felt that now the nation should welcome and plan for a stabilized population. The whole question of pollution, environment and population came very much to the fore in amazingly rapid time and President Nixon in July of 1969 made a statement to the Congress exclusively on this question, and I’d like to read just two sentences from that statement, as I think it’s indicative of his concern in regard to the subject and his recognition of its importance here and around the world. He said, “One of the most serious challenges to human destiny in the last third of this century will be the growth of the population. Whether man’s response to this challenge will be a cause for pride or for despair in the year 2000 will depend very much on what we do today.”
SOURCE: Survival Of Spaceship Earth (1972)
Joining the Rockefellers in shaping the international environmental movement were their fellow oiligarchs across the Atlantic, including the British royals behind BP and the Dutch Royals behind Royal Dutch Shell. And facilitating the transition from eugenics to population control to environmentalism was Julian Huxley, brother of Brave New World author Aldous Huxley and grandson of “Darwin’s bulldog” T.H. Huxley.
Julian Huxley was a committed eugenicist, chairing the British Eugenics Society from 1959 to 1962. But, like the other eugenicists of the post-war era, he understood the need to pursue the now-discredited work of eugenics under a different guise. The founding director of the United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization (UNESCO), Huxley wrote in the agency’s founding document about the need to find ways to make the cause of eugenics politically viable once again:
“At the moment, it is probable that the indirect effect of civilisation is dysgenic instead of eugenic; and in any case it seems likely that the dead weight of genetic stupidity, physical weakness, mental instability, and disease-proneness, which already exist in the human species, will prove too great a burden for real progress to be achieved. Thus even though it is quite true that any radical eugenic policy will be for many years politically and psychologically impossible, it will be important for UNESCO to see that the eugenic problem is examined with the greatest care, and that the public mind is informed of the issues at stake so that much that now is unthinkable may at least become thinkable.”
Huxley found the perfect front for the re-introduction of those “unthinkable” eugenical ideas in 1948, when he used UNESCO as a springboard for founding the International Union for the Conservation of Nature, and then again in 1961, when he used that agency as a springboard to create the World Wildlife Fund. Joining Huxley as co-founders of the fund were not only Prince Bernhard of the Netherlands, founder of the Bilderberg Group and former employee of the IG Farben conglomerate, and Prince Philip of England, but Godfrey A. Rockefeller of the Rockefeller dynasty. Together, they pledged to “harness public opinion and educate the world about the necessity for conservation.”
Years of “education” about the strain that the growing human population put on the resources of the earth, paid for by the very oiligarchs who had just spent the past century monopolizing one of the world’s key resources, led, inevitably to a predictable conclusion:
Hugh Downs: Now for the first time in the history of man, an international movement is underway. The people of the nations and the nations of the world have joined together to find the answers. This building and the worlds representatives hold the solution. We’ve seen what we’ve done to bring about the destruction of our Earth. Is it not the time now to cure the disease that we ourselves have created?
SOURCE: Survival Of Spaceship Earth (1972)
Yes, the “cure” for the “disease” of mankind, according to Rockefeller-funded propaganda featuring John D. Rockefeller III as an expert commentator, was to be found at the United Nations, whose headquarters had been so graciously donated by the Rockefeller family itself. And the first step toward discovering that cure was to organize the UN Conference on the Human Environment in Stockholm in 1972, the world’s first international environmental conference.
Narrator: For 11 days in June 1972, Stockholm was a magnet for everyone concerned with the environment: 1,200 official delegates from 113 nations were in Stockholm for the 1st International Conference on the Human Environment. The meeting, first proposed to the United Nations by Sweden and approved by the General Assembly in 1968, attracted worldwide attention.
In four short years, the topic of the human environment had gone from the back pages of newspapers to make headlines on page 1.
SOURCE: 1972 United Nations Conference on the Human Environment (Part 1)
And who better to oversee the conference and lay the institutional groundwork for this burgeoning, oiligarch-supported movement, than a consummate oil man?
Maurice Strong: The very fact that the conference began with 113 participating countries, with very high-level delegations from those countries, this in itself represented a very significant step forward. Because this demonstrated more than anything else the real concern of the majority of countries in the world.
SOURCE: 1972 United Nations Conference on the Human Environment (Part 1)
All his life, Maurice Strong had the uncanny ability to be in the right place at the right time to meet the right person to advance up the ranks. Having been born in Oak Lake, Manitoba, in 1929, and suffering through the Great Depression, the ambitious young Strong dropped out of school at age 14 and headed north to look for work. Finding his way to Chesterfield Inlet, Strong got a job as a fur buyer for the Hudson’s Bay Company and there met “Wild” Bill Richardson, a prospector whose wife, Mary McColl, hailed from the family behind McColl-Frontenac, one of Canada’s largest oil companies.
Elaine Dewar: So, Mr. Strong enters the big world through a guy by the name of ‘Wild’ Bill Richardson, who was a sort of prospector married into an oil family called McColl whose company was called McColl-Frontenac. It was a major importer of oil from the Middle East that had been taken over long since by the Texaco Company through a brokerage house called Nesbitt Thomson. In a way, Mr. Strong was introduced to the world of Big Oil and the world of resources at a very young age. He was picked up as a very smart kid, taken under the wing of a man named Paul Martin Sr., who was a cabinet minister and whose son would go on to become the Prime Minister of Canada and introduced to the oil patch though people at the very top — and that would include David Rockefeller.
Through the Richardsons, Strong made a series of increasingly unlikely connections. First he was introduced to the Treasurer of the then-brand new United Nations, Noah Monod. Unbelievably, Monod didn’t just secure Strong a job as a junior security officer at UN headquarters, he allowed the young Manitoba farm boy to live with him in New York. And while there, Monod introduced Strong to the most important contact of his life, David Rockefeller.
From that moment on, Strong was a made man. And from that moment on, wherever Strong went, Rockefeller and his associates were there somewhere in the background.
It was a Standard Oil veteran, Jack Gallagher, who gave Strong his big break in the Alberta oil patch when he quit his UN security job to return to Canada. And when Maurice Strong suddenly decided to quit that oil patch job, sell his house, and travel to Africa, he supported himself working for Rockefeller’s CalTex in Nairobi.
When he quit that job in 1954 and started his own company back in Canada, he hired Henrie Brunie (a close friend of Rockefeller associate John J. McCloy) to manage it, and appointed two Standard Oil of New Jersey reps to its board. By his late 20s he was running his own company and was already a millionaire.
As he would throughout his life, Maurice Strong capitalized on these connections and opportunities to full effect. After being chosen to organize the UN environmental conference in Stockholm, he was appointed a Trustee of the Rockefeller Foundation, which then funded his office for the Stockholm summit and supplied Carnegie Fellow Barbara Ward and Rockefeller ecologist Rene Dubos for his team. Strong commissioned them to write “Only One Earth,” a foundational text in the sustainable development arena that is heavily touted by globalists as a key document for promoting the global management of resources.
The 1972 Stockholm summit is still hailed as a landmark moment in the history of the modern environmental movement, leading not only to the first governmentally-administered environmental action plans in Europe but the creation of an entirely new UN bureaucracy: the United Nations Environment Programme (UNEP). Naturally, the UN appointed Maurice Strong as UNEP’s first director.
Shortly thereafter, Strong continued his double life by jumping straight back into the oil patch.
Eastern Canada was hit particularly hard by the OPEC oil embargo, and as a result then-Prime Minister Pierre Trudeau created PetroCanada, Canada’s national oil company. And who did he tap as the company’s first president? None other than that crusading Rockefeller-backed “environmentalist,” Maurice Strong.
Leaving that post in 1978, Strong continued with a scarcely believable series of governmental, private sector and international appointments, from Chairman of the Canada Development Investment Corporation to Chairman of AZL Resources Incorporated to leading the UN’s famine relief program in Africa.
In 1987, Strong helped to organize another environmental conference, much less known but no less remarkable than the Stockholm summit. Dubbed the 4th World Wilderness Congress, the meeting took place in Denver, Colorado, and brought together Strong, David Rockefeller, Edmond de Rothschild, then-Treasury Secretary James Baker, and a gaggle of other oiligarchs, bankers, Washington power players and globalists, ostensibly to talk about the environment. What they actually discussed was altogether more incredible:
DAVID LANG: I suggest therefore that this be sold not through a democratic process. That would take too long and devour far too much of the funds to educate the cannon fodder, unfortunately, that populates the earth. We have to take almost an elitist program, [so] that we can see beyond our swollen bellies, and look to the future in time frames and in results which are not easily understood, or which can be, with intellectual honesty, be reduced down to some kind of simplistic definition.
SOURCE: UN UNCED Earth Summit 1992 by George Hunt
Those were the words of David Lang, a banker from Montreal who spoke during the conference. And to Lang, the Rockefellers, the Rothschilds and the other bankers and oiligarchs assembled at the meeting, the general population are “cannon fodder” that “unfortunately […] populates the earth.” This candid admission, a perfect encapsulation of the eugenical ideas at the heart of the global conservation movement funded into existence by the oiligarchs themselves, was caught on tape by George Hunt, a businessman in Boulder, Colorado, who had volunteered to help the conference as a concerned citizen and came away horrified by what he had witnessed there. He released his own recordings of the proceedings in the early 1990s to warn the public about this group and its ultimate aims.
Hunt’s recording captured the moment when Maurice Strong introduced Baron Edmond de Rothschild — whose father’s cousin had sold the Rothschild’s Azerbaijani oil fields to Royal Dutch Shell in 1911 — as a pioneer of the environmental movement and a founder of the concept of “conservation banking.”
Maurice Strong: One of the most important initiatives that is open here for your consideration is that of the conservation banking program. As we mentioned this morning, we have, as our chairman, fortunately, the person who really is the source of this very significant concept. He was/is one of the trustees of the International Wilderness Foundation, which sponsored this meeting. He was at the first of these conferences. So his conversion to the relationship between conservation and economic development has been a pioneering one. So there is no better person. He epitomizes in his own life that positive synthesis between environment, conservation on the one hand and economics on the other, and I’m just delighted to have this opportunity of introducing to you Edmond de Rothschild.
Edmond de Rothschild: Maurice, thank you very much indeed for all that you’ve said, and I would ask the audience to take with a slight grain of salt all that he has said about me.
SOURCE: UN UNCED Earth Summit 1992 by George Hunt
The meeting accomplished some important goals for the oiligarchs. It led to the creation of “Wilderness Areas,” vast expanses of natural terrain from which the public could be largely excluded. These areas were to be designated and overseen by the IUCN, the same body that British Eugenics Society president Julian Huxley used as a springboard to creating the World Wildlife Fund.
Another important goal of the conference was Rothschild’s proposal for the creation of a so-called “World Conservation Bank” that would operate at a supra-national level and coordinate finance for development projects around the world.
Edmond de Rothschild: The meetings now over the concept of an international conservation banking program involve all sectors of the human community: Governmental and inter-governmental agencies, the public and private agencies, large charitable foundations, as well as ordinary individuals worldwide. By thinking forward as to how to reach out to the public at large, to every corporate entity throughout the world to put aside, hopefully tax-free, a part of their profits to fund our ecological and environmental protection.
Ladies and gentlemen, every country has its own problems, its indigenous peoples and its wildlife. This international conservation bank must know no frontiers, no boundaries.”
SOURCE: UN UNCED Earth Summit 1992 by George Hunt
This world conservation bank was forwarded and eventually realized at Maurice Strong’s next major conference, the one which was to serve as the crowning achievement of his unlikely career as environmental crusader, and which still remains one of the touchstones of the environmental movement: the 1992 Earth Summit in Rio de Janeiro.
Narrator: In June 1992, the world met in Rio to discuss the fate of planet Earth. In this largest summit and very first Earth Summit ever held, representatives from 166 countries, 130 heads of state and 15,000 non-governmental organizations came together with the hopes of deciding specific agreements that would balance environmental preservation with economic needs.
SOURCE: 1992 – UN Earth Summit – Rio de Janeiro – In Our Hands (Part 1)
George H. W. Bush: And my gratitude to Secretary General Maurice Strong for his tireless work in bringing this Earth Summit together. This is truly an historic gathering. There are those who say that economic growth and environmental protection cannot be compatible.
John Major: “The world is our garden and together we must cultivate it. This week at Rio we have made a start. Beyond Rio we must continue to carry it through.”
Maurice Strong: “We cannot be complacent. Unless the agreements reached here are accompanied by commitments to significant change — change, of course, indeed for the human species in my view, your excellencies—we simply are headed for a moment in the 21st century where the condition of our species may become terminal.”
SOURCE: Brazil – Rio Earth Summit (B)
As useful as the 4th World Wilderness Congress had been in advancing the agenda of Maurice Strong and the oiligarchs, that was only setting the stage for the Earth Summit in Rio.
At the Earth Summit, Edmond de Rothschild got his “World Conservation Bank.” Dubbed the “Global Environment Facility” and launched at the summit itself, it serves as the funding mechanism for five different UN conventions and provides billions of dollars worth of financing to environmental and development projects around the world. Its 18 “implementing partners” include the Rockefeller-funded Food and Agricultural Organization, the Huxley-founded International Union for the Conservation of Nature, the Maurice Strong-created United Nations Environment Programme, and the Prince Bernhard/Prince Philip/Godfrey Rockefeller-founded World Wildlife Fund.
One of the Global Environment Facility’s specialties is “debt-for-nature swaps,” where Third World countries are given debt relief in return for opening their land up for environmental development projects. The projects come with transaction costs of up to 5%, paid to the contractors who manage and direct the investments, not to the locals who, like the aborigines of Palawan island, are kicked off their land and effectively wiped off the face of the map.
The Earth Summit also gave rise to the United Nations Framework Convention on Climate Change, the body to which the Intergovernmental Panel on Climate Change delivers its reports. Generally thought to be neutral, non-governmental bodies relying only on science and evidence, the UNFCCC and the IPCC are handcuffed by the terms that Strong set out for them to deliver only one conclusion: that humanity is to blame for climate change.
Dr. Tim Ball: When they set up the Intergovernmental Panel on Climate Change, Maurice Strong, who we should talk a lot about, he wrote the terms of reference and the first term of reference was the definition of climate change and he limited it, deliberately, to only human causes of climate change. Of course that effectively eliminated all of the natural causes and natural variability which is why you see them not looking at things like the sun and a whole bunch of other issues. He then limited it even further in another term of reference, he set it up into three working groups. There was the technical group, Working Group 1, which wrote the science report, and that was 600 of the 2,500 people. The other 1,900 people were in Working Groups 2 & 3. Now they were inconsequential because they had to accept the findings of Working Group 1, which were already limited by their terms of reference. So whatever their finding was, Working Groups 2 & 3 then said, “OK, you’re telling us it’s going to warm, we accept that as fact. We now look at the implications of that,” and that’s where you hear all these stories of the ice is going to melt, the sea-levels are going to rise, etc.
So really, the majority of the report by 1,900 scientists is accepting without question the finding of the first group. Now Strong really restricted it even more because they then came and said, “Now look, this report is not to be used for policy,” but then they set up the Summary for Policymakers, the absolute contradiction of that. The Summary for Policymakers is written by a completely separate group, and then they write independent of the science report. The science report is finished and set aside. The Summary for Policymakers is written and given out to the media, but the rules — the terms of reference that Strong set out — said that the Summary for Policymakers goes back to the science report people and says make sure your science report agrees with what we’ve put in the summary.
SOURCE: The IPCC Exposed
Another product of the Earth Summit in Rio was the Earth Charter, a quasi-religious document that Mikhail Gorbachev, who helped draft the text along with Maurice Strong, referred to as a replacement for the Ten Commandments, and which sought to usher in an era of Gaia worship and global responsibility. Declaring that “[f]undamental changes are needed in our values, institutions, and ways of living,” the document then counsels that we must create a world of “shared responsibility” to the “Earth community,” before concluding:
“In order to build a sustainable global community, the nations of the world must renew their commitment to the United Nations, fulfill their obligations under existing international agreements, and support the implementation of Earth Charter principles with an international legally binding instrument on environment and development.”
Patrick Wood: Well, the Earth Charter was one of the bi-products ultimately of the first Earth Summit. I published the Earth Charter in the appendix of my book Technocracy Rising: The Trojan Horse of Global Transformation, just so people could see this with their own eyes what it says. It was a document that was like a compact with the world. It was a very religious, humanistic document that tried to unify the world into a single concept of globalization. It was a very defined document that was signed off — the history goes back before that, but it was finally signed-off by almost all of the nations at the United Nations, and the primary author of the Earth Charter was Steven Rockefeller. And so the Rockefellers understood early on that no, it’s not just the economic system and it’s not just necessarily the political control system, we also have to factor in a religious belief that we can use to get people to believe that what we’re doing is for their good.
What the oiligarchs had been working toward for decades, and what they achieved in Rio in 1992, was the completion of the transformation of the eugenics philosophy, from talk of “sterilization” of the “feeble-minded” to a popular understanding of humanity as a cancer that must be removed for the Earth to live. Now the duty was to “reduce carbon footprints” and reduce the population in the name of “saving the planet.” But, wrapped in this new vocabulary and coming with a trendy, pervasive, and well-funded advertising campaign, the end result sounded remarkably similar to the eugenics of old.
Tucker Carlson: A new study from Lund University in Sweden says that the single best way to cut your carbon footprint, assuming you want to, is simply to refuse to reproduce. Deleting some humans from existence, they say, saves far more carbon than, I don’t know, being vegetarian, riding a bike to work, not boarding an airplane.
SOURCE: ‘Stop Having Kids’ – Tucker Carlson Tonight
Jennifer Ludden: There is a new study that says, well, actually if we reduce global fertility by half a child per woman, that you could maybe do that. It would go a long way. It would reduce a fifth to a quarter of all carbon emissions needed to avoid that tipping point.
SOURCE: NPR Asks: Should We Have Less Kids Due To Global Warming?
Bill Nye: So should we have policies that penalize people for having extra kids in the developed world?
Guest: So, I do think that we should at least consider it.
Nye: Well, at least consider it is like do it.
SOURCE: Bill Nye׃ Should parents having “extra kids“ in developed countries be penalized?
Fox News Reporter: In the push to reduce global warming, children, according to some, are the new culprits. A think tank in the UK says that too many kids are what is making the planet worse. Saying large families, anything over two children really, should be frowned upon as an environmental no-no.
SOURCE: Endgame (2007)
And, without the public even noticing it, the oiligarchs were able to wrap themselves in this new flag to appear not as the billionaire scions of the oil industry who made their vast fortunes by plundering the earth and monopolizing its wealth, but as crusading environmentalists who are going to save the planet from the “cannon fodder” that “unfortunately populates the earth.”
David Rockefeller: The negative impact of population growth, on all of our planetary ecosystems, is becoming appallingly evident.
SOURCE: David Rockefeller speaks about population control
Rex Tillerson: So we have been members of the IPCC, we have authored many of their papers, we have peer-reviewed all their papers. So we have been engaged in the understanding and the evolution of our understanding of climate change for decades.
SOURCE: Rex Tillerson explains his position on climate change
Narrator: At Saudi Aramco, we strive to continually reduce the environmental impact of our operations, from oil well to consumer, and our support for the Oil and Gas Climate Initiative that strives to be a catalyst for practical action on climate change through collaboration on technology and best practices.
SOURCE: Saudi Aramco – Sustainable Production
Claudio Descalzi: We have a common reason. We care about environment. We think that together we can do better. We have the competencies, we have the strength, we have the tools to do good things in this field.
Amin H. Nasser: Technology that will be developed through this investment fund of $1 billion will help us in the long-term to reduce emissions.
Josu Jon Imaz: We want to build an ecosystem of innovation on this issue, working together.
Patrick Pouyanne: We bring our force together, we can bring pragmatic and concrete solutions.
SOURCE: OGCI Invests in Innovative Low-Emissions Technologies
And even today, the masses, outraged over the carnage that Big Oil has wrought, are content to have that outrage directed by the very oiligarchs they seek to oppose, the same oiligarchs who are quietly funding and supporting their environmental movement from behind the scenes — and even leading it from the front.
The Rockefeller family made headlines by divesting from oil completely in 2016.
Narrator: The Rockefellers, heir to an oil fortune that made the family name a symbol of American wealth, believe they’re doing their namesake proud by getting out of oil. Fund director Stephen Heintz spoke reverently of oil tycoon John D. Rockefeller in a statement: “We are quite convinced that if he were alive today, as an astute businessman looking out to the future, he would be moving out of fossil fuels and investing in clean, renewable energy.”
SOURCE: Rockefeller heirs get out of oil | Fortune
David de Rothschild is one of the photogenic leading lights of the environmental movement. Dubbed “Plastic Jesus” for his publicity stunts and photo opportunities masquerading as a concerned environmentalist, David de Rothschild — a scion of the billionaire banking family that added to its fortune with its Azerbaijani oil field holdings and still invests in oil through ventures like Genie Energy — now spends his time lecturing the public about how their lifestyles are killing the polar bears.
David de Rothschild: We have to start spending money fast on the solutions that we have in hand to try and help these countries which are already seeing the effects of climate change today and seeing the effects of our consumption, basically.
SOURCE: Rothschild Says Climate Change ‘Past Point of Talking’
Prince Charles is outspoken on the subject of global warming, warning his loyal subjects that unless they tighten their belts and live more humble lives, they will bring about the end of the world.
Prince Charles: Ladies and gentlemen, the battle against climate change is surely the most defining and pivotal challenge of our time.
We cannot ignore the symptoms and should act now to restore the health of the planet before it is too late. This of course will require an unprecedented transformation of our communities, science, societies and lifestyles. All predicated on the move to a low-carbon and circular economy.
SOURCE: Prince Charles urges action against climate change ‘before it is too late’
The groundwork has been laid for what these oiligarchs call the post-carbon era. It is no longer about oil. It never was. It is about control.
PART THREE: AGENDA: TECHNOCRACY
M. King Hubbert: Now, so this complete cycle for the world, to give you a timescale on that — bear in mind that’s starting in 1857, and so here’s where we were about three or four years ago. This was proved reserves in the era, which would add up to about here, and the estimated peak would occur about 1995, and we go into the decline. That middle 80%, again, is spread from the late ’60s until a little beyond 2020. I computed it out here about 56 years. That assumes an orderly evolution. That says that a child born, say, within the last 10 years will probably see the world consume most of its oil if he lives a normal life.
SOURCE: Marion King Hubbert on global oil depletion (1976)
Today, Marion King Hubbert is best known as the Shell Oil researcher who gained notoriety in the 1950s for predicting that the US would achieve its peak production of petroleum by 1970, and that almost all of the planet’s oil supplies would be exhausted by 2020.
This “Peak Oil” theory, still sometimes referred to as “Hubbert’s Peak,” was, like everything else generated by Big Oil, a conveniently crafted lie, designed to habituate the market to artificial scarcity and thus keep oil prices high. Hubbert’s “prediction” was not based on any empirical data from any oil field, but instead relied on Hubbert’s incorrect guesses about remaining oil reserves and employed a heuristic tool to model production.
As Hubbert’s protégé and colleague at Shell Oil, Kenneth Deffeyes, conceded years later: “The numerical methods that Hubbert used to make his prediction are not crystal clear. Today, 44 years later, my guess is that Hubbert, like everyone else, reached his conclusion first and then searched for raw data and methods to support his conclusion.”
Shortly before his death in 1989, Hubbert himself admitted that when he showed his Peak Oil paper to Shell’s managing director before presenting it to his colleagues, the director had told him not to “go overboard” with his estimates of oil reserves, pointing specifically to L.G. Weeks, a rival geophysicist who had estimated reserves to be much higher, and thus the impending threat of undersupply and the need for high oil prices to be much weaker.
But although today Hubbert is remembered almost exclusively for his Peak Oil thesis, he was in fact involved in a much larger, lifelong project, helping to codify and incorporate a movement that, much like eugenics, was wildly popular nearly a century ago, fell out of favor in polite society, and yet continues today under other names. That movement was called “Technocracy.”
Arvid Peterson: Hello, I’m Arvid Peterson, and this is the first of a two-part presentation on Technocracy, an alternative social system. These programs are not intended to entertain or amuse you, nor are they meant to scare you. We are making a new approach. It is not political, financial, philosophical, legal, religious or moral. It is a technological approach. Technocracy is the scientific answer to America’s social problems and technocracy is a new design for social operation that based on upon science. It is the vehicle by which we can move into a new era for better living.”
SOURCE: Technocracy Full Presentation
Technocracy billed itself as a social movement, a philosophy, a scientific solution to political and economic problems, and a new way of ordering the world. But, at base, it is an idea for a new international economic order, one to be designed and managed down to the most minute detail by a select few: the “technocrats.”
Patrick Wood: Technocracy was defined very succinctly in 1938 by their own publication The Technocrat’s Magazine. They call it a system of scientifically engineering society. They saw themselves as a merger between hard science and social science, which really is an oxymoron. Social science is not really a science in my opinion but they believed that. So they believed they could take their scientific method they use in the hard sciences and apply it to society. They also believe that they alone were the only ones that could run society correctly. As a result of technology having come in and change the fabric of society, they hated politicians, they hated the establishment, the organization of society they way it is because it was not efficient, it was not conservation based if you will to conserve resources. So they took it upon themselves to define the economic model that would replace capitalism and free-enterprise and that’s exactly what it was, a replacement of the economic system.
Drawing on Henri Saint-Simon’s call for a scientifically-organized socialist system, the positivism and secular humanism of Auguste Comte, and the “Principles of Scientific Management” propounded by Frederick Taylor, the technocratic movement emerged from the same environment of progressivism, positivism and social Darwinism that birthed eugenics. Just as the eugenicists believed the human race could be improved through selective breeding controlled and administered by a small group of scientists and their billionaire backers, so, too, did the technocrats believe that they could improve the social and economic conditions of humanity by controlling and administering society. And, happily enough for the oiligarchs, the technocrats would improve the world by replacing money with energy certificates.
Led by the eccentric “revolutionary” economist and sociologist Thorstein Veblen, the technocratic movement that formed around Veblen’s “New School for Social Research” and “Technical Alliance” attracted both engineers and serious researchers like King Hubbert and Buckminster Fuller and fellow eccentrics like Howard Scott.
Scott, a “mysterious man” of uncertain background, established himself in New York City at the end of World War I and came to be seen as a “bohemian engineer.” In 1920 he went to work for the Wobblies as a research director, and the following year he founded the Technical Alliance, a group of engineers and scientists centered around Columbia University, and which, as a forerunner to the technocracy movement, advocated for a society run by scientists and engineers.
In 1932, the charismatic and well-spoken Scott managed to attach himself to Walter Rautenstrauch, a professor at Columbia and the founder of the university’s Department of Industrial Engineering. With a common interest in technocracy, the two became friends and allies. It was through Rautenstrauch that Scott was able to approach the president of Columbia, Nicholas Murray Butler, for permission to use the university’s facilities. Butler, always on the lookout for the cutting edge of progressivism, was swayed by the technocratic ideas, and soon Scott’s Committee on Technocracy was operating out of the basement of Hamilton Hall.
When Butler let word slip about the next big idea being cooked up in the basement of his university, technocracy became a sensation. It was lauded in the press, Scott became a sought-after speaker, and there was even a dance named after the movement.
It was at Columbia that Scott met King Hubbert, and the two, an unlikely pair of serious-minded researcher and eccentric revolutionary, immediately hit it off. Their stint together at Columbia was about to come to an abrupt end, but their association would last for decades, and help give birth to ideas that would eventually transform the world.
Patrick Wood: Technocracy really got recognized when it was at Columbia. We’ll talk in a minute, they didn’t last there very long because as it turned out one of the promoters of technocracy, Howard Scott, turned out to be a fraud. He was kind of the main spokesman for the movement and he pumped up his résumé, like so many people do today, unfortunately, he pumped it up and basically he just lied about his past and his educational past and they all assumed he had a degree in some advanced engineering or whatever and he knew all of the buzz words, but some sharp reporter did some investigative research on him and said, “I can’t find where this guy graduated anywhere,” and when Columbia found out that the guy was a fraud they realized that, well, Butler’s ego got involved and he said, “Man, these people have played me,” and so he kicked them all out. Just ka-boom! Just drop-kicked them right out. He said, “Get out of my building!” and they all left and scattered. The technocrats that were left at Columbia, which there were several of them that were professors at Columbia at the time, they just zipped their lips, shut up, went back to work, figured out I want to keep my job. I’m just going to not ever mention technocracy again. It didn’t mean they stopped believing, but they didn’t talk about it for a very, very long time at Columbia.
Disgraced, evicted from Columbia, and with the Committee on Technocracy disbanded almost as quickly as it had come together, Scott found himself at a personal low. Penniless and with an old debt having caught up to him, he had only one person he could rely on: M. King Hubbert.
Hubbert let Scott live in his Greenwich Village apartment and paid out of his own pocket to file the articles of incorporation for Technocracy, Inc., a new membership organization that would carry on the principles of technocracy. The first step, of course, was to define precisely what those principles were.
Hubbert got to work penning the Technocracy Study Course, the Bible of the Technocracy movement. In it, Hubbert laid out the vision of “an abundance of physical wealth on a Continental scale for the use of all Continental citizens,” which, he warned, “can only be accomplished by a Continental technological control, a governance of function, a Technate.”
The technocratic system was to be structured around a new monetary paradigm, one based not on dollars and cents but “Energy Certificates” representing the nation’s net energy expenditure. These certificates would be denominated in Joules and issued based on a net energy budget deemed appropriate by the technocratic state’s governing scientists. Citizens would be issued an equal share of the nation’s certificates and make their purchases with them, and the information about these purchases would be relayed back to the central planning body for analysis. By this method, the technocrats could, in the words of one proponent, “create a thermodynamically balanced load of production and consumption, thereby doing away with unemployment, debt and social injustice.”
In the Technocracy Study Course, Hubbert, like a good technocrat, laid out the exact conditions that would need to be met for this vision to come to pass. According to him, technocracy would require:
Hubbert’s vision was not just that of a totalitarian society in which every detail of every interaction was recorded and reported to a central authority, but, for the 1930s, the concept of continuously and instantaneously updated registries of every good in the economy was not just audacious, but borderline insane.
Nevertheless, suffering through the Great Depression, the American people were willing to listen to any ideas to replace the current system that had so obviously failed them, no matter how outlandish. Technocracy, Inc. did attract a following, swelling into the tens of thousands later in the decade. But Scott’s eccentric ways, compelling members to salute him in public and delivering rambling radio addresses, ultimately led to the movement’s long, slow decline in relevance.
Hubbert never repudiated the concept of technocracy, but when he joined Shell as a researcher he resigned his position on the board of Technocracy, Inc. and avoided direct mention of the organization.
The technocrats had sketched the outlines of a completely ordered and controlled society, one in which energy is the fundamental measure of value and all consumption and production is meticulously analyzed by a central authority. Technocracy, Inc. still exists to this day, but the language and thinking of the technocrats has, like eugenics, undergone a metamorphosis. And, also like eugenics, the name may have faded into obscurity, but the idea lives on in the hands of the oiligarchs.
Bill Turnbull: Would you live in a greener lifestyle if you could make money from it?
Kate Silverton: That may be possible if a government proposal for personal carbon emissions allowances is implemented. Under the scheme, everyone in the UK would be allocated an annual carbon allowance.
Turnbull: Stored electronically, like a supermarket loyalty card, points would be deducted every time we buy or use non-renewable energy. For example: Using electricity to power appliances in the home.
Silverton: Or traveling somewhere by plane.
Turnbull: Or even buying petrol for your car on the [unintelligible].
Silverton: So then any points left over could then be sold back to a central bank, are you still with us, and people who need more, like motorists, who would use their allocations could then pay for a top-up.
SOURCE: BBC Breakfast: Carbon Ration Card proposal, 20/07/2006
Carbon rationing. Carbon trading. Carbon taxes. Cap and trade. Just as the technocrats of old envisioned a new economic order based on energy and governed by the dictates of scientists and engineers, so, too, does this modern form of technocracy envision an economic order in which energy is budgeted, priced and traded by intergovernmental panels of scientists and the political caste that grows up around these institutions.
Sen. Jay Rockefeller: The Environmental Protection Agency is not a frivolous agency. It is created to regulate carbon dioxide emissions, and I have been saying to the West Virginia Coal Association, which, for the most part, doesn’t believe in climate science — they don’t believe there’s a climate problem — and I have been saying to them for a number of years that that’s wrong. In my judgment the science is true, the science is unequivocally true and that that there is a price to carbon in their future. I said this a couple of months ago — there’s a price to carbon in their future.
SOURCE: Sen. Rockefeller Defends EPA, Climate Science
Al Gore: But I believe that the cap-and-trade approach is the essential first step, partly because it is the only basis upon which we can envision a truly global agreement, because it’s very difficult to imagine a harmonized global tax.
SOURCE: Cap and Trade is a tax Dingell, Gore
Christiana Figueres: A carbon tax or any other way of putting a carbon price is actually, from an economic point of view, the most effective and efficient way to do this, OK? You can regulate and you can do all kinds of things but nothing is as strong a market signal to the private sector as a carbon price, whether that be a carbon tax or whether it be a cap-and-trade — which is what California’s doing — or any of the other measures that ultimately give you a carbon price. That is the simplest, cleanest, most powerful signal. So if that’s possible, I’m with you.
SOURCE: Christiana Figueres: Meeting Our Climate Challenge – A United Nations Perspective
These measures are sold to the public as a way of penalizing the big oil interests that have spent the last century monopolizing the world’s key resources and plundering the earth in the pursuit of profit. What they do not understand, because it has been deliberately obscured, is that it is these very interests that have been instrumental in creating these schemes in the first place.
Rep. Steve Scalise: “Its my understanding that back in 1997, when you were Vice President, Enron’s CEO Ken Lay was involved in discussions with you at the White House about helping develop this type of policy, this trading scheme. Is that accurate? Is it inaccurate? It’s been reported.
Al Gore: I don’t know, but I met with Ken Lay, as lots of people did, before anybody knew that he was a crook.
Scalise: Right. And clearly you can see why so many of us are concerned about this type of cap-and-trade energy tax that would be literally turning over this country’s energy economy.
Gore: I didn’t know him well enough to call him “Kenny-boy.”
Scalise: But you knew him well enough to devise this trading scheme.
SOURCE: Al Gore’s Lies Exposed By Congress
In the early 1990s, Enron — the disgraced Texas-based energy trading company that turned out to be a complete fraud — spearheaded the EPA’s $20 billion cap-and-trade program for sulfur dioxide, promptly becoming the largest trader in the market. As a follow-up, the company, led by Ken Lay, began lobbying the Clinton administration, and particularly Vice President Al Gore, to create a similar market for carbon dioxide. Making lavish contributions to environmental groups like the Nature Conservancy, whose Climate Change Project argued for restrictions on carbon emissions, Enron then hired Christopher Horner, a former staffer on Senator Joe Lieberman’s Environment Committee, to lobby for an international treaty that would restrict emissions and allow for trading in emission rights.
They were joined in this quest by Goldman Sachs, the infamous Wall Street investment bank known today for the revolving door between the firm and the US Treasury, who helped establish the Chicago Climate Exchange as the first North American emissions trading platform. In 2004, Al Gore, who has spent the last two decades lobbying for the creation of a carbon trading market, founded Generation Investment Management, an investment management partnership that sells carbon offsets, with David Blood, the CEO of Goldman Sachs Asset Management, who stepped down from his position with Goldman to go into business with Gore. By the end of the decade, Gore was already being hailed as a candidate to become the world’s first carbon billionaire.
Gore himself is an oiligarch. His father, Al Gore, Sr., was a close friend of Armand Hammer, the oil tycoon behind Occidental Petroleum. After losing a Senate race in 1970, Gore’s father went to work for Hammer at Occidental for $500,000 a year. Over the course of his career, Gore, Sr. accumulated hundreds of thousands of dollars worth of Occidental stock, which fell into the hands of the executor of his estate at the time of his death: none other than his son, Al Gore. The Occidental connection does not end there. Discovering zinc ore on their Tennessee estate, Hammer bought the Gores’ land and sold it back to them with a claim on the mining rights, complete with a $20,000 annual payment, which also went to Gore after his father’s death. In 2013, Gore earned $100 million from the Qatari government on the sale of his “Current TV” venture, and then was surprised when reporters were more interested in discussing his oil money than his new book on the global warming cause.
But Gore’s story is only an example of a larger phenomenon. In 2006, the United States Climate Action Partnership was formed to create “A Call for Action” to cut down on carbon emissions. It drafted the Blueprint for Legislative Action, which became the basis for the American Clean Energy and Security Act, seeking to create an emissions trading regime modeled on the European Union Emission Trading Scheme. And the members of the US Climate Action Partnership? A who’s who of the oiligarchy, including BP, ConocoPhillips, and General Motors.
Carbon taxes and carbon trading have proven to be a hard sell for an increasingly wary public, but with the Paris Agreement of 2015 the world saw the biggest step yet toward this technocratic future of energy control and carbon rationing. No surprise, then, that the summit itself was sponsored by and prominently supported by big oil.
Erik Schatzker: What’s your position and what message would you send to the President?
Bob Dudley: Well, we have been clear in our support of the climate agreement in Paris. We’re part of the Oil and Gas Climate Initiative, which is 10 of the big companies in the world, who are working towards projects and technologies that are needed. I think we all want to know how the formula will work, but I think the concept of Paris needs to stay in everybody’s mind on the issues of — we’ve got to transition the world to lower-carbon forms of energy, I have no doubt it will happen.
SOURCE: BP CEO Dudley on Oil Market and Paris Climate Accord
Gerard Mestrallet: Yes, I think that what happened in Paris is very, very important and Mr. Ban Ki-moon on the (spoke) on the line that yesterday, it is important not only for the planet, not only for us citizens, not only for our children, it is important for the business.
SOURCE: ECO:nomics: Businesses’ Role in Paris Agreement
But using energy as the new “metric of value” for the post-carbon economy is just one element of the neo-technocratic vision.
When Hubbert wrote his Technocracy Study Course, he made it clear that technocracy could not come to fruition without 24/7 surveillance of all energy usage and a continuous stream of data about all goods being produced by and consumed by society. But whereas in the 1930s such a system must have seemed like a delusional flight of fancy, today it is already being implemented.
Narrator: By now you may have heard the term “Internet of Things.” Sounds interesting but what does the Internet of Things actually mean? I.O.T. is an evolution of mobile, home and embedded applications that are being connected to the internet, integrating greater compute capabilities and using data-analytics to extract meaningful information. Billions of devices will be connected to the internet and, soon, hundreds of billions of devices. As related devices connect with each other, they can become an intelligent system of systems, and when these intelligent devices and systems of systems share data over the cloud and analyze it, they can transform our businesses, our lives and our world in countless ways.
SOURCE: Internet of Things explained simply
Reporter: This department store in Bundang has introduced a new way to shop. With its “Smart Shopper” system, customers pick up a small scanner and tag the item they want to buy. It eliminates the hassle of having to carry heavy items in a shopping basket, not to mention the hassle of having to get them home. After you pay for the items at an automated kiosk the goods are delivered right to your home.
Shopper (Translated): Before I had to wait in long lines at the checkout but now I can use the Smart Shopper system to pay. It’s really quite convenient.
Reporter: Aside from their convenience to shoppers the system also helps stores gather data about their customers’ shopping habits.
SOURCE: New smart technologies changing our everyday activities
Alice Bravo: Why create a smart city? Well, smart cities are more responsive to citizens and they help reduce environmental impact.
Michael Liu: They are more cost-effective and they’re safer.
Carlos Gimenez: Smart cities make people happier and more connected to their community.
SOURCE: AT&T Smart Cities
Narrator: Today, more people live in cities than ever before, and for good reason. They are centers of trade, innovation, culture and opportunity. As such, they are complex entities comprising many different inter-connected systems. As more people flock to cities and put pressure on these systems, an important shift is helping cities deal with this challenge: a rise in data. Cities are becoming increasingly instrumented. Sensors that enable the capture of all sorts of data are being integrated across city systems, providing critical information on city activity and operations. Sensors on a bridge transmit data on its physical condition. A camera on a freeway relays traffic flow and digital meters record water and energy usage in real time. Mobile and social channels enable local governments and citizens to communicate with other, creating yet another source of useful data. Advanced analytics can now readily identify trends and patterns within these massive amounts of data. Information can be integrated, gathered and shared via dashboards, visualizations and alerts to facilitate understanding and collaboration across systems, agencies and groups.
SOURCE: How It Works: Smarter Cities
Narrator: The smart home communicates with the grid and enables consumers to manage their electricity usage. By measuring homes’ electricity consumption more frequently through a smart meter, utilities can provide their customer with much better information to manage their electricity bills. Inside the smart home, a Home Area Network or HAN, connects smart appliances, thermostats and other electric devices to an energy management system.
SOURCE: What Is the Smart Grid?
Josh Del Sol: With the smart meters, they’ll be able to tell exactly what’s going on in your home down to the micro-second based upon 24/7 communication with all of your appliances. Which will also in the future, if this goes through fully and if there’s not a public backlash, all of your appliances will need to have a wireless transmitter on them and they’ll need to certified under some “smart program.”
So this means not only — just stepping aside for one moment from the health issue — this means that not only is your smart meter emitting on average 13,000 microwave pulses per day but every one of your appliances is going to be doing the same thing because it will be needed to be communicating with the smart meter itself. So that is a serious concern and we’ll get into that a little bit later. But as far as the privacy issue, just diving right in, the current CIA Director, David Petraeus, was quoted as saying, “We’re gonna use smart-appliances to spy on you,” and it’s very much just putting it out there. It’s kind of like, it’s getting to a point now, James — and I’m sure you’re seeing this — it’s, like, they’re just getting more and more in your face. And it’s kind of like this collective force of the controllers and they’re kind of saying, “This is what we’re gonna do and what are you gonna do about it?” So they’re almost challenging us in a schoolhouse bully sort of way: “What are you going to do about it?”
SOURCE: Corbett Report Radio 230 – Take Back Your Power with Josh Del Sol
Once again, we are being asked to believe that the vested corporate interests that are rolling these technologies out in a coordinated fashion are doing so for the benefit of the public. That this technology is to help save the earth. And once again, we are being duped.
The technocratic agenda is not about saving the earth. It is not about helping the public. It is not even about making money. It is about complete control over every aspect of our daily life.
Patrick Wood: There’s two levels…. The way I look at technocracy, there’s two levels operating at the same time. There’s the operational side of it that has to do with things like smart grid. That have to do with things like various technocratic innovations, surveillance and other big hot-button [issues] for technocracy. These are operational issues. From a strategic point of view, which is where the Rockefeller-type people operate, it’s a different view of where it’s headed. On an operational level it’s headed towards a scientific dictatorship and you don’t have to be a visionary to figure that one out really anymore. You don’t. It’s there.
But on a strategic basis, what’s happening is that there’s a massive resource grab going on all over the planet. And when I say resource grab, you have to put yourself in Rockefellers’ shoes — the bankers’ shoes and the Rothschilds’ shoes or whatever — and say, “What do you do when money runs out? What do you do? When you suck all of the value that you can out of the monetary systems you’ve created, what’s left?”
Well, you and I don’t think about those sort of things because we don’t have that have much money, but these people at the top, especially the bankers, I’m sure they stay up at night thinking, “What’s after money? What comes after money?” The Rockefeller family especially has always been a resource intensive family. That’s what oil was all about in the first place. It was a resource and they understood that energy would be the most important factor in the world over any other type of resource. They understood that, that’s why they wanted to create a monopoly over energy.
Well, today as money has been sucked dry, the only thing left to do is to make a grab for the resources themselves and that’s what sustainable development is all about. It’s taking the resources of the world away from you and me, away from private companies that aren’t part of the clique, if you will, and putting them into a global common trust that will be managed by them for their benefit. This is really nothing more than neo-feudalism again where the resources are owned by a few and everybody else gets to operate with those resources at their pleasure and discretion.
The technocrats and functionaries of this agenda, like Hubbert and his colleagues in Technocracy, Inc., pioneered this idea because they believed that they, the technocrats and engineers, would be able to solve the world’s problems. But the oiligarchs and bankers who funded their ideas into existence did so because it would help them to become the rulers of a system so perfectly crafted that no resource, no commodity, no person would be beyond their control.
And now, in the 21st century, that technocratic vision is coming into view. And it is being helped along by a public that believes the post-carbon future represents the end of the oiligarchy. They couldn’t be more wrong.
CONCLUSION
Oil. It was never about oil. It was about control. Control over energy and production and consumption. Control over the world’s resources. Control over the population. Control over humanity itself.
Joe Plummer: Every other thing that the elite put forward is nothing more than a pretext for what they’ve been after since the beginning. So, as I cover in Tragedy and Hope 101, I discuss this concept of the elite seeking to rule all habitable portions of the world and they don’t want to secure that so that they can then have it taken away from them. So they come up with pretexts that they can sell both to the public but also the administrative class that justifies what it is that they are trying to do — they need to do. So whether it’s global warming hysteria or whether it’s technocracy whether it’s Agenda 2030 or whether it’s eugenics, there’s a common thread that runs through all of this and that common thread is the desire to consolidate and exercise coercive power. In the case of eugenics, it’s the desire to consolidate and exercise the ultimate power, which is the power over who is ultimately going to live or die, who will be permitted to exist in the gene pool from here forward.
The picture is bleak, and made all that much bleaker by the fact that so many have been duped into believing that the oiligarchs’ ultimate agenda, an agenda of technocratic control, micromanagement of our daily lives, and, ultimately, the elimination of the “cannon fodder” from the gene pool, is in fact in their own best interest.
The oiligarchs, shielded behind their smokescreen of “sustainable development” and “post-carbon” economy, are closer than ever before to achieving their true goal of total control.
But if the people perish from lack of knowledge of this agenda, then understanding is the first step toward the solution.
Patrick Wood: It’s hard to fight an enemy that you don’t recognize or can’t see. That’s the biggest problem in the world today, in my opinion, is that people have no visibility whatsoever of this issue. They’ve covered their tracks so well that nobody can see them. How can you fight an enemy that you don’t know? I think famous Chinese general Sun Xiu brought that up hundreds of years ago. You can’t fight an enemy that you don’t know. First we have to recognize who the enemy is.
Richard A. Grove: Well, Big Oil conquered the world because the monopolization of all resources on the planet is the goal, and to get to that goal you have to monopolize the energy aspects of people around the planet. But you also have to control the food — the actual energy for the human beings whose energy you want to control. If you control those two aspects, the Green Revolution and the Gene Revolution, then you’re able to control the entire planet, every resource on it, and basically extinguish freedom for the rest of history.
So, How Big Oil Conquered The World was already done in a movie. Why Big Oil conquered the world has to do with the complexities of controlling populations — not for money, because these are the people that print money out of nothing and charge us for it. So really, it’s a study of power. So, why did they want to do this to the rest of us? Because they could and because we were tolerant so far and haven’t resisted enough to make it stop. So that’s where we find ourselves today. Becoming informed on the history so that we can actually plot our course in the future to map or chart out a course and actually get to some place that resembles cognitive liberty and physical freedom and justice for all.
Big oil. Big pharma. The Green Revolution. Genetic engineering. Eugenics. The environmental movement. Technocracy. Not one person in a thousand can detail the historical development of these ideas, or the people and the agenda that connects them. But if you have watched this documentary, you are now that one person in a thousand. The question is, “What are you going to do with this information?”
As the oiligarchs’ quest for total control comes into view, it’s difficult to remember that it all started a century and a half ago with “Devil Bill” Rockefeller, a two-bit snake oil salesman always on the run from the last group of marks he managed to con. In a way, nothing has changed but the scope of the con and the number of marks who have fallen for the routine. But now that you know the snake oil that is being fed to the public, the only question that matters is: Are you going to drink it?
INTRODUCTION
INTRODUCTION
À l’aube du XXe siècle, un nouvel ordre international émergeait. Un ordre fondé sur le pétrole. Et à la fin du XXe siècle, cet ordre était solidement établi. Chauffage. Transports. Puissance industrielle. Fabrication du plastique. Médicaments. Il n’est pas une facette de la vie moderne qui ne dépende, d’une manière ou d’une autre, du pétrole.
At the dawn of the 20th century, a new international order was emerging. One founded on oil. And by the end of the 20th century, that order was firmly established. Heating. Transportation. Industrial power. Plastic manufacturing. Pharmaceuticals. There is no facet of modern life that is not, one way or another, dependent on oil.
Mais les maîtres de cette oligarchie du pétrole, les Rockefeller à la Standard Oil, la famille royale britannique chez BP, la famille royale néerlandaise et les Rothschild chez Royal Dutch Shell, ne se contentaient pas d’une simple domination financière. Le pouvoir que leur conférait leur monopole quasi total sur la marchandise la plus importante du monde était énorme, et ils n’avaient aucun scrupule à s’en servir pour refaire le monde à leur image.
But the rulers of this oiligarchy — the Rockefellers at Standard Oil, the British royals at BP, the Dutch royals and the Rothschilds at Royal Dutch Shell — were not content with mere financial domination. The power that came with their near-total monopoly on the world’s most important commodity was enormous, and they had no qualms about using that power to re-make the world in their image.
Comme nous l’avons vu dans Comment les grandes pétrolières ont conquis le monde, l’influence des oligarques du pétrole est stupéfiante. Du système éducatif à la profession médicale, de la « Révolution verte » à la « Révolution génétique », de la guerre mondiale à la guerre du Golfe, l’argent du pétrole a servi à façonner chaque aspect du monde dans lequel nous vivons. Avec l’essor du pétrodollar dans les années 1970, même le système monétaire international repose sur le pétrole.
As we saw in How Big Oil Conquered the World, the impact of the oiligarchs has been breathtaking. From the education system to the medical profession, from the “Green Revolution” to the “Gene Revolution,” from World War to the Gulf War, oil money has been used to shape every aspect of the world we live in. With the rise of the petrodollar in the 1970s, even the international monetary system itself rests on oil.
Mais aujourd’hui, au XXIe siècle, il semble que l’ancien ordre, l’ordre du pétrole, touche enfin à sa fin.
But now, in the 21st century, it seems that the old order, the oil order, is finally coming to an end.
Amy Goodman : Nous commençons par un nouveau cap franchi par la campagne croissante de désinvestissement des entreprises de gaz, de pétrole et de charbon qui alimentent le changement climatique. May Boeve, directrice générale de 350.org, en a fait l’annonce juste avant notre émission d’aujourd’hui.
Amy Goodman: We begin looking at a new milestone in the growing campaign for divestment from the gas, oil and coal companies that are fueling climate change. May Boeve, Executive Director of 350.org, made the announcement just before our broadcast today.
May Boeve : Nous annonçons aujourd’hui que les engagements de désinvestissement ont dépassé la barre des 3 400 milliards de dollars. Ce sont 3 400 milliards de dollars d’actifs sous gestion désormais libérés des énergies fossiles.
May Boeve: Today we’re announcing that as of today total divestment commitments have passed the $3.4 trillion mark. That’s $3.4 trillion of assets under management now fossil free.
SOURCE : Is Oil & Gas the New Tobacco? Fossil Fuel Divestment Movement Reaches New Milestone – Democracy Now!
SOURCE: Is Oil & Gas the New Tobacco? Fossil Fuel Divestment Movement Reaches New Milestone – Democracy Now!
Robert Dudley : Dans le secteur du pétrole et du gaz, nous reconnaissons la contribution de nos activités et de nos produits aux émissions de gaz à effet de serre. C’est pourquoi l’OGCI [Oil and Gas Climate Initiative] a été créée.
Robert Dudley: In the oil and gas sector, we recognize the contribution of our activities and products to greenhouse gas emissions. Which is why the OGCI [Oil and Gas Climate Initiative] was setup.
SOURCE : L’OGCI investit dans des technologies innovantes à faibles émissions
SOURCE: OCGI invests in innovative low emissions technologies
Narrateur 1 : Ce qui a commencé comme un mouvement sur les campus universitaires américains a atteint les gratte-ciel de la haute finance.
Narrator #1: What began as a movement on US college campuses has reached the skyscrapers of high-finance.
Narrateur 2 : Dans le monde, près de 200 institutions et des milliers de particuliers ont retiré au total 50 milliards de dollars d’actifs des énergies fossiles.
Narrator #2: Globally nearly 200 institutions and thousands of individuals have moved a total of $50 billion in assets away from fossil fuels.
Militante du désinvestissement : Si nous prenons notre argent et le mettons dans les énergies renouvelables comme les panneaux solaires, le monde pourrait être tellement meilleur.
Divestment Activist: If we take our money, put it into renewable like solar panels, the world could be such a better place.
SOURCE : Global Divestment Day 2015
SOURCE: Global Divestment Day 2015
Les masses, ayant identifié les oligarques du pétrole et leur emprise destructrice sur la planète, voient les grandes pétrolières décliner et ont commencé à se réjouir. Pour elles, la promesse d’un avenir post-carbone signifie la fin de l’oligarchie du pétrole.
The masses, having identified the oiligarchs and their destructive grip on the planet, see Big Oil waning and have begun to celebrate. To them, the promise of a post-carbon future represents the end of the oiligarchy.
Ce que beaucoup ne comprennent pas, cependant, c’est que l’ordre du pétrole n’a jamais été une affaire de pétrole. Les oligarques du pétrole ne se souciaient pas du pétrole, mais du contrôle. Et, s’étant depuis longtemps affranchis de leur dépendance financière envers la marchandise qui leur avait apporté pouvoir et richesse, ils sont à l’avant-garde de cette marche vers l’ère post-carbone.
What many do not realize, however, is that the oil order was never about oil. The oiligarchs did not care about oil but control. And, having long outgrown their financial dependence on the commodity that brought them their power and riches, they are at the forefront of this push for the post-carbon era.
Aujourd’hui, les oligarques du pétrole cherchent à instaurer un nouvel ordre international. Un ordre dans lequel leur contrôle est consolidé, leur plan achevé, leur pouvoir incontestable. Un ordre dans lequel chaque aspect de la vie humaine, de l’énergie à l’argent jusqu’au génome lui-même, est précisément ordonné et technologiquement contrôlé.
Now, the oiligarchs are seeking to bring in a new international order. One in which their control is consolidated, their plan complete, their power unquestionable. One in which every aspect of human life, from energy to money to the very genome itself, is precisely ordered and technologically controlled.
Voici l’histoire de ce que veulent vraiment les oligarques du pétrole, et de la manière dont ils comptent y parvenir.
This is the story of what the oiligarchs really desire, and how they plan to achieve it.
PREMIÈRE PARTIE : L’ESSOR DE L’EUGÉNISME
PART ONE: THE RISE OF EUGENICS
DACCA, 1963
DHAKA, 1963
C’est un jour comme les autres à Dacca. Les rues sont bondées, sales, misérables, malodorantes et grouillent littéralement de monde. Des gens couchés dans la rue. Recroquevillés dans les caniveaux. Au milieu de cette foule s’avance une silhouette des plus improbables. Dans son costume infroissable, serrant sa mallette contre lui, il détonne dans la foule. Il observe la scène, secoue très légèrement la tête et remarque, moitié pour lui-même, moitié pour son compagnon de voyage : « Eh bien, voilà le problème, n’est-ce pas ? »
It’s a day much like any other in Dhaka. The streets are crowded, dirty, squalid, smelly, and absolutely swarming with people. Lying in the streets. Coiled in the gutters. Into that swarm of people steps a most unlikely figure. Wearing his drip-dry suit and hugging his briefcase, he sticks out from the crowd. Surveying the scene, he shakes his head ever so slightly before remarking, half to himself and half to his traveling companion, “Well, that’s the problem, isn’t it?”
C’est une scène qui s’est souvent répétée : un touriste occidental submergé par les foules grouillantes du sous-continent indien. Mais ce n’était pas un simple touriste qui passait le temps pendant ses vacances. C’était John D. Rockefeller III, petit-fils du baron du pétrole John D. Rockefeller. Et, armé de la richesse, du pouvoir et de l’influence inimaginables que lui conférait son nom, il était en mission pour faire quelque chose contre le « problème » de la surpopulation.
It’s a scene that has played itself out many times: a Western tourist overwhelmed by the bustling crowds of the Indian subcontinent. But this was no mere tourist passing time on his holiday. This was John D. Rockefeller III, grandson of oil baron John D. Rockefeller. And, armed with the unimaginable wealth, power and influence that his family name bestowed on him, he was on a mission to do something about the “problem” of overpopulation.
Rockefeller abordait cette mission en tant que représentant du Population Council, un groupe qu’il avait lui-même fondé pour traiter le « problème » de Dacca et d’ailleurs. En apparence, le Population Council était une organisation simple avec une tâche simple : soutenir la recherche médicale et scientifique sur la question de la croissance de la population humaine. Mais l’histoire sombre du Council et la philosophie qui le guidait révèlent le véritable intérêt de Rockefeller pour ce « problème » et sa « solution » finale.
Rockefeller approached that mission as a representative of the Population Council, a group that he himself had founded to address the “problem” in Dhaka and elsewhere. On its surface, the Population Council was a straightforward organization with a straightforward task: to support medical and scientific research into the question of the growing human population. But the dark history of the Council and its guiding philosophy reveal Rockefeller’s true interest in this “problem” and its ultimate “solution.”
John D. Rockefeller III, ou JDR3, comme l’appelait la constellation de chercheurs, d’hommes d’affaires, de politiciens, de diplomates et de membres de familles royales gravitant autour de la famille Rockefeller, avait décidé très tôt de l’usage à faire de l’argent et du pouvoir considérables dont il disposait : contrôler la population de la planète. En 1934, JDR3, alors âgé de 28 ans, avait écrit à son père, John D. Rockefeller Jr., au sujet des recherches de la Fondation Rockefeller sur « le contrôle des naissances et les questions connexes », déclarant : « J’en suis arrivé assez nettement à la conclusion que c’est le domaine auquel je m’intéresserai, du moins pour l’instant, pour concentrer mes propres dons. »
John D. Rockefeller III — or JDR3, as he was known to the constellation of researchers, businessmen, politicians, diplomats and royals in the orbit of the Rockefeller family — had decided early on how to make proper use of the formidable money and power at his disposal: by controlling the population of the planet. In 1934, the then-28-year-old JDR3 had written a letter to his father, John D. Rockefeller, Jr., about the Rockefeller Foundation’s research into “birth control and related questions,” declaring, “I have come pretty definitely to the conclusion that it is the field in which I will be interested, for the present at least, to concentrate my own giving.”
JDR3 était avant tout un homme de parole. Après avoir commandé une mission d’enquête de la Fondation Rockefeller en Asie pour faire rapport sur la menace que représentait la croissance de la population du tiers-monde, il organisa une conférence des meilleurs chercheurs en médecine et en démographie de l’époque pour discuter, comme le formulait le titre même de la réunion, des « problèmes de population ». De cette réunion naquit l’idée d’une organisation, le Population Council, chargée d’orienter le développement du domaine naissant de la recherche sur la population et la fécondité. JDR3 donna personnellement 1,35 million de dollars de sa poche pour fonder le Council et couvrir ses premiers frais de fonctionnement.
JDR3 was nothing if not a man of his word. After commissioning a Rockefeller Foundation fact-finding mission to Asia to report on the threat of the growing Third World population, he organized a conference of the top medical and demographic researchers of the era to discuss — as the very title of the meeting termed it — “population problems.” From that meeting emerged the idea for an organization, the Population Council, to guide the development of the burgeoning field of population and fertility research. JDR3 personally donated $1.35 million of his own money to found the Council and provide its initial operating expenses.
Comme son père et son grand-père avant lui, Rockefeller avait appris à utiliser la philanthropie et la générosité comme masque de sa véritable intention : le contrôle. Mais ce masque glissa lorsqu’il rédigea un projet de statuts du Council révélant le véritable but de l’organisation. Le Council, selon JDR3, devait « promouvoir la recherche et appliquer les connaissances existantes pour aider à susciter des changements dans les attitudes, les habitudes et les pressions environnementales affectant la vie des êtres humains, de sorte que, dans chaque groupe social et économique, les parents supérieurs à la moyenne en intelligence, en qualité de personnalité et en affection tendent à avoir des familles plus nombreuses que la moyenne ».
Like his father and grandfather before him, Rockefeller had learned to use philanthropy and largesse as a mask for his true intention: control. But that mask slipped when he penned a draft of the Council’s charter revealing the organization’s true purpose. The Council, according to JDR3, would “promote research and apply existing knowledge to help develop such changes in the attitudes, habits and environmental pressures affecting the life of human beings so that within every social and economic grouping parents who are above the average in intelligence, quality of personality and affection will tend to have larger than average families.”
Thomas Parran, ancien Surgeon General des États-Unis et cofondateur du Council, mit en garde contre l’inclusion d’un aveu aussi brutal dans la déclaration de mission du Council. « Des questions comme les suivantes se posent », avertit-il. « Qui doit déterminer quels sont les “parents supérieurs à la moyenne en… affection” ? […] Et qui déciderait quelles personnes ont une personnalité supérieure à la moyenne ? Franchement, les implications de ceci, même si je sais qu’elles se voulaient eugéniques, pourraient facilement être comprises à tort comme une philosophie nazie de la race des seigneurs. J’ai donc reformulé ce paragraphe. »
Thomas Parran, the former Surgeon General of the United States and Council co-founder, warned against including such a blunt admission in the Council’s mission statement. “Such questions arise as the following,” he warned. “Who is to determine the ‘parents who are above average in…affection?’ […] Also, who would decide the persons having better than average personality? Frankly, the implications of this, while I know they were intended to have a eugenic implication, could readily be misunderstood as a Nazi master race philosophy. I have, therefore, recast this paragraph.”
La phrase fut retirée de la version définitive des statuts.
The line was dropped from the final version of the charter.
En vérité, cependant, cette phrase n’avait pas été écrite par JDR3 lui-même. Elle avait été recopiée mot pour mot de la quatrième de couverture d’Eugenical News, la publication centrale du mouvement eugéniste américain. Ce n’était pas un hasard. Frederick Osborne, l’un des cofondateurs du Council et son premier président après le départ de Rockefeller en 1957, était aussi président de l’American Eugenics Society. Lorsque le Population Council fut fondé, Osborne et l’American Eugenics Society qu’il dirigeait transférèrent officiellement leurs activités dans les bureaux new-yorkais du Council, la société eugéniste tirant désormais ses fonds directement de la subvention de Rockefeller au Population Council. Le Population Council était la société eugéniste sous un autre nom.
In truth, however, that sentence had not been written by JDR3 himself. Instead, it had been copied word for word from the back cover of Eugenical News, the central publication of the American eugenics movement. This was no mere accident. Frederick Osborne, one of the co-founders of the Council and its first president after Rockefeller stepped down in 1957, was also the president of the American Eugenics Society. When the Population Council was founded, both Osborne and the American Eugenics Society he directed formally moved its operations into the Council’s New York office, with the eugenics society now taking its funding directly from Rockefeller’s Population Council grant. The Population Council was the Eugenics Society under another name.
L’eugénisme. Voilà la vision qui guidait JDR3 et la « philanthropie » de la famille Rockefeller. Une vision qui faisait des Rockefeller et de leurs collègues oligarques du pétrole des familles supérieures, aptes, par le fait même de leur richesse et de leur réussite, à diriger le cours des événements mondiaux. Le pouvoir de déterminer qui était apte à se reproduire et qui était trop pauvre pour transmettre ses gènes.
Eugenics. This was the guiding vision of JDR3 and the Rockefeller family’s “philanthropy.” A vision that cast the Rockefellers and their fellow oiligarchs as superior families, fit, by very virtue of their wealth and success, to guide the course of world events. The power to determine who was fit to breed and who was too poor to pass on their genes.
Joe Plummer : L’eugénisme est essentiellement un mouvement au sein de l’élite visant à éradiquer ce qu’elle considère comme les classes inférieures, c’est-à-dire les classes sociales, raciales, ethniques inférieures. Plus ou moins tous ceux qui ne sont pas à la hauteur de ses critères. Et après avoir éradiqué ces classes, ce qu’ils veulent, c’est se perfectionner génétiquement à un niveau si élevé que la population restante qu’ils autorisent à exister en dessous d’eux n’aura jamais le pouvoir de les renverser. La fin de l’histoire, en somme.
Joe Plummer: Eugenics is basically a movement among the elite to eradicate what they deem the inferior classes, and that’s the inferior social classes, racial classes, ethnic classes. More or less everyone who isn’t up to their standards. And after eradicating those classes, what they aim to do is genetically engineer themselves to such a high level that the remaining population that they permit to exist beneath them will never have the power to overthrow them, essentially. The end of history.
Le terme lui-même a été forgé par Galton et signifie essentiellement « bien né ». L’idée est une sorte de mélange de plusieurs idées qui circulaient vers les années 1850. Si l’on remonte, par exemple, à Mendel : Mendel étudiait les caractères héréditaires chez les pois. Et il a pu établir que certains caractères se transmettaient et qu’on pouvait les déterminer et, en somme, les prédire.
So, the term itself was coined by Galton and it essentially means “well-born.” The idea is kind of a mix of a bunch of ideas that were circulating around the 1850s. So if you go back to, say, Mendel, Mendel was studying hereditary characteristics in pea plants. And he was able to determine that certain characteristics were being passed on and that these things could be determined and essentially predicted.
Et presque au même moment, vous avez Spencer, qui parlait de la « survie du plus apte », avec le même genre d’idée, le même fil conducteur. Qu’il existe des caractères génétiques qui rendraient une espèce, une plante ou un animal plus apte qu’un autre et plus capable de survivre.
And almost at the same time, now you have Spencer, who was talking about the “survival of the fittest,” with the same kind of idea, the same thread running through there. That there are genetic characteristics that exist that would make one species, one plant or animal more fit than another, and more capable of surviving.
Il y avait aussi, bien sûr, Darwin. L’œuvre de Darwin à l’époque, L’Origine des espèces, décrit en quelque sorte ce processus par lequel le matériel génétique se transmet et, vous savez, par lequel l’évolution se produit.
Also, of course, you had Darwin. Darwin’s work at the time, Origin of Species, kind of maps this process by which genetic material is passed along and, you know, evolution results through this process.
Galton reprend donc essentiellement toutes ces idées, et il était connu pour observer et repérer des schémas. Et ce qu’il a fait, en somme, c’est commencer à avancer l’idée qu’en étudiant les caractères humains, on pourrait, si on le voulait, élever des êtres humains supérieurs.
So Galton is essentially taking all of these ideas, and he was kind of known for observing and identifying patterns. And what he essentially did was [he] started to come up with this idea that through studying human characteristics they could, if they chose to, breed superior human beings.
Obsédés par l’élevage et l’hérédité familiale, les eugénistes croyaient que ce n’étaient pas seulement des caractères physiques comme le poids ou la taille qui étaient déterminés par la lignée, mais aussi des caractères sociaux comme l’intelligence, la conscience professionnelle ou même la criminalité. Si vous êtes pauvre, c’est que vous venez d’une souche pauvre. Si vous êtes criminel, c’est que votre lignée est criminelle. Et si vous êtes un Rockefeller, un Rothschild ou un membre d’une famille royale, vous êtes riche et prospère parce que votre famille était destinée à la fortune et au succès.
Obsessed with breeding and family heredity, the eugenicists believed that it was not merely physical characteristics like weight or height that were determined by one’s family line, but social characteristics, like intelligence or conscientiousness or even criminality. If you are poor, it’s because you come from poor stock. If you’re criminal, it’s because your family line is criminal. And if you’re a Rockefeller or a Rothschild or a royal, you are rich and successful because your family was destined for fortune and success.
Les oripeaux pseudoscientifiques de la philosophie eugéniste du XIXe siècle étaient peut-être nouveaux, mais en réalité l’idée est aussi vieille que la civilisation humaine. On a toujours appris aux gens à croire que leurs dirigeants étaient spéciaux, une classe à part, les membres d’une famille spécialement choisie pour régner sur les masses. Qu’ils soient littéralement descendants des dieux, comme les pharaons d’Égypte ou les empereurs du Japon, ou membres de familles choisies par Dieu pour régner sur leurs royaumes, comme les monarques d’Europe, le droit de régner sur les autres se transmettait par l’arbre généalogique. Le peuple, quant à lui, connaissait sa place ; n’étant pas de sang royal, il venait au monde serf, travaillait la terre au profit de la noblesse et, avec un peu de chance, avait des enfants qui répéteraient le cycle une génération de plus.
The pseudoscientific trappings of the 19th century eugenic philosophy may have been new, but in fact the idea is as old as human civilization itself. People have always been taught to believe that their rulers are special, a class apart, members of a family specially chosen to rule over the masses. Whether literal descendants of the gods, like the Pharoahs of Egypt or the Emperors of Japan, or members of families specially chosen by god to reign over their kingdoms, like the monarchs of Europe, the right to rule over others was something passed down through family trees. The commoners, meanwhile, knew their place; not being born of royal blood, they entered the world as serfs, worked the land for the benefit of the noble class, and, if they were lucky, had children of their own to repeat the cycle for another generation.
Mais l’effondrement de la féodalité médiévale fit naître une classe marchande nouvellement enrichie. Le développement de la méthode scientifique remit en cause des siècles de dogme religieux. La diffusion de la philosophie des Lumières conduisit au renversement des monarques et à l’essor de la démocratie. Et la révolution industrielle ouvrit la voie à l’ascension des barons voleurs et à la création d’immenses fortunes familiales nouvelles.
But the breakdown of medieval feudalism gave rise to a newly-wealthy merchant class. The development of the scientific method challenged centuries of religious dogma. The spread of Enlightenment philosophy to the toppling of monarchs and the rise of democracy. And the industrial revolution paved the way for the rise of the robber barons and the creation of vast new family fortunes.
À la fin du XIXe siècle, alors que les oligarques du pétrole en Amérique et en Europe commençaient à consolider leur richesse, il fallait une nouvelle justification à la domination de la société par une élite. Une justification qui abandonnait les références dépassées à un ordre surnaturel et semblait reposer sur le socle de la science. Une idée capable d’expliquer comment des parvenus nouveaux riches comme les Rockefeller et les Rothschild avaient pu s’élever aux premiers rangs de la société aux côtés des vieilles dynasties royales d’Europe.
By the late 19th century, as the oiligarchs in America and Europe began to consolidate their wealth, a new justification for elite rule of society was needed. One that discarded outdated appeals to supernatural order and seemed to rest on a bedrock of science. An idea that could explain how nouveau riche upstarts like the Rockefellers and Rothschilds had risen to positions of prominence in society alongside the old royal dynasties of Europe.
L’eugénisme convenait parfaitement. La réponse était dans leurs gènes.
Eugenics fit the bill perfectly. The answer was in their genes.
Richard Grove : Eh bien, je pense que cette idée eugéniste issue de la « survie du plus apte » fournit presque une excuse scientifique à certains des actes les plus inhumains et les plus horribles que l’humanité ait jamais conçus puis réalisés. L’idée de contrôler les gens en contrôlant la reproduction, la capacité reproductive, l’accès aux partenaires et ce genre de choses est vieille de plusieurs milliers d’années.
Richard Grove: Well, I think this eugenic idea that comes about from “survival of the fittest” almost gives a scientific excuse for some of the most inhumane and horrific actions that have ever been journeyed by humanity and then manifested. So the idea of controlling people through controlling reproduction, reproductive capability and access to mates and stuff like this is an idea that’s thousands of years old.
L’eugénisme […] est donc apparu sous une forme forte à la fin des années 1800, avec des gens comme les Darwin, les Wedgwood et les Huxley, en particulier Thomas H. Huxley, connu comme « le bouledogue de Darwin ». Ces idées eugénistes prennent donc vraiment leur essor à la fin des années 1800, et au début des années 1900, elles ont été adoptées par les mêmes familles que ces barons voleurs financés par le réseau bancaire des Rothschild, et aussi par la Fabian Society socialiste, qui comptait là encore beaucoup des mêmes personnages influents que ces hauts dignitaires de l’Empire britannique.
So eugenics […] came around in a strong form in the late 1800s, where you’ve got people like the Darwins, the Wedgwoods and the Huxleys — specifically Thomas H. Huxley, known as “Darwin’s bulldog.” So these ideas of eugenics really take on a new life of their own at the end of the 1800s, and coming into the 1900s, these ideas were embraced by the same families that were these robber barons that were being funded by [the] Rothschild banking network, also the Fabian socialist society, which again had a lot of the same movers and shakers as these people who were higher-ups in the British empire.
Donc […] il a montré son visage dans les années 1920 et 1930 dans ces campagnes de stérilisation forcée : si l’on pensait que vous aviez un QI faible ou une maladie congénitale transmissible, vous n’aviez pas le droit de vous marier et d’avoir des enfants.
So […] it reared its head in the 1920s and 1930s in these forced sterilization campaigns, where if they thought you had a low IQ or if you had some congenital disease that would be passed on, then you didn’t have the right to marry and have children.
L’eugénisme était bien sûr une pseudoscience. Lorsque Galton et ses compagnons de route commencèrent à élaborer la théorie, la découverte du mécanisme réel de l’hérédité, gènes et ADN compris, était encore à près de 100 ans de distance. Ils utilisaient à la place des termes fourre-tout sans définition, comme la « faiblesse d’esprit », pour diagnostiquer la pauvreté ou la criminalité, prétendant qu’elle était causée par un « plasma germinatif défectueux ». Ils utilisaient la phrénologie pour tenter de déterminer l’expression physique de l’alcoolisme ou d’une faible intelligence. Même les œuvres les plus célèbres de l’ère eugéniste, comme l’étude d’Henry Goddard sur la famille Kallikak, furent totalement discréditées, voire reniées par leurs auteurs.
Eugenics, of course, was pseudoscience. When Galton and his fellow travelers began developing the theory, the identification of the actual mechanism of heredity, including genes and DNA, was nearly 100 years away. Instead, they used catch-all terms with no definition — like “feeble-mindedness” to diagnose poverty or criminality, claiming it was caused by “defective germ plasm.” They used phrenology to try to determine the physical expression of alcoholism or low intelligence. Even the most famous works of the eugenics era, like Henry Goddard’s study of the Kallikak family, were roundly discredited and even repudiated by their authors.
Joe Plummer : C’est donc à 100 % pseudoscientifique. Les caractères qu’ils recherchent sont absolument arbitraires. Une chose comme la faiblesse d’esprit n’est pas seulement non scientifique, elle peut en somme être décrite de n’importe quelle façon, selon ce que veut l’observateur. Faible d’esprit pourrait vouloir dire que vous bégayez, donc vous êtes peut-être faible d’esprit, ou que vous êtes timide, donc vous êtes faible d’esprit. Peut-être qu’ils n’aiment simplement pas votre façon d’agir, donc vous êtes faible d’esprit.
Joe Plummer: So it’s 100% pseudo-scientific. It’s absolutely arbitrary, the characteristics that they’re looking for. Something like feeble-mindedness is something that is not only not scientific, it can essentially be described in any way by the person observing wants it to be described. So feeble-minded could mean that maybe you stutter so then you’re feeble-minded maybe, or you’re shy so you’re feeble-minded. Maybe they just don’t like the way you act so you’re feeble-minded.
Mais l’idée était contagieuse. Comme toutes les pseudosciences les plus séduisantes, elle expliquait tant de choses avec si peu d’effort. Elle flattait la vanité des chercheurs, généralement issus eux-mêmes de familles prospères et riches. Et elle fournissait un prétexte à une ingénierie sociale d’une ampleur jamais rêvée auparavant.
But the idea was an infectious one. Like all the most enticing pseudoscience, it explained so much with so little effort. It appealed to the vanity of the researchers, usually hailing from successful and wealthy families themselves. And it gave an excuse for social engineering on a scale never before dreamed of.
Lorsque l’eugénisme traversa l’Atlantique, passant de la campagne anglaise raffinée de Galton et de ses acolytes aux côtes rocheuses de l’Amérique, il frappa de jeunes chercheurs ambitieux comme Charles Davenport avec la force d’un ouragan. Zoologiste formé à Harvard, Davenport avait grandi dans une famille stricte et puritaine de congrégationalistes de Nouvelle-Angleterre ; son père autoritaire était obsédé par la généalogie et faisait remonter l’arbre familial jusqu’à ses ancêtres anglo-saxons en 1086. Lorsque le jeune Davenport découvrit les écrits de Galton en travaillant dans un laboratoire de biologie à Long Island, il trouva le but de sa vie. Comme il le déclara plus tard à l’American Breeders Association, qui devint une alliée importante de sa cause eugéniste : « La société doit se protéger ; de même qu’elle revendique le droit de priver le meurtrier de sa vie, elle peut aussi anéantir le hideux serpent du protoplasme irrémédiablement vicié. »
When eugenics crossed the Atlantic, spreading from the rarefied British countryside of Galton and his cohorts to the rocky shores of America, it hit ambitious young researchers like Charles Davenport with hurricane force. A Harvard-trained zoologist who had grown up in a strict, puritanical family of New England Congregationalists, Davenport’s authoritarian father was obsessed with genealogy, tracing the family tree all the way back to his Anglo-Saxon forebears in 1086. When the younger Davenport discovered Galton’s writing while working at a biological laboratory on Long Island, he found his purpose in life. As he later told the American Breeders Association, which became an important ally in his eugenicist cause: “Society must protect itself; as it claims the right to deprive the murderer of his life, so also it may annihilate the hideous serpent of hopelessly vicious protoplasm.”
Avec la ferveur prosélyte d’un converti religieux, Davenport conçut un projet ambitieux pour faire avancer la cause eugéniste : la création d’un Eugenics Record Office chargé d’enregistrer le profil génétique de chaque homme, femme et enfant d’Amérique (et, à terme, du monde), afin que chacun puisse être classé selon sa lignée et recevoir une note génétique. Une fois ce travail achevé, ceux qui avaient la plus faible valeur eugénique pourraient être éliminés du patrimoine génétique.
With the proselytizing fervour of a religious convert, Davenport concocted an ambitious idea for furthering the eugenic cause: the creation of a Eugenics Record Office to register the genetic background of every single man, woman and child in America (and, eventually, the world), so that every person could be categorized by their family line and assigned a genetic rating. Once completed, those with the lowest eugenic value could be eliminated from the gene pool.
Joe Plummer : L’idée de l’eugénisme arrive donc en Amérique, tombe entre les mains de Charles Davenport, qui sollicite des fonds auprès du Carnegie Institute, et au Cold Spring Harbor Laboratory ils créent en somme un institut pour étudier l’eugénisme, qui devient finalement, avec de l’argent des Harriman, l’Eugenics Record Office. Entre ce premier institut de Cold Spring Harbor et l’Eugenics Record Office qui s’y ajoute, on parle donc de millions et de millions de dollars de financement mis à disposition pour aller enquêter et trouver le « plasma germinatif » inférieur, c’est ainsi qu’on le décrit souvent.
Joe Plummer: So the idea of eugenics makes it way to America, lands in the lap of Charles Davenport, who approaches the Carnegie Institute for funding and on the Cold Spring Harbor Laboratory they set up essentially an institute to study eugenics, and this eventually evolves with some Harriman money into the Eugenics Records Office. So between this initial institute that’s set up at Cold Spring Harbor and then the Eugenics Record Office, which is also added to that, you’re talking about millions and millions and millions of dollars of funding that’s put forward to go out and investigate and find the inferior “germ-plasm” — that’s how it’s often described.
La première contribution de la Fondation Rockefeller à l’Eugenics Record Office, à peine 21 650 dollars, était une petite somme, mais elle s’accompagnait d’avantages évidents : non seulement l’infrastructure institutionnelle et le personnel de la Fondation et le prestige du nom Rockefeller lui-même, mais aussi la promesse d’un soutien accru à mesure que le travail avançait. Et comme toujours, les Rockefeller tinrent parole.
The Rockefeller Foundation’s initial contribution to the Eugenics Record Office, a mere $21,650, was a small sum, but it came with clear benefits: not only the institutional infrastructure and the personnel of the Foundation and the prestige of the Rockefeller name itself, but the promise of increased support as the work advanced. And as always, the Rockefellers were true to their word.
Des chercheurs de la Fondation Rockefeller comme William Welch, directeur fondateur du Rockefeller Institute for Medical Research, siégeaient au conseil de l’ERO et contribuaient à orienter ses activités. Les Rockefeller finançaient aussi des recherches précises, comme une subvention de 10 000 dollars pour recenser les inaptes eugéniques dans le comté de Nassau, à New York. Et ils créèrent des organisations sœurs comme le Bureau of Social Hygiene, qui échangeait recherches et chercheurs avec le laboratoire de Davenport.
Rockefeller Foundation researchers like William Welch, the founding director of the Rockefeller Institute for Medical Research, sat on the ERO’s board and helped direct its activities. The Rockefellers also provided funds for specific research, like a $10,000 grant to survey New York’s Nassau County for the eugenically unfit. And it created sister organizations like the Bureau of Social Hygiene, which cross-pollinated research and researchers with Davenport’s own laboratory.
John D. Rockefeller Jr. s’intéressa tout particulièrement au travail de Davenport dès le début. Ils entretenaient une correspondance régulière sur diverses questions d’eugénisme. En janvier 1912, lorsque fut lancé un projet d’internement des détenues « mentalement déficientes » pour les empêcher d’avoir des enfants, le jeune héritier Rockefeller écrivit à Davenport pour connaître son avis. Junior, pour sa part, déclara : « Ce projet me paraît d’une importance immense. Il indique une voie scientifique pour échapper aux maux que nos tribunaux sont censés corriger, mais qu’en réalité ils ne font qu’accroître. » Après que Davenport eut répondu que le projet ne fonctionnerait que s’il comprenait un examen eugénique des détenues, Junior versa 200 000 dollars pour fonder précisément un tel institut. L’Institute of Criminology de New York fut administré par le propre Bureau of Social Hygiene de Rockefeller et doté de personnel formé à l’Eugenics Record Office.
John D. Rockefeller, Jr. especially showed an interest in Davenport’s work right from the start. They kept up a regular correspondence on a number of eugenics issues. In January 1912, when a plan to institutionalize “mentally deficient” female convicts to stop them from having children was floated, the young Rockefeller heir wrote to Davenport for his thoughts on the scheme. For his part, Junior declared that “this plan seems to me an immensely important one. It points out a scientific way of escape from the evils which our courts are intended to correct but in reality only increase.” After Davenport responded that the plan would only work if it included a eugenical screening of the convicts, Junior contributed $200,000 to found just such an institute. The Institute of Criminology in New York was administered by Rockefeller’s own Bureau of Social Hygiene and staffed by workers trained at the Eugenics Record Office.
Porté par le soutien des riches et des puissants d’Amérique, l’eugénisme passa du dada pittoresque de quelques savants fous à la cause sociale de toute une génération. Économistes, politiciens, auteurs, militants : dans les années 1920, tous ceux qui comptaient vantaient la nécessité d’éradiquer le plasma germinatif des souches inférieures.
Fueled by the support of America’s rich and powerful, the field of eugenics transformed from the quaint hobbyhorse of a few mad scientists into the social cause of an entire generation. Economists, politicians, authors, activists — by the 1920s, everyone who was anyone was extolling the need to eradicate the germ-plasm of the lower stock.
Marie Stopes, célèbre pionnière du planning familial qui fonda en 1921 la première clinique de contraception de Grande-Bretagne dans le nord de Londres, fulminait contre les « hordes de défectueux » et réclamait la stérilisation obligatoire de ceux qu’elle jugeait « inaptes à la parentalité ».
Marie Stopes, the celebrated family planning pioneer who founded Britain’s first birth control clinic in North London in 1921, railed against “hordes of defectives,” calling for the compulsory sterilization of those she deemed “unfit for parenthood.”
Tommy Douglas, aujourd’hui vénéré au Canada comme un héros pour son rôle dans la création du système de santé du pays, présenta à l’université McMaster un mémoire de maîtrise préconisant que les « sous-normaux », les « défectueux » et les « crétins », comme les personnes ayant un QI faible ou des anomalies physiques, soient isolés « dans une ferme d’État ou dans une colonie où un surveillant compétent pourrait prendre les décisions à leur place », et appelant le gouvernement à certifier l’« aptitude mentale et physique » pour empêcher les « inaptes » de se reproduire.
Tommy Douglas, now venerated as a hero in Canada for his role in founding the nation’s health care system, submitted a Master’s thesis to McMaster University advocating that “subnormals,” “defectives” and “morons,” like those with low IQ or physical abnormalities, be isolated “on a state farm, or in a colony where decisions could be made for them by a competent supervisor,” and called on the government to certify “mental and physical fitness” to stop the “unfit” from breeding.
John Maynard Keynes, l’économiste qui nous a donné l’école keynésienne, encore populaire aujourd’hui chez les planificateurs centraux, fut lui-même président de la British Eugenics Society de 1937 à 1944.
John Maynard Keynes, the economist who gave us the Keynesian economic school that is still popular among central planners today, was himself president of the British Eugenics Society from 1937 to 1944.
Alexander Graham Bell est toujours vénéré comme l’inventeur du téléphone, mais il fut en réalité l’un des premiers soutiens de Charles Davenport et un membre fondateur du conseil scientifique de l’Eugenics Record Office. Il milita ouvertement pour l’« éradication de la race sourde », en demandant que l’État intervienne pour empêcher les sourds de se marier.
Alexander Graham Bell is still revered as the inventor of the telephone but was in fact an early supporter of Charles Davenport and a founding member of the Eugenic Records Office Board of Scientific Directors. He openly campaigned for the “eradication of the deaf race” by governments intervening to stop deaf people from marrying.
Le dramaturge et écrivain George Bernard Shaw, prix Nobel, préconisait la création d’une commission gouvernementale devant laquelle chacun devrait justifier son existence. Ceux qui n’y parviendraient pas devraient, selon Shaw, être tués par l’État.
Nobel Prize-winning playwright and author George Bernard Shaw advocated for the creation of a government panel that would require everyone to justify their existence before it. If they failed to do so, Shaw thought those people should be killed by the state.
George Bernard Shaw : … Mais il y a un nombre extraordinaire de gens que je voudrais tuer. Sans méchanceté ni animosité personnelle, mais cela doit être évident pour vous tous, vous devez tous connaître au moins une demi-douzaine de personnes qui ne servent à rien en ce monde. Qui causent plus d’ennuis qu’elles ne valent. Et je pense que ce serait une bonne chose de faire comparaître chacun devant une commission dûment constituée, tout comme il pourrait comparaître devant le percepteur, et, disons tous les cinq ans ou tous les sept ans, de le placer là et de lui dire : « Monsieur, ou madame, auriez-vous maintenant l’obligeance de justifier votre existence ? » Si vous ne pouvez pas justifier votre existence, si vous ne faites pas votre part parce que vous ne le voulez pas, si vous ne produisez pas autant que vous consommez, ou peut-être un peu plus, alors, de toute évidence, nous ne pouvons pas utiliser la grande organisation de notre société pour vous maintenir en vie. Parce que votre vie ne nous profite pas et ne peut pas être d’une grande utilité.
George Bernard Shaw: …But there are an extraordinary number of people whom I want to kill. Not in any unkind or personal spirit, but it must be evident to all of you — you must all know half a dozen people, at least — who are no use in this world. Who are more trouble than they are worth. And I think it would be a good thing to make everybody come before a properly-appointed board, just as he might come before the income tax commissioner, and, say, every five years, or every seven years, just put him there, and say: “Sir, or madam, now will you be kind enough to justify your existence?” If you can’t justify your existence, if you’re not pulling your weight because you won’t, if you’re not producing as much as you consume, or perhaps a little more, then, clearly, we cannot use the big organization of our society for the purpose of keeping you alive. Because your life does not benefit us and it can’t be of any much use.
SOURCE : George Bernard Shaw parle de la peine capitale
SOURCE: George Bernard Shaw talking about capital punishment
Finalement, grâce au financement et à la promotion des fondations, cet état d’esprit eugéniste se diffusa dans la culture populaire. L’American Eugenics Society parrainait des « concours de familles plus aptes » lors des foires agricoles, récompensant les familles qui obtenaient les meilleurs scores aux tests de « santé eugénique ». La Société parrainait aussi des concours récompensant les membres du clergé qui intégraient le message de l’eugénisme dans leurs sermons. L’eugénisme arriva même sur grand écran :
Eventually, with foundation funding and promotion, this eugenicist mindset filtered down into the popular culture. The American Eugenics Society sponsored “fitter family contests” at state fairs, awarding prizes to families scoring the highest on “eugenic health” tests. The Society also sponsored contests to award prizes to clergy who fit the message of eugenics into their sermons. Eugenics even found its way to the silver screen:
« Nous avons jugé nécessaire de soumettre le cas de votre famille à la commission médicale de l’État et, après examen, elle a décidé qu’une mesure importante s’imposait : faire stériliser toute votre famille. »
“We thought it necessary to present your family’s case to the state medical commission and after an examination they decided that there was one important action to take, to have your entire family sterilized.”
« Quoi, qu’est-ce que c’est ? Je ne sais pas de quoi vous parlez. »
“Why, what’s that? I don’t know what you’re talking about.”
« Eh bien, nous avons étudié l’histoire de votre famille, Alice, et la plupart des membres des trois dernières générations étaient faibles d’esprit, infirmes de naissance ou ivrognes invétérés. Au lieu de s’améliorer, chaque génération pose plus de problèmes. Or, dans cet État, nous avons une loi qui prévoit pour ces personnes une opération afin qu’il n’y ait plus d’enfants. »
“Well, we investigated your family’s history, Alice, and most of the past 3 generations have been feeble-minded, congenital cripples or habitual drunkards. Instead of improving, each generation is more of a problem. Now in this state we have a law which provides for such people to have an operation so there won’t be any more children.”
« Je vois. »
“I see.”
SOURCE : Tomorrow’s Children
SOURCE: Tomorrow’s Children
Mais populariser leurs idées n’était pas le but des eugénistes. Ils voulaient des actes. Et en l’occurrence, cela signifiait des mesures concrètes pour éliminer le plasma germinatif défectueux de la population humaine.
But merely popularizing their ideas was not the goal of the eugenicists. They wanted action. And in this case, that meant concrete steps toward eliminating the defective germ-plasm from the human population.
Le meurtre, approuvé par l’État, de ceux jugés inaptes était toujours une option sur la table. Et ce n’étaient pas seulement des dramaturges comme Bernard Shaw qui réclamaient des commissions de mort gouvernementales ; des eugénistes de tous bords discutaient et débattaient de l’idée de « tuer les dégénérés » comme moyen le plus rapide d’atteindre leurs objectifs.
Government-sanctioned murder of those deemed unfit was always one option on the table. And it wasn’t just playwrights like Bernard Shaw advocating for government death panels; eugenicists of all stripes discussed and debated the idea of “murdering degenerates” as the quickest way of achieving their goals.
« Le respect mal placé pour ce que l’on croit être des lois divines et une croyance sentimentale dans le caractère sacré de la vie humaine tendent à empêcher à la fois l’élimination des nourrissons défectueux et la stérilisation des adultes qui n’ont eux-mêmes aucune valeur pour la communauté. Les lois de la nature exigent l’effacement des inaptes, et la vie humaine n’a de valeur que lorsqu’elle est utile à la communauté ou à la race. » – Madison Grant, directeur de l’American Eugenics Society, 1915
“Mistaken regard for what are believed to be divine laws and a sentimental belief in the sanctity of human life tend to prevent both the elimination of defective infants and the sterilization of such adults as are themselves of no value to the community. The laws of nature require the obliteration of the unfit and human life is valuable only when it is of use to the community or race.” — Madison Grant, director of the American Eugenics Society, 1915
Mais les eugénistes du courant dominant comprirent que cette approche n’était pas possible dans le climat politique et judiciaire de l’époque. Comme le nota Henry Goddard dans sa tristement célèbre étude The Kallikak Family : « Pour l’idiot profond, l’infortuné repoussant que l’on peut voir dans nos établissements, certains ont proposé la chambre létale. Mais l’humanité s’éloigne constamment de la possibilité de cette méthode, et il n’est pas probable qu’elle soit jamais pratiquée. »
But mainstream eugenicists realized that this approach was not possible in the political and judicial climate of the day. As Henry Goddard noted in his infamous study on The Kallikak Family: “For the low-grade idiot, the loathsome unfortunate that may be seen in our institutions, some have proposed the lethal chamber. But humanity is steadily tending away from the possibility of that method, and there is no probability that it will ever be practiced.”
Ils devraient donc se tourner vers l’autre option, la solution politiquement plus acceptable pour empêcher les indésirables de se reproduire : la stérilisation forcée.
Instead, they would have to turn to the other option, the more politically acceptable solution for stopping the undesirables from breeding: forced sterilization.
L’Indiana adopta en 1907 la première loi américaine de stérilisation eugénique et, en quelques années à peine, une douzaine d’États stérilisaient légalement contre leur gré ceux qui étaient jugés « inaptes ». Mais cela ne suffisait toujours pas aux eugénistes. L’approche était trop dispersée : seules quelques milliers de stérilisations avaient été pratiquées en vertu de ces lois, et la loi de stérilisation forcée de l’Indiana fut elle-même annulée par la Cour suprême de l’État en 1921.
Indiana passed America’s first eugenic sterilization law in 1907, and within only a few years there were a dozen states where those deemed “unfit” were being legally sterilized against their will. But still, this was not enough for the eugenicists. The approach was too scattershot: only a few thousand sterilizations had taken place under these laws, and Indiana’s own forced sterilization act was overturned by the state’s Supreme Court in 1921.
Une fois encore, Harry Laughlin, le bras droit de Davenport à l’Eugenics Record Office financé par Rockefeller, intervint pour résoudre le problème. Il rédigea en 1922 une « loi type de stérilisation eugénique » qui servit de base à la loi de stérilisation de la Virginie de 1924. Pour affronter les questions de front, les eugénistes décidèrent de contester eux-mêmes la constitutionnalité de la loi et de porter l’affaire jusqu’à la Cour suprême. Il ne leur fallait que la bonne affaire test. Et ils la trouvèrent en Carrie Buck, une pupille de 18 ans de la Virginia State Colony for Epileptics and Feebleminded, qui n’était ni épileptique ni faible d’esprit.
Once again, Harry Laughlin, Davenport’s right-hand man at the Rockefeller-funded Eugenics Records Office, stepped in to solve the problem. He drafted a “Model Eugenic Sterilization” law in 1922 that became the basis for Virginia’s 1924 sterilization act. To confront the issues head on, the eugenicists decided to challenge the law’s constitutionality themselves and take the lawsuit all the way to the Supreme Court. All they needed was the right test case to bring to trial. And they found that case in Carrie Buck, an 18-year-old ward of the Virginia State Colony for Epileptics and Feebleminded, who was neither epileptic nor feeble-minded.
Amy Goodman : Mais commençons dans les années 1920 avec Carrie Buck.
Amy Goodman: But start back in the 1920s with Carrie Buck.
Adam Cohen : C’est une jeune femme qui grandit à Charlottesville, en Virginie, élevée par une mère seule. À l’époque, on croyait qu’il valait souvent mieux retirer les enfants pauvres à leurs parents et les placer dans des foyers de la classe moyenne. Elle fut donc placée dans une famille d’accueil qui la traitait très mal. Elle n’avait pas le droit d’appeler les parents « maman » et « papa ». Elle faisait beaucoup de ménage pour eux et était louée aux voisins. Et puis, un été, elle fut violée par le neveu de sa mère d’accueil. Elle tombe enceinte hors mariage. Et au lieu de l’aider dans cette grossesse, ils décident de la faire déclarer épileptique et faible d’esprit, bien qu’elle ne soit ni l’un ni l’autre, et elle est envoyée à la Colonie pour épileptiques et faibles d’esprit près de Lynchburg, en Virginie.
Adam Cohen: So she’s a young woman who is growing up in Charlottesville, Virginia, being raised by a single mother. Back then, there was a belief that it was better often to take poor children away from their parents and put them in middle-class homes. So she was put in a foster family that treated her very badly. She wasn’t allowed to call the parents “mother” and “father.” She did a lot of housekeeping for them and was rented out to the neighbors. And then, one summer, she was raped by the nephew of her foster mother. She becomes pregnant out of wedlock. And rather than help her with this pregnancy, they decide to get her declared epileptic and feeble-minded, though she was neither, and she’s shipped off to the Colony for Epileptics and Feebleminded outside of Lynchburg, Virginia.
Goodman : Et que lui est-il arrivé là-bas ?
Goodman: And what happened to her there?
Cohen : Elle arrive au pire moment. La Virginie vient d’adopter une loi de stérilisation eugénique et veut la tester devant les tribunaux. Ils se saisissent donc de Carrie Buck comme de la plaignante parfaite pour ce procès. Ils décident d’en faire la première personne stérilisée pour raisons eugéniques en Virginie, et soudain elle se retrouve au cœur d’une affaire qui se dirige vers la Cour suprême des États-Unis.
Cohen: So she gets there at just the wrong time. Virginia has just passed an eugenics sterilization law, and they want to test it in the courts. So they seize on Carrie Buck as the perfect plaintiff in this lawsuit. So they decide to make her the first person in Virginia who will be eugenically sterilized, and suddenly she’s in the middle of a case that’s headed to the U.S. Supreme Court.
SOURCE: Buck v. Bell: Inside the SCOTUS Case That Led to Forced Sterilization of 70,000 & Inspired the Nazis
L’affaire était une mascarade, montée uniquement pour obtenir l’aval de la Cour suprême sur la question de la stérilisation forcée. L’« avocat indépendant » de Buck était en réalité Irving Whitehead, l’un des directeurs fondateurs de la colonie qui poussait à sa stérilisation, et l’homme qui avait nommé le directeur qui réclamait sa stérilisation. Buck elle-même n’était pas faible d’esprit, ni sa mère, ni sa fille Vivian Buck, que Carrie mit au monde à la suite du viol et qui fut déclarée « faible d’esprit » dès le berceau parce que, comme en témoigna une assistante sociale au procès, « il y a quelque chose dans son regard qui n’est pas tout à fait normal, mais quoi exactement, je ne saurais le dire ».
The case was a sham, concocted merely to get the Supreme Court’s stamp of approval on the issue of forced sterilization. Buck’s “independent counsel” was, in fact, Irving Whitehead, one of the founding directors of the colony that was pushing to sterilize her and the man who appointed the director that was pushing for her sterilization. Buck herself was not feeble-minded, nor was her mother, nor was her daughter, Vivian Buck, who Carrie bore as a result of being raped and who was declared “feeble-minded” as a baby, because, as a social worker testified during the trial, “There is a look about it that is not quite normal, but just what it is, I can’t tell.”
Aucun de ces faits n’eut d’importance pour la Cour suprême. Présidée par l’ancien président et juge en chef William Howard Taft, la Cour vota à 8 contre 1 pour confirmer la stérilisation forcée de Buck et la constitutionnalité de la loi de stérilisation eugénique de la Virginie elle-même. L’arrêt fut rédigé par l’un des juges les plus célèbres et les plus vénérés de l’histoire de la Cour, Oliver Wendell Holmes Jr., lui-même eugéniste issu du cercle des « Brahmanes de Boston », l’establishment héréditaire de la côte Est.
None of these facts mattered to the Supreme Court. Presided over by former President and Chief Justice William Howard Taft, the Court voted 8-to-1 in favor of upholding Buck’s forced sterilization and the constitutionality of the Virginia eugenics sterilization law itself. Writing the decision was one of the most famous and venerated Justices in the history of the court, Oliver Wendell Holmes, Jr., himself a eugenicist from the so-called “Boston Brahmin” sect of the hereditary East Coast establishment.
Dans son arrêt, Holmes justifia la stérilisation forcée de personnes comme Buck en invoquant le droit de l’État de vacciner ses citoyens contre leur gré :
In his decision, Holmes justified the forced sterilization of those like Buck by calling on the government’s right to vaccinate its citizens against their will:
« Il vaut mieux pour le monde entier que, au lieu d’attendre d’exécuter une descendance dégénérée pour ses crimes ou de la laisser mourir de faim à cause de son imbécillité, la société puisse empêcher ceux qui sont manifestement inaptes de perpétuer leur espèce. Le principe qui fonde la vaccination obligatoire est assez large pour couvrir la ligature des trompes », déclara-t-il, avant de conclure par la phrase tristement célèbre : « Trois générations d’imbéciles, c’est assez. »
“It is better for all the world if, instead of waiting to execute degenerate offspring for crime or to let them starve for their imbecility, society can prevent those who are manifestly unfit from continuing their kind. The principle that sustains compulsory vaccination is broad enough to cover cutting the Fallopian tubes,” he declared before infamously concluding: “ Three generations of imbeciles are enough.”
Et avec cela, les vannes furent ouvertes. De nouvelles lois furent adoptées et d’anciennes révisées pour se conformer à l’arrêt de la Cour suprême. Les stérilisations forcées, pratiquées auparavant de façon discrète et sans bruit, étaient désormais annoncées avec fierté. Quelques milliers de personnes stérilisées contre leur gré devinrent des dizaines de milliers. L’ère de l’eugénisme, née des immenses fortunes des Rockefeller et de leurs semblables, était arrivée. Et, avec une impulsion très spectaculaire des Rockefeller, elle allait bientôt devenir internationale.
And with that, the floodgates were opened. New laws were enacted and old laws revised to comport with the Supreme Court’s decision. Forcible sterilizations, taking place in a covert and low-key manner before, were now reported with pride. A few thousand individuals sterilized against their will became tens of thousands. The eugenics era, brought into being by the immense fortunes of the Rockefellers and their ilk, had arrived. And, with the aid of a very dramatic push by the Rockefellers, it was about to go international.
À partir de novembre 1922, et de plus en plus au cours des années 1920, la Fondation Rockefeller accorda une série de subventions et de bourses à des scientifiques allemands. Équivalant à des millions de dollars d’aujourd’hui, ces bourses transformèrent le monde scientifique allemand, dévasté au lendemain de la Première Guerre mondiale. L’argent de la Fondation alla remplir les caisses des Instituts Kaiser-Wilhelm, une série d’organismes scientifiques qui comprenaient un Institut de psychiatrie et un Institut d’anthropologie, d’hérédité humaine et d’eugénisme.
Beginning in November 1922 and increasingly throughout the 1920s, the Rockefeller Foundation began a series of grants and fellowships to German scientists. Equivalent to millions of dollars in today’s money, these fellowships transformed the German scientific establishment, devastated in the wake of World War I. The Foundation’s money found its way into the coffers of the Kaiser Wilhelm Institutes, a series of scientific organizations that included an Institute for Psychiatry and an Institute for Anthropology, Human Heredity and Eugenics.
L’un des principaux bénéficiaires de cette largesse des Rockefeller fut Ernst Rüdin, chercheur principal à l’Institut Kaiser-Wilhelm de psychiatrie et l’un des principaux architectes du programme eugéniste allemand sous le Troisième Reich. Rüdin coédita les règles officielles et le commentaire de la loi sur la prévention d’une descendance atteinte de maladies héréditaires, adoptée le 14 juillet 1933, moins de six mois après que Hitler eut été nommé chancelier par le président Paul von Hindenburg. Cette loi, comme la loi de Virginie que la Cour suprême avait confirmée et qui avait conduit à la stérilisation de Carrie Buck et de dizaines de milliers d’autres Américains, était calquée sur la loi type de stérilisation eugénique de Harry Laughlin. Elle créa des « tribunaux de santé héréditaire » qui pouvaient ordonner la stérilisation des « défectueux » dans huit catégories : les faibles d’esprit, les schizophrènes, les maniaco-dépressifs, les personnes atteintes de la chorée de Huntington, les épileptiques, les personnes atteintes de malformations héréditaires, les aveugles et les sourds. Les alcooliques, neuvième catégorie, pouvaient facultativement être ajoutés à la liste, avec une mise en garde contre l’inclusion des simples ivrognes. À la fin de l’année, 62 400 Allemands avaient été jugés inaptes à se reproduire et stérilisés contre leur gré. En 1945, ce nombre avait atteint 400 000.
One of the main beneficiaries of this Rockefeller largesse was Ernst Rüdin, a head researcher at the Kaiser Wilhelm Institute for Psychiatry and a key architect of Germany’s eugenics program under the Third Reich. Rüdin co-edited the official rules and commentary on the Law for the Prevention of Defective Progeny, which was passed on July 14, 1933, less than six months after Hitler was appointed interim chancellor by President Paul von Hindenburg. The law, like the Virginia law that the Supreme Court upheld and that led to the sterilization of Carrie Buck and tens of thousands of other Americans, was modeled on Harry Laughlin’s Model Eugenic Sterilization legislation. It formed “Genetic Health Courts” which could mandate sterilization of “defectives” in eight different categories: the feeble-minded, schizophrenics, manic depressives, sufferers of Huntington’s chorea, epileptics, those with hereditary deformities, the blind and the deaf. Alcoholics, a ninth category, were to be optionally added to the list, with a caution against inclusion of ordinary drunkards. By the end of the year, 62,400 Germans were found unfit to breed and sterilized against the will. By 1945, that number had reached 400,000.
Dans les années 1940, ce programme eugéniste s’étendit à l’« euthanasie » avec le programme Aktion T4, qui aboutit au meurtre de plus de 70 000 enfants, personnes âgées et patients psychiatriques par le régime nazi.
In the 1940s, that eugenics program was to expand into euthanasia under the Aktion T4 program, resulting in over 70,000 children, senior citizens, and psychiatric patients being murdered by the Nazi regime.
Lorsque la poussière de la Seconde Guerre mondiale retomba, le mot « eugénisme » était devenu synonyme de nazisme dans l’esprit du grand public. Les eugénistes, indignés, savaient que leur travail ne pouvait plus se poursuivre sous le nom d’eugénisme. Mais cela ne voulait pas dire qu’il ne pouvait pas se poursuivre.
As the dust settled on World War II, the name of “eugenics” became synonymous with the Nazis in the minds of the general public. The eugenicists, outraged, knew that their work could not continue any longer under the name of eugenics. But that didn’t mean that it couldn’t continue.
Richard Grove : Après la Seconde Guerre mondiale, on n’en entend donc plus parler sous le nom d’eugénisme. Ce qu’on entend, c’est biologie moléculaire, et ce genre de termes courants développés par la Fondation Rockefeller, l’une des familles qui, en Amérique principalement, aidaient à financer cela en Amérique, en Grande-Bretagne, en Allemagne, et qui finançaient aussi Hitler à l’époque. Il y a donc beaucoup de recoupements entre les gens qui finançaient réellement un génocide et les gens qui avaient des idées sur l’élimination d’une partie de la population, le contrôle de la population et la stérilisation des gens, et ces idées perdurent et imprègnent la société jusqu’à aujourd’hui.
Richard Grove: So after World War II you don’t hear about it anymore as eugenics. What you hear is molecular biology, and these sorts of colloquial terms that were developed by the Rockefeller Foundation, which was one of the families primarily in America that was helping to fund it in America, in Britain, in Germany, who also funded Hitler during that time. So there’s a lot of overlaps between the people who were actually out there funding genocide and the people who had ideas about culling the population, population control and sterilizing people, and these ideas go on and permeate society to this day.
Comme l’écrivit Frederick Osborne, cofondateur de l’American Eugenics Society : « Les objectifs eugéniques ont plus de chances d’être atteints sous un autre nom que celui d’eugénisme. » Il installa donc l’American Eugenics Society dans les bureaux du Population Council de John D. Rockefeller III, dont il devint président en 1957.
As American Eugenics Society co-founder Frederick Osborne wrote: “Eugenic goals are most likely to be attained under a name other than eugenics.” Thus, he moved the American Eugenics Society into the offices of John D. Rockefeller III’s Population Council, becoming president in 1957.
Les Rockefeller et leurs collègues oligarques du pétrole s’étaient considérés depuis des générations comme les gardiens de la planète, la protégeant contre la marée montante des génétiquement inférieurs. Ils n’allaient pas renoncer à cette quête. Il leur suffirait de l’emballer sous un autre nom.
The Rockefellers and their fellow oiligarchs had for generations felt themselves to be stewards of the planet, protecting it from the rising tide of the genetically inferior. They were not about to give up that quest. They would simply have to package it under a different name.
DEUXIÈME PARTIE : LES OLIGARQUES DU PÉTROLE POUR LE CHANGEMENT CLIMATIQUE
PART TWO: OILIGARCHS FOR CLIMATE CHANGE
Maurice Strong : Avec toutes les preuves que nous avons accumulées pendant nos préparatifs de la conférence de Stockholm, y compris l’avis de nombreux grands scientifiques du monde, je suis convaincu qu’il faut prendre au sérieux les prophètes de malheur. Autrement dit, l’apocalypse est une possibilité. Je suis tout aussi convaincu que l’apocalypse n’est pas inévitable. »
Maurice Strong: With all the evidence that we’ve amassed in our preparations for the Stockholm Conference, including the views of many of world’s leading scientists, I am convinced that the prophets of doom have got to be taken seriously. In other words, doomsday is a possibility. I am equally convinced that doomsday is not inevitable.”
Sur le papier, il serait presque impossible de trouver un candidat moins probable que Maurice Strong au titre de « parrain » du mouvement écologiste moderne. Issu d’une famille pauvre du Manitoba rural durement frappée par la Grande Dépression et sorti de l’école avant la fin du collège, Strong connut une ascension fulgurante vers les sommets de la richesse et de l’influence politique qui est en soi remarquable. Plus remarquable encore est le nombre d’organisations environnementales qu’il fonda, de conférences qu’il présida, de campagnes qu’il dirigea et de distinctions qu’il reçut au cours de sa carrière : organisateur de la conférence de Stockholm sur l’environnement, directeur fondateur du Programme des Nations unies pour l’environnement, secrétaire général du Sommet de la Terre de Rio, fondateur du Conseil de la Terre et du mouvement de la Charte de la Terre, président du World Resources Institute, membre de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement, et administrateur d’une liste déroutante d’organisations, de l’International Institute for Sustainable Development au Stockholm Environment Institute en passant par l’African-American Institute.
On paper, it would be almost impossible to find a less likely candidate for “Godfather” of the modern environmental movement than Maurice Strong. A junior high school dropout from a poor family in rural Manitoba struck hard by the great depression, Strong’s meteoric rise to the heights of wealth and political influence is itself remarkable. The sheer number of environmental organizations that he founded, conferences he chaired, campaigns he directed and accolades he received over the course of his career is even more remarkable: Organizer of the Stockholm Environmental Conference, founding director of the United Nations Environment Program, Secretary General of the Rio Earth Summit, founder of the Earth Council and the Earth Charter movement, chair of the World Resources Institute, commissioner of the World Commission on Environment and Development, and board member of a bewildering array of organizations, from the International Institute for Sustainable Development to the Stockholm Environment Institute to the African-American Institute.
Mais la chose la plus remarquable à propos de Strong, figure omniprésente du mouvement écologiste du XXe siècle, était peut-être son parcours : un millionnaire lié aux Rockefeller, issu des champs pétroliers de l’Alberta, qui partageait son temps entre les campagnes écologistes et la direction de grandes compagnies pétrolières.
But perhaps the most remarkable thing about Strong, this ubiquitous figure of the 20th century environmental movement, was his background: a Rockefeller-connected millionaire from the Alberta oil patch who divided his time between environmental campaigning and running major oil companies.
Pour comprendre comment on en est arrivé là, il faut examiner l’histoire de l’émergence du mouvement écologiste. Dans l’après-guerre, le désir de contrôler la population revêtit un nouveau masque : protéger le monde contre l’épuisement des ressources, la pollution et la catastrophe écologique. Et, comme toujours, la famille Rockefeller était là pour fournir le financement et le soutien organisationnel permettant d’orienter ce mouvement naissant vers ses propres fins.
To understand how this came about, we have to examine the history of the emergence of the environmental movement. In the post-war period, the desire to control the population put on a new mask: protecting the world from resource depletion, pollution and ecological catastrophe. And, as always, the Rockefeller family was there to provide the funding and organizational support to steer this burgeoning movement toward their own ends.
Raymond Burr : Le président Nixon et le Congrès des États-Unis ont créé la Commission sur la croissance démographique et l’avenir de l’Amérique. Le président de cette commission unique est John D. Rockefeller III.
Raymond Burr: President Nixon and the United States Congress established the Commission on Population Growth and the American Future. The chairman of this unique commission is John D. Rockefeller III.
John D. Rockefeller III : C’est un mandat très vaste. Personne n’en avait eu de cette nature auparavant, et c’est de là que la question de la qualité de vie s’est imposée comme la question apparemment centrale.
John D. Rockefeller III: There’s a very broad-ranging mandate. Nobody’s had one of this character before and just from that this question of quality of life just emerged as the seemingly key issue.
Burr : Mais la principale conclusion était qu’une stabilisation, sous une forme ou une autre, est clairement souhaitable pour le pays.
Burr: But the main finding was that stabilization of some kind is clearly desirable for the country.
JDR3 : Oui, nous avons dit qu’il est reconnu que la population ne peut pas continuer à croître indéfiniment. Personne ne le conteste, et nous avons dit, d’après nos conclusions, que la nation devrait désormais accueillir et planifier une population stabilisée. Toute la question de la pollution, de l’environnement et de la population est passée au premier plan avec une rapidité étonnante, et le président Nixon a fait en juillet 1969 une déclaration au Congrès consacrée exclusivement à ce sujet. J’aimerais en lire juste deux phrases, car je pense qu’elles témoignent de son inquiétude à ce sujet et de la conscience qu’il a de son importance ici et dans le monde. Il a dit : « L’un des défis les plus graves pour le destin humain dans le dernier tiers de ce siècle sera la croissance de la population. Que la réponse de l’homme à ce défi soit en l’an 2000 une source de fierté ou de désespoir dépendra beaucoup de ce que nous faisons aujourd’hui. »
JDR3: Yes, we said that it is recognized that population cannot continue to grow indefinitely. Nobody question that and we said from our findings (that) we felt that now the nation should welcome and plan for a stabilized population. The whole question of pollution, environment and population came very much to the fore in amazingly rapid time and President Nixon in July of 1969 made a statement to the Congress exclusively on this question, and I’d like to read just two sentences from that statement, as I think it’s indicative of his concern in regard to the subject and his recognition of its importance here and around the world. He said, “One of the most serious challenges to human destiny in the last third of this century will be the growth of the population. Whether man’s response to this challenge will be a cause for pride or for despair in the year 2000 will depend very much on what we do today.”
SOURCE : Survival Of Spaceship Earth (1972)
Aux côtés des Rockefeller, leurs collègues oligarques du pétrole de l’autre côté de l’Atlantique façonnèrent le mouvement écologiste international, notamment la famille royale britannique derrière BP et la famille royale néerlandaise derrière Royal Dutch Shell. Et celui qui facilita la transition de l’eugénisme au contrôle de la population puis à l’écologisme fut Julian Huxley, frère d’Aldous Huxley, l’auteur du Meilleur des mondes, et petit-fils du « bouledogue de Darwin », T.H. Huxley.
Joining the Rockefellers in shaping the international environmental movement were their fellow oiligarchs across the Atlantic, including the British royals behind BP and the Dutch Royals behind Royal Dutch Shell. And facilitating the transition from eugenics to population control to environmentalism was Julian Huxley, brother of Brave New World author Aldous Huxley and grandson of “Darwin’s bulldog” T.H. Huxley.
Julian Huxley était un eugéniste convaincu, président de la British Eugenics Society de 1959 à 1962. Mais, comme les autres eugénistes de l’après-guerre, il comprenait la nécessité de poursuivre le travail désormais discrédité de l’eugénisme sous un autre déguisement. Directeur fondateur de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), Huxley écrivit dans le document fondateur de l’agence qu’il fallait trouver des moyens de rendre la cause de l’eugénisme à nouveau politiquement viable :
Julian Huxley was a committed eugenicist, chairing the British Eugenics Society from 1959 to 1962. But, like the other eugenicists of the post-war era, he understood the need to pursue the now-discredited work of eugenics under a different guise. The founding director of the United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization (UNESCO), Huxley wrote in the agency’s founding document about the need to find ways to make the cause of eugenics politically viable once again:
« Pour le moment, il est probable que l’effet indirect de la civilisation soit dysgénique plutôt qu’eugénique ; et en tout cas, il semble probable que le poids mort de la bêtise génétique, de la faiblesse physique, de l’instabilité mentale et de la prédisposition aux maladies, qui existent déjà dans l’espèce humaine, se révélera un fardeau trop lourd pour qu’un véritable progrès puisse être accompli. Ainsi, même s’il est tout à fait vrai qu’une politique eugénique radicale sera pendant de nombreuses années politiquement et psychologiquement impossible, il sera important pour l’UNESCO de veiller à ce que le problème eugénique soit examiné avec le plus grand soin et que l’opinion publique soit informée des enjeux, afin que beaucoup de ce qui est aujourd’hui impensable puisse au moins devenir pensable. »
“At the moment, it is probable that the indirect effect of civilisation is dysgenic instead of eugenic; and in any case it seems likely that the dead weight of genetic stupidity, physical weakness, mental instability, and disease-proneness, which already exist in the human species, will prove too great a burden for real progress to be achieved. Thus even though it is quite true that any radical eugenic policy will be for many years politically and psychologically impossible, it will be important for UNESCO to see that the eugenic problem is examined with the greatest care, and that the public mind is informed of the issues at stake so that much that now is unthinkable may at least become thinkable.”
Huxley trouva la façade idéale pour réintroduire ces idées eugéniques « impensables » en 1948, lorsqu’il se servit de l’UNESCO comme tremplin pour fonder l’Union internationale pour la conservation de la nature, puis de nouveau en 1961, lorsqu’il se servit de cette agence comme tremplin pour créer le World Wildlife Fund. Aux côtés de Huxley, les cofondateurs du fonds n’étaient pas seulement le prince Bernhard des Pays-Bas, fondateur du groupe Bilderberg et ancien employé du conglomérat IG Farben, et le prince Philip d’Angleterre, mais aussi Godfrey A. Rockefeller, de la dynastie Rockefeller. Ensemble, ils s’engagèrent à « mobiliser l’opinion publique et éduquer le monde sur la nécessité de la conservation ».
Huxley found the perfect front for the re-introduction of those “unthinkable” eugenical ideas in 1948, when he used UNESCO as a springboard for founding the International Union for the Conservation of Nature, and then again in 1961, when he used that agency as a springboard to create the World Wildlife Fund. Joining Huxley as co-founders of the fund were not only Prince Bernhard of the Netherlands, founder of the Bilderberg Group and former employee of the IG Farben conglomerate, and Prince Philip of England, but Godfrey A. Rockefeller of the Rockefeller dynasty. Together, they pledged to “harness public opinion and educate the world about the necessity for conservation.”
Des années d’« éducation » sur la pression que la croissance de la population humaine exerçait sur les ressources de la terre, payées par ces mêmes oligarques du pétrole qui venaient de passer un siècle à monopoliser l’une des ressources clés du monde, menèrent inévitablement à une conclusion prévisible :
Years of “education” about the strain that the growing human population put on the resources of the earth, paid for by the very oiligarchs who had just spent the past century monopolizing one of the world’s key resources, led, inevitably to a predictable conclusion:
Hugh Downs : Pour la première fois dans l’histoire de l’homme, un mouvement international est en marche. Les peuples des nations et les nations du monde se sont unis pour trouver les réponses. Ce bâtiment et les représentants du monde détiennent la solution. Nous avons vu ce que nous avons fait pour provoquer la destruction de notre Terre. N’est-il pas temps maintenant de guérir la maladie que nous avons nous-mêmes créée ?
Hugh Downs: Now for the first time in the history of man, an international movement is underway. The people of the nations and the nations of the world have joined together to find the answers. This building and the worlds representatives hold the solution. We’ve seen what we’ve done to bring about the destruction of our Earth. Is it not the time now to cure the disease that we ourselves have created?
SOURCE : Survival Of Spaceship Earth (1972)
Oui, le « remède » à la « maladie » humaine, selon cette propagande financée par Rockefeller et mettant en scène John D. Rockefeller III en commentateur expert, se trouvait aux Nations unies, dont le siège avait été si gracieusement offert par la famille Rockefeller elle-même. Et le premier pas vers ce remède fut l’organisation de la Conférence des Nations unies sur l’environnement humain à Stockholm en 1972, la première conférence internationale sur l’environnement au monde.
Yes, the “cure” for the “disease” of mankind, according to Rockefeller-funded propaganda featuring John D. Rockefeller III as an expert commentator, was to be found at the United Nations, whose headquarters had been so graciously donated by the Rockefeller family itself. And the first step toward discovering that cure was to organize the UN Conference on the Human Environment in Stockholm in 1972, the world’s first international environmental conference.
Narrateur : Pendant 11 jours, en juin 1972, Stockholm a attiré tous ceux qui se souciaient de l’environnement : 1 200 délégués officiels de 113 nations étaient à Stockholm pour la première Conférence internationale sur l’environnement humain. La réunion, d’abord proposée aux Nations unies par la Suède et approuvée par l’Assemblée générale en 1968, a attiré l’attention du monde entier.
Narrator: For 11 days in June 1972, Stockholm was a magnet for everyone concerned with the environment: 1,200 official delegates from 113 nations were in Stockholm for the 1st International Conference on the Human Environment. The meeting, first proposed to the United Nations by Sweden and approved by the General Assembly in 1968, attracted worldwide attention.
En quatre petites années, le thème de l’environnement humain était passé des dernières pages des journaux aux gros titres de la une.
In four short years, the topic of the human environment had gone from the back pages of newspapers to make headlines on page 1.
SOURCE : Conférence des Nations unies sur l’environnement humain, 1972 (partie 1)
SOURCE: 1972 United Nations Conference on the Human Environment (Part 1)
Et qui de mieux placé pour superviser la conférence et poser les bases institutionnelles de ce mouvement naissant soutenu par les oligarques du pétrole qu’un pétrolier accompli ?
And who better to oversee the conference and lay the institutional groundwork for this burgeoning, oiligarch-supported movement, than a consummate oil man?
Maurice Strong : Le simple fait que la conférence ait commencé avec 113 pays participants, avec des délégations de très haut niveau de ces pays, représentait en soi un pas en avant très important. Car cela démontrait plus que toute autre chose l’inquiétude réelle de la majorité des pays du monde.
Maurice Strong: The very fact that the conference began with 113 participating countries, with very high-level delegations from those countries, this in itself represented a very significant step forward. Because this demonstrated more than anything else the real concern of the majority of countries in the world.
SOURCE : Conférence des Nations unies sur l’environnement humain, 1972 (partie 1)
SOURCE: 1972 United Nations Conference on the Human Environment (Part 1)
Toute sa vie, Maurice Strong eut le don étrange de se trouver au bon endroit au bon moment pour rencontrer la bonne personne et gravir les échelons. Né à Oak Lake, au Manitoba, en 1929, et marqué par la Grande Dépression, le jeune et ambitieux Strong quitta l’école à 14 ans et partit vers le nord chercher du travail. Arrivé à Chesterfield Inlet, il obtint un emploi d’acheteur de fourrures pour la Compagnie de la Baie d’Hudson et y rencontra « Wild » Bill Richardson, un prospecteur dont l’épouse, Mary McColl, était issue de la famille de McColl-Frontenac, l’une des plus grandes compagnies pétrolières du Canada.
All his life, Maurice Strong had the uncanny ability to be in the right place at the right time to meet the right person to advance up the ranks. Having been born in Oak Lake, Manitoba, in 1929, and suffering through the Great Depression, the ambitious young Strong dropped out of school at age 14 and headed north to look for work. Finding his way to Chesterfield Inlet, Strong got a job as a fur buyer for the Hudson’s Bay Company and there met “Wild” Bill Richardson, a prospector whose wife, Mary McColl, hailed from the family behind McColl-Frontenac, one of Canada’s largest oil companies.
Elaine Dewar : M. Strong entre donc dans le grand monde par l’intermédiaire d’un certain « Wild » Bill Richardson, une sorte de prospecteur marié dans une famille de pétroliers, les McColl, dont la société s’appelait McColl-Frontenac. C’était un grand importateur de pétrole du Moyen-Orient, racheté depuis longtemps par Texaco par l’intermédiaire d’une maison de courtage appelée Nesbitt Thomson. D’une certaine façon, M. Strong a été introduit très jeune dans le monde des grandes pétrolières et des ressources. Il a été repéré comme un garçon très intelligent, pris sous l’aile d’un homme nommé Paul Martin père, ministre dont le fils deviendrait plus tard Premier ministre du Canada, et introduit dans le milieu pétrolier par des gens tout en haut, et parmi eux David Rockefeller.
Elaine Dewar: So, Mr. Strong enters the big world through a guy by the name of ‘Wild’ Bill Richardson, who was a sort of prospector married into an oil family called McColl whose company was called McColl-Frontenac. It was a major importer of oil from the Middle East that had been taken over long since by the Texaco Company through a brokerage house called Nesbitt Thomson. In a way, Mr. Strong was introduced to the world of Big Oil and the world of resources at a very young age. He was picked up as a very smart kid, taken under the wing of a man named Paul Martin Sr., who was a cabinet minister and whose son would go on to become the Prime Minister of Canada and introduced to the oil patch though people at the very top — and that would include David Rockefeller.
Par l’intermédiaire des Richardson, Strong noua une série de relations de plus en plus improbables. Il fut d’abord présenté au trésorier des Nations unies, alors toutes nouvelles, Noah Monod. Chose incroyable, Monod ne se contenta pas de procurer à Strong un poste d’agent de sécurité subalterne au siège de l’ONU, il permit au jeune fils de fermier du Manitoba de vivre chez lui à New York. Et là, Monod présenta à Strong le contact le plus important de sa vie : David Rockefeller.
Through the Richardsons, Strong made a series of increasingly unlikely connections. First he was introduced to the Treasurer of the then-brand new United Nations, Noah Monod. Unbelievably, Monod didn’t just secure Strong a job as a junior security officer at UN headquarters, he allowed the young Manitoba farm boy to live with him in New York. And while there, Monod introduced Strong to the most important contact of his life, David Rockefeller.
À partir de ce moment, Strong était un homme arrivé. Et à partir de ce moment, partout où Strong allait, Rockefeller et ses associés se trouvaient quelque part en arrière-plan.
From that moment on, Strong was a made man. And from that moment on, wherever Strong went, Rockefeller and his associates were there somewhere in the background.
C’est un vétéran de la Standard Oil, Jack Gallagher, qui donna à Strong sa grande chance dans les champs pétroliers de l’Alberta, lorsqu’il quitta son poste à la sécurité de l’ONU pour rentrer au Canada. Et quand Maurice Strong décida soudain de quitter cet emploi, de vendre sa maison et de partir en Afrique, il subvint à ses besoins en travaillant pour CalTex, la société de Rockefeller, à Nairobi.
It was a Standard Oil veteran, Jack Gallagher, who gave Strong his big break in the Alberta oil patch when he quit his UN security job to return to Canada. And when Maurice Strong suddenly decided to quit that oil patch job, sell his house, and travel to Africa, he supported himself working for Rockefeller’s CalTex in Nairobi.
Quand il quitta cet emploi en 1954 et fonda sa propre société au Canada, il engagea Henrie Brunie (un ami proche de John J. McCloy, associé de Rockefeller) pour la diriger et nomma deux représentants de la Standard Oil of New Jersey à son conseil. Avant 30 ans, il dirigeait sa propre entreprise et était déjà millionnaire.
When he quit that job in 1954 and started his own company back in Canada, he hired Henrie Brunie (a close friend of Rockefeller associate John J. McCloy) to manage it, and appointed two Standard Oil of New Jersey reps to its board. By his late 20s he was running his own company and was already a millionaire.
Comme il le ferait toute sa vie, Maurice Strong tira pleinement parti de ces relations et de ces occasions. Après avoir été choisi pour organiser la conférence de l’ONU sur l’environnement à Stockholm, il fut nommé administrateur de la Fondation Rockefeller, qui finança ensuite son bureau pour le sommet de Stockholm et lui fournit pour son équipe Barbara Ward, boursière Carnegie, et René Dubos, écologue de Rockefeller. Strong leur commanda « Only One Earth » (Nous n’avons qu’une Terre), un texte fondateur du développement durable, vanté par les mondialistes comme un document clé pour promouvoir la gestion mondiale des ressources.
As he would throughout his life, Maurice Strong capitalized on these connections and opportunities to full effect. After being chosen to organize the UN environmental conference in Stockholm, he was appointed a Trustee of the Rockefeller Foundation, which then funded his office for the Stockholm summit and supplied Carnegie Fellow Barbara Ward and Rockefeller ecologist Rene Dubos for his team. Strong commissioned them to write “Only One Earth,” a foundational text in the sustainable development arena that is heavily touted by globalists as a key document for promoting the global management of resources.
Le sommet de Stockholm de 1972 est toujours salué comme un moment marquant de l’histoire du mouvement écologiste moderne. Il conduisit non seulement aux premiers plans d’action environnementaux administrés par les gouvernements en Europe, mais aussi à la création d’une toute nouvelle bureaucratie onusienne : le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). Naturellement, l’ONU nomma Maurice Strong premier directeur du PNUE.
The 1972 Stockholm summit is still hailed as a landmark moment in the history of the modern environmental movement, leading not only to the first governmentally-administered environmental action plans in Europe but the creation of an entirely new UN bureaucracy: the United Nations Environment Programme (UNEP). Naturally, the UN appointed Maurice Strong as UNEP’s first director.
Peu après, Strong poursuivit sa double vie en replongeant directement dans le pétrole.
Shortly thereafter, Strong continued his double life by jumping straight back into the oil patch.
L’est du Canada fut particulièrement touché par l’embargo pétrolier de l’OPEP et, en conséquence, le Premier ministre de l’époque, Pierre Trudeau, créa Petro-Canada, la compagnie pétrolière nationale. Et qui choisit-il comme premier président de la société ? Nul autre que ce fervent « écologiste » soutenu par Rockefeller, Maurice Strong.
Eastern Canada was hit particularly hard by the OPEC oil embargo, and as a result then-Prime Minister Pierre Trudeau created PetroCanada, Canada’s national oil company. And who did he tap as the company’s first president? None other than that crusading Rockefeller-backed “environmentalist,” Maurice Strong.
Après avoir quitté ce poste en 1978, Strong enchaîna une série à peine croyable de nominations dans les gouvernements, le secteur privé et les organisations internationales, de la présidence de la Corporation de développement des investissements du Canada à la présidence d’AZL Resources Incorporated en passant par la direction du programme de l’ONU contre la famine en Afrique.
Leaving that post in 1978, Strong continued with a scarcely believable series of governmental, private sector and international appointments, from Chairman of the Canada Development Investment Corporation to Chairman of AZL Resources Incorporated to leading the UN’s famine relief program in Africa.
En 1987, Strong contribua à organiser une autre conférence sur l’environnement, beaucoup moins connue mais non moins remarquable que le sommet de Stockholm. Baptisée 4e Congrès mondial sur la nature sauvage, la réunion se tint à Denver, au Colorado, et rassembla Strong, David Rockefeller, Edmond de Rothschild, le secrétaire au Trésor de l’époque James Baker et une foule d’autres oligarques du pétrole, banquiers, acteurs du pouvoir à Washington et mondialistes, officiellement pour parler d’environnement. Ce dont ils discutèrent en réalité était bien plus incroyable :
In 1987, Strong helped to organize another environmental conference, much less known but no less remarkable than the Stockholm summit. Dubbed the 4th World Wilderness Congress, the meeting took place in Denver, Colorado, and brought together Strong, David Rockefeller, Edmond de Rothschild, then-Treasury Secretary James Baker, and a gaggle of other oiligarchs, bankers, Washington power players and globalists, ostensibly to talk about the environment. What they actually discussed was altogether more incredible:
DAVID LANG : Je suggère donc que cela ne soit pas vendu par un processus démocratique. Cela prendrait trop de temps et engloutirait beaucoup trop de fonds pour éduquer la chair à canon qui, malheureusement, peuple la terre. Nous devons adopter un programme presque élitiste, afin de pouvoir voir au-delà de nos ventres gonflés et regarder vers l’avenir selon des échelles de temps et avec des résultats qui ne se comprennent pas facilement, ou qui ne peuvent pas, en toute honnêteté intellectuelle, être réduits à une définition simpliste.
DAVID LANG: I suggest therefore that this be sold not through a democratic process. That would take too long and devour far too much of the funds to educate the cannon fodder, unfortunately, that populates the earth. We have to take almost an elitist program, [so] that we can see beyond our swollen bellies, and look to the future in time frames and in results which are not easily understood, or which can be, with intellectual honesty, be reduced down to some kind of simplistic definition.
Ce furent les mots de David Lang, un banquier de Montréal qui prit la parole pendant la conférence. Et pour Lang, les Rockefeller, les Rothschild et les autres banquiers et oligarques du pétrole réunis à cette rencontre, la population en général est de la « chair à canon » qui « malheureusement […] peuple la terre ». Cet aveu franc, résumé parfait des idées eugénistes au cœur du mouvement mondial de conservation que les oligarques du pétrole eux-mêmes avaient fait naître avec leur argent, fut enregistré par George Hunt, un homme d’affaires de Boulder, au Colorado, qui s’était porté volontaire pour aider à la conférence en tant que citoyen concerné et en ressortit horrifié par ce dont il avait été témoin. Il publia ses propres enregistrements des débats au début des années 1990 pour mettre le public en garde contre ce groupe et ses buts ultimes.
Those were the words of David Lang, a banker from Montreal who spoke during the conference. And to Lang, the Rockefellers, the Rothschilds and the other bankers and oiligarchs assembled at the meeting, the general population are “cannon fodder” that “unfortunately […] populates the earth.” This candid admission, a perfect encapsulation of the eugenical ideas at the heart of the global conservation movement funded into existence by the oiligarchs themselves, was caught on tape by George Hunt, a businessman in Boulder, Colorado, who had volunteered to help the conference as a concerned citizen and came away horrified by what he had witnessed there. He released his own recordings of the proceedings in the early 1990s to warn the public about this group and its ultimate aims.
L’enregistrement de Hunt saisit le moment où Maurice Strong présenta le baron Edmond de Rothschild, dont le cousin du père avait vendu en 1911 les champs pétroliers azerbaïdjanais des Rothschild à Royal Dutch Shell, comme un pionnier du mouvement écologiste et un fondateur du concept de « banque de conservation ».
Hunt’s recording captured the moment when Maurice Strong introduced Baron Edmond de Rothschild — whose father’s cousin had sold the Rothschild’s Azerbaijani oil fields to Royal Dutch Shell in 1911 — as a pioneer of the environmental movement and a founder of the concept of “conservation banking.”
Maurice Strong : L’une des initiatives les plus importantes soumises ici à votre examen est le programme de banque de conservation. Comme nous l’avons mentionné ce matin, nous avons heureusement comme président la personne qui est vraiment à l’origine de ce concept très important. Il a été et il est l’un des administrateurs de l’International Wilderness Foundation, qui organise cette réunion. Il était présent à la première de ces conférences. Son ralliement au lien entre conservation et développement économique a donc été celui d’un pionnier. Il n’y a donc personne de mieux placé. Il incarne dans sa propre vie cette synthèse positive entre l’environnement et la conservation d’une part et l’économie d’autre part, et je suis ravi d’avoir l’occasion de vous présenter Edmond de Rothschild.
Maurice Strong: One of the most important initiatives that is open here for your consideration is that of the conservation banking program. As we mentioned this morning, we have, as our chairman, fortunately, the person who really is the source of this very significant concept. He was/is one of the trustees of the International Wilderness Foundation, which sponsored this meeting. He was at the first of these conferences. So his conversion to the relationship between conservation and economic development has been a pioneering one. So there is no better person. He epitomizes in his own life that positive synthesis between environment, conservation on the one hand and economics on the other, and I’m just delighted to have this opportunity of introducing to you Edmond de Rothschild.
Edmond de Rothschild : Maurice, merci infiniment pour tout ce que vous avez dit, et je demanderais au public de prendre avec un léger grain de sel tout ce qu’il a dit de moi.
Edmond de Rothschild: Maurice, thank you very much indeed for all that you’ve said, and I would ask the audience to take with a slight grain of salt all that he has said about me.
La réunion permit aux oligarques du pétrole d’atteindre quelques objectifs importants. Elle conduisit à la création de « zones de nature sauvage », de vastes étendues de terrain naturel dont le public pouvait être largement exclu. Ces zones devaient être désignées et supervisées par l’UICN, l’organisme même dont le président de la British Eugenics Society, Julian Huxley, s’était servi comme tremplin pour créer le World Wildlife Fund.
The meeting accomplished some important goals for the oiligarchs. It led to the creation of “Wilderness Areas,” vast expanses of natural terrain from which the public could be largely excluded. These areas were to be designated and overseen by the IUCN, the same body that British Eugenics Society president Julian Huxley used as a springboard to creating the World Wildlife Fund.
Un autre objectif important de la conférence était la proposition de Rothschild de créer une soi-disant « Banque mondiale de conservation » qui opérerait à un niveau supranational et coordonnerait le financement de projets de développement dans le monde entier.
Another important goal of the conference was Rothschild’s proposal for the creation of a so-called “World Conservation Bank” that would operate at a supra-national level and coordinate finance for development projects around the world.
Edmond de Rothschild : Les réunions consacrées au concept d’un programme international de banque de conservation impliquent désormais tous les secteurs de la communauté humaine : agences gouvernementales et intergouvernementales, organismes publics et privés, grandes fondations caritatives, ainsi que de simples particuliers dans le monde entier. En réfléchissant à l’avance à la manière d’atteindre le grand public, chaque entreprise dans le monde, pour qu’elle mette de côté, si possible en franchise d’impôt, une partie de ses bénéfices afin de financer notre protection écologique et environnementale.
Edmond de Rothschild: The meetings now over the concept of an international conservation banking program involve all sectors of the human community: Governmental and inter-governmental agencies, the public and private agencies, large charitable foundations, as well as ordinary individuals worldwide. By thinking forward as to how to reach out to the public at large, to every corporate entity throughout the world to put aside, hopefully tax-free, a part of their profits to fund our ecological and environmental protection.
Mesdames et messieurs, chaque pays a ses propres problèmes, ses peuples autochtones et sa faune. Cette banque internationale de conservation ne doit connaître ni frontières ni limites. »
Ladies and gentlemen, every country has its own problems, its indigenous peoples and its wildlife. This international conservation bank must know no frontiers, no boundaries.”
Cette banque mondiale de conservation fut promue puis finalement réalisée lors de la conférence majeure suivante de Maurice Strong, celle qui allait couronner sa carrière improbable de croisé de l’environnement et qui reste aujourd’hui l’une des références du mouvement écologiste : le Sommet de la Terre de 1992 à Rio de Janeiro.
This world conservation bank was forwarded and eventually realized at Maurice Strong’s next major conference, the one which was to serve as the crowning achievement of his unlikely career as environmental crusader, and which still remains one of the touchstones of the environmental movement: the 1992 Earth Summit in Rio de Janeiro.
Narrateur : En juin 1992, le monde s’est réuni à Rio pour discuter du sort de la planète Terre. Lors de ce sommet, le plus grand et le tout premier Sommet de la Terre jamais organisé, des représentants de 166 pays, 130 chefs d’État et 15 000 organisations non gouvernementales se sont réunis dans l’espoir de conclure des accords précis conciliant la préservation de l’environnement et les besoins économiques.
Narrator: In June 1992, the world met in Rio to discuss the fate of planet Earth. In this largest summit and very first Earth Summit ever held, representatives from 166 countries, 130 heads of state and 15,000 non-governmental organizations came together with the hopes of deciding specific agreements that would balance environmental preservation with economic needs.
SOURCE : 1992 – Sommet de la Terre de l’ONU – Rio de Janeiro – In Our Hands (partie 1)
SOURCE: 1992 – UN Earth Summit – Rio de Janeiro – In Our Hands (Part 1)
George H. W. Bush : Et ma gratitude va au secrétaire général Maurice Strong pour son travail inlassable afin de réunir ce Sommet de la Terre. C’est vraiment un rassemblement historique. Certains disent que la croissance économique et la protection de l’environnement ne peuvent être compatibles.
George H. W. Bush: And my gratitude to Secretary General Maurice Strong for his tireless work in bringing this Earth Summit together. This is truly an historic gathering. There are those who say that economic growth and environmental protection cannot be compatible.
John Major : « Le monde est notre jardin et ensemble nous devons le cultiver. Cette semaine à Rio, nous avons fait un début. Au-delà de Rio, nous devons continuer à le mener à bien. »
John Major: “The world is our garden and together we must cultivate it. This week at Rio we have made a start. Beyond Rio we must continue to carry it through.”
Maurice Strong : « Nous ne pouvons pas nous satisfaire de la situation. À moins que les accords conclus ici ne s’accompagnent d’engagements en faveur de changements importants, de changements, à mon avis, pour l’espèce humaine elle-même, excellences, nous nous dirigeons tout simplement vers un moment du XXIe siècle où l’état de notre espèce pourrait devenir terminal. »
Maurice Strong: “We cannot be complacent. Unless the agreements reached here are accompanied by commitments to significant change — change, of course, indeed for the human species in my view, your excellencies—we simply are headed for a moment in the 21st century where the condition of our species may become terminal.”
SOURCE : Brazil – Rio Earth Summit (B)
SOURCE: Brazil – Rio Earth Summit (B)
Aussi utile qu’ait été le 4e Congrès mondial sur la nature sauvage pour faire avancer le programme de Maurice Strong et des oligarques du pétrole, il ne faisait que préparer le terrain pour le Sommet de la Terre de Rio.
As useful as the 4th World Wilderness Congress had been in advancing the agenda of Maurice Strong and the oiligarchs, that was only setting the stage for the Earth Summit in Rio.
Au Sommet de la Terre, Edmond de Rothschild obtint sa « Banque mondiale de conservation ». Baptisée « Fonds pour l’environnement mondial » et lancée lors du sommet lui-même, elle sert de mécanisme de financement à cinq conventions différentes de l’ONU et fournit des milliards de dollars de financement à des projets environnementaux et de développement dans le monde entier. Parmi ses 18 « partenaires d’exécution » figurent l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture financée par Rockefeller, l’Union internationale pour la conservation de la nature fondée par Huxley, le Programme des Nations unies pour l’environnement créé par Maurice Strong et le World Wildlife Fund fondé par le prince Bernhard, le prince Philip et Godfrey Rockefeller.
At the Earth Summit, Edmond de Rothschild got his “World Conservation Bank.” Dubbed the “Global Environment Facility” and launched at the summit itself, it serves as the funding mechanism for five different UN conventions and provides billions of dollars worth of financing to environmental and development projects around the world. Its 18 “implementing partners” include the Rockefeller-funded Food and Agricultural Organization, the Huxley-founded International Union for the Conservation of Nature, the Maurice Strong-created United Nations Environment Programme, and the Prince Bernhard/Prince Philip/Godfrey Rockefeller-founded World Wildlife Fund.
L’une des spécialités du Fonds pour l’environnement mondial est l’« échange dette-nature », dans lequel des pays du tiers-monde obtiennent un allègement de leur dette en échange de l’ouverture de leurs terres à des projets de développement environnemental. Les projets s’accompagnent de frais de transaction pouvant atteindre 5 %, versés aux prestataires qui gèrent et dirigent les investissements, et non aux populations locales qui, comme les aborigènes de l’île de Palawan, sont chassées de leurs terres et pratiquement rayées de la carte.
One of the Global Environment Facility’s specialties is “debt-for-nature swaps,” where Third World countries are given debt relief in return for opening their land up for environmental development projects. The projects come with transaction costs of up to 5%, paid to the contractors who manage and direct the investments, not to the locals who, like the aborigines of Palawan island, are kicked off their land and effectively wiped off the face of the map.
Le Sommet de la Terre donna aussi naissance à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, l’organe auquel le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) remet ses rapports. Généralement considérés comme des organismes neutres et non gouvernementaux, ne s’appuyant que sur la science et les preuves, la CCNUCC et le GIEC sont liés par les termes que Strong a fixés pour qu’ils ne livrent qu’une seule conclusion : que l’humanité est responsable du changement climatique.
The Earth Summit also gave rise to the United Nations Framework Convention on Climate Change, the body to which the Intergovernmental Panel on Climate Change delivers its reports. Generally thought to be neutral, non-governmental bodies relying only on science and evidence, the UNFCCC and the IPCC are handcuffed by the terms that Strong set out for them to deliver only one conclusion: that humanity is to blame for climate change.
Dr Tim Ball : Quand ils ont créé le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, Maurice Strong, dont nous devrions beaucoup parler, a rédigé le mandat, et le premier point du mandat était la définition du changement climatique, qu’il a délibérément limitée aux seules causes humaines du changement climatique. Bien sûr, cela éliminait de fait toutes les causes naturelles et la variabilité naturelle, et c’est pourquoi on les voit ne pas examiner des choses comme le soleil et toute une série d’autres questions. Puis il a restreint encore davantage dans un autre point du mandat : il l’a organisé en trois groupes de travail. Il y avait le groupe technique, le groupe de travail 1, qui rédigeait le rapport scientifique, soit 600 des 2 500 personnes. Les 1 900 autres étaient dans les groupes de travail 2 et 3. Or ils étaient sans importance, parce qu’ils devaient accepter les conclusions du groupe de travail 1, déjà limitées par leur mandat. Donc, quelle que soit sa conclusion, les groupes de travail 2 et 3 disaient ensuite : « D’accord, vous nous dites que ça va se réchauffer, nous l’acceptons comme un fait. Nous examinons maintenant les conséquences », et c’est de là que viennent toutes ces histoires de glace qui va fondre, de niveau des mers qui va monter, etc.
Dr. Tim Ball: When they set up the Intergovernmental Panel on Climate Change, Maurice Strong, who we should talk a lot about, he wrote the terms of reference and the first term of reference was the definition of climate change and he limited it, deliberately, to only human causes of climate change. Of course that effectively eliminated all of the natural causes and natural variability which is why you see them not looking at things like the sun and a whole bunch of other issues. He then limited it even further in another term of reference, he set it up into three working groups. There was the technical group, Working Group 1, which wrote the science report, and that was 600 of the 2,500 people. The other 1,900 people were in Working Groups 2 & 3. Now they were inconsequential because they had to accept the findings of Working Group 1, which were already limited by their terms of reference. So whatever their finding was, Working Groups 2 & 3 then said, “OK, you’re telling us it’s going to warm, we accept that as fact. We now look at the implications of that,” and that’s where you hear all these stories of the ice is going to melt, the sea-levels are going to rise, etc.
En réalité, la majeure partie du rapport, rédigée par 1 900 scientifiques, accepte donc sans discussion la conclusion du premier groupe. Strong l’a même restreint davantage, car ils sont ensuite venus dire : « Attention, ce rapport ne doit pas servir à la politique », mais ils ont ensuite créé le Résumé à l’intention des décideurs, la contradiction absolue. Le Résumé à l’intention des décideurs est rédigé par un groupe complètement distinct, indépendamment du rapport scientifique. Le rapport scientifique est terminé et mis de côté. Le Résumé est rédigé et remis aux médias, mais les règles, le mandat fixé par Strong, disaient que le Résumé retourne aux auteurs du rapport scientifique avec la consigne : assurez-vous que votre rapport scientifique concorde avec ce que nous avons mis dans le résumé.
So really, the majority of the report by 1,900 scientists is accepting without question the finding of the first group. Now Strong really restricted it even more because they then came and said, “Now look, this report is not to be used for policy,” but then they set up the Summary for Policymakers, the absolute contradiction of that. The Summary for Policymakers is written by a completely separate group, and then they write independent of the science report. The science report is finished and set aside. The Summary for Policymakers is written and given out to the media, but the rules — the terms of reference that Strong set out — said that the Summary for Policymakers goes back to the science report people and says make sure your science report agrees with what we’ve put in the summary.
SOURCE : The IPCC Exposed
SOURCE: The IPCC Exposed
Un autre produit du Sommet de la Terre de Rio fut la Charte de la Terre, un document quasi religieux que Mikhaïl Gorbatchev, qui contribua à en rédiger le texte avec Maurice Strong, présenta comme un substitut aux Dix Commandements, et qui voulait inaugurer une ère de culte de Gaïa et de responsabilité mondiale. Déclarant que « [d]es changements fondamentaux sont nécessaires dans nos valeurs, nos institutions et nos modes de vie », le document recommande ensuite de créer un monde de « responsabilité partagée » envers la « communauté de la Terre », avant de conclure :
Another product of the Earth Summit in Rio was the Earth Charter, a quasi-religious document that Mikhail Gorbachev, who helped draft the text along with Maurice Strong, referred to as a replacement for the Ten Commandments, and which sought to usher in an era of Gaia worship and global responsibility. Declaring that “[f]undamental changes are needed in our values, institutions, and ways of living,” the document then counsels that we must create a world of “shared responsibility” to the “Earth community,” before concluding:
« Afin de bâtir une communauté mondiale durable, les nations du monde doivent renouveler leur engagement envers les Nations unies, remplir leurs obligations au titre des accords internationaux existants et soutenir la mise en œuvre des principes de la Charte de la Terre au moyen d’un instrument international juridiquement contraignant sur l’environnement et le développement. »
“In order to build a sustainable global community, the nations of the world must renew their commitment to the United Nations, fulfill their obligations under existing international agreements, and support the implementation of Earth Charter principles with an international legally binding instrument on environment and development.”
Patrick Wood : Eh bien, la Charte de la Terre a été en fin de compte l’un des sous-produits du premier Sommet de la Terre. J’ai publié la Charte de la Terre en annexe de mon livre Technocracy Rising: The Trojan Horse of Global Transformation, simplement pour que les gens puissent voir de leurs propres yeux ce qu’elle dit. C’était un document qui ressemblait à un pacte avec le monde. C’était un document très religieux, humaniste, qui tentait d’unifier le monde dans un concept unique de mondialisation. C’était un document très précis qui a été signé, l’histoire remonte plus loin, mais il a finalement été signé par presque toutes les nations aux Nations unies, et l’auteur principal de la Charte de la Terre était Steven Rockefeller. Les Rockefeller ont donc compris très tôt que non, ce n’est pas seulement le système économique, et pas forcément seulement le système de contrôle politique, il faut aussi prendre en compte une croyance religieuse dont on peut se servir pour amener les gens à croire que ce que nous faisons est pour leur bien.
Patrick Wood: Well, the Earth Charter was one of the bi-products ultimately of the first Earth Summit. I published the Earth Charter in the appendix of my book Technocracy Rising: The Trojan Horse of Global Transformation, just so people could see this with their own eyes what it says. It was a document that was like a compact with the world. It was a very religious, humanistic document that tried to unify the world into a single concept of globalization. It was a very defined document that was signed off — the history goes back before that, but it was finally signed-off by almost all of the nations at the United Nations, and the primary author of the Earth Charter was Steven Rockefeller. And so the Rockefellers understood early on that no, it’s not just the economic system and it’s not just necessarily the political control system, we also have to factor in a religious belief that we can use to get people to believe that what we’re doing is for their good.
Ce à quoi les oligarques du pétrole travaillaient depuis des décennies, et ce qu’ils obtinrent à Rio en 1992, fut l’achèvement de la transformation de la philosophie eugéniste : du discours sur la « stérilisation » des « faibles d’esprit » à une vision populaire de l’humanité comme un cancer qu’il faut éliminer pour que la Terre vive. Désormais, le devoir était de « réduire son empreinte carbone » et de réduire la population au nom du « sauvetage de la planète ». Mais, enveloppé dans ce nouveau vocabulaire et accompagné d’une campagne publicitaire à la mode, omniprésente et bien financée, le résultat final ressemblait remarquablement à l’eugénisme d’antan.
What the oiligarchs had been working toward for decades, and what they achieved in Rio in 1992, was the completion of the transformation of the eugenics philosophy, from talk of “sterilization” of the “feeble-minded” to a popular understanding of humanity as a cancer that must be removed for the Earth to live. Now the duty was to “reduce carbon footprints” and reduce the population in the name of “saving the planet.” But, wrapped in this new vocabulary and coming with a trendy, pervasive, and well-funded advertising campaign, the end result sounded remarkably similar to the eugenics of old.
Tucker Carlson : Une nouvelle étude de l’université de Lund, en Suède, affirme que le meilleur moyen de réduire son empreinte carbone, si on le souhaite, est tout simplement de refuser de se reproduire. Supprimer quelques humains de l’existence, disent-ils, économise bien plus de carbone que, je ne sais pas, être végétarien, aller au travail à vélo, ne pas prendre l’avion.
Tucker Carlson: A new study from Lund University in Sweden says that the single best way to cut your carbon footprint, assuming you want to, is simply to refuse to reproduce. Deleting some humans from existence, they say, saves far more carbon than, I don’t know, being vegetarian, riding a bike to work, not boarding an airplane.
Jennifer Ludden : Une nouvelle étude dit qu’en fait, si nous réduisons la fécondité mondiale d’un demi-enfant par femme, on pourrait peut-être y arriver. Cela irait très loin. Cela réduirait d’un cinquième à un quart l’ensemble des émissions de carbone à éviter pour ne pas atteindre ce point de basculement.
Jennifer Ludden: There is a new study that says, well, actually if we reduce global fertility by half a child per woman, that you could maybe do that. It would go a long way. It would reduce a fifth to a quarter of all carbon emissions needed to avoid that tipping point.
SOURCE : NPR demande : devrions-nous avoir moins d’enfants à cause du réchauffement climatique ?
SOURCE: NPR Asks: Should We Have Less Kids Due To Global Warming?
Bill Nye : Faut-il donc des politiques qui pénalisent les gens qui ont des enfants en plus dans les pays développés ?
Bill Nye: So should we have policies that penalize people for having extra kids in the developed world?
Invité : Je pense que nous devrions au moins l’envisager.
Guest: So, I do think that we should at least consider it.
Nye : Eh bien, « au moins l’envisager », c’est comme le faire.
Nye: Well, at least consider it is like do it.
SOURCE : Bill Nye : faut-il pénaliser les parents qui ont des « enfants en plus » dans les pays développés ?
SOURCE: Bill Nye׃ Should parents having “extra kids“ in developed countries be penalized?
Reporter de Fox News : Dans la lutte contre le réchauffement climatique, les enfants sont, selon certains, les nouveaux coupables. Un groupe de réflexion britannique affirme que trop d’enfants aggravent l’état de la planète. Il estime que les familles nombreuses, en fait tout ce qui dépasse deux enfants, devraient être mal vues, comme une faute écologique.
Fox News Reporter: In the push to reduce global warming, children, according to some, are the new culprits. A think tank in the UK says that too many kids are what is making the planet worse. Saying large families, anything over two children really, should be frowned upon as an environmental no-no.
SOURCE : Endgame (2007)
SOURCE: Endgame (2007)
Et, sans même que le public s’en aperçoive, les oligarques du pétrole purent se draper dans ce nouveau drapeau pour apparaître non plus comme les héritiers milliardaires de l’industrie pétrolière qui avaient bâti leurs immenses fortunes en pillant la terre et en monopolisant ses richesses, mais comme des écologistes en croisade qui allaient sauver la planète de la « chair à canon » qui « malheureusement peuple la terre ».
And, without the public even noticing it, the oiligarchs were able to wrap themselves in this new flag to appear not as the billionaire scions of the oil industry who made their vast fortunes by plundering the earth and monopolizing its wealth, but as crusading environmentalists who are going to save the planet from the “cannon fodder” that “unfortunately populates the earth.”
David Rockefeller : L’impact négatif de la croissance démographique sur l’ensemble des écosystèmes de notre planète devient effroyablement évident.
David Rockefeller: The negative impact of population growth, on all of our planetary ecosystems, is becoming appallingly evident.
Rex Tillerson : Nous avons donc été membres du GIEC, nous avons rédigé beaucoup de leurs articles, nous avons évalué tous leurs articles. Nous sommes donc engagés depuis des décennies dans la compréhension du changement climatique et dans l’évolution de cette compréhension.
Rex Tillerson: So we have been members of the IPCC, we have authored many of their papers, we have peer-reviewed all their papers. So we have been engaged in the understanding and the evolution of our understanding of climate change for decades.
SOURCE : Rex Tillerson explique sa position sur le changement climatique
SOURCE: Rex Tillerson explains his position on climate change
Narrateur : Chez Saudi Aramco, nous nous efforçons de réduire continuellement l’impact environnemental de nos activités, du puits de pétrole jusqu’au consommateur, et nous soutenons l’Oil and Gas Climate Initiative, qui s’efforce d’être un catalyseur d’actions concrètes contre le changement climatique grâce à la collaboration sur les technologies et les bonnes pratiques.
Narrator: At Saudi Aramco, we strive to continually reduce the environmental impact of our operations, from oil well to consumer, and our support for the Oil and Gas Climate Initiative that strives to be a catalyst for practical action on climate change through collaboration on technology and best practices.
Claudio Descalzi : Nous avons une raison commune. L’environnement nous tient à cœur. Nous pensons qu’ensemble nous pouvons faire mieux. Nous avons les compétences, nous avons la force, nous avons les outils pour faire de bonnes choses dans ce domaine.
Claudio Descalzi: We have a common reason. We care about environment. We think that together we can do better. We have the competencies, we have the strength, we have the tools to do good things in this field.
Amin H. Nasser : La technologie qui sera développée grâce à ce fonds d’investissement d’un milliard de dollars nous aidera à long terme à réduire les émissions.
Amin H. Nasser: Technology that will be developed through this investment fund of $1 billion will help us in the long-term to reduce emissions.
Josu Jon Imaz : Nous voulons construire un écosystème d’innovation sur cette question, en travaillant ensemble.
Josu Jon Imaz: We want to build an ecosystem of innovation on this issue, working together.
Patrick Pouyanné : En unissant nos forces, nous pouvons apporter des solutions pragmatiques et concrètes.
Patrick Pouyanne: We bring our force together, we can bring pragmatic and concrete solutions.
SOURCE : L’OGCI investit dans des technologies innovantes à faibles émissions
SOURCE: OGCI Invests in Innovative Low-Emissions Technologies
Et aujourd’hui encore, les masses, indignées par les ravages causés par les grandes pétrolières, se contentent de voir leur indignation dirigée par ces mêmes oligarques du pétrole auxquels elles veulent s’opposer, ces mêmes oligarques qui financent et soutiennent discrètement leur mouvement écologiste en coulisses, et qui le mènent même au premier rang.
And even today, the masses, outraged over the carnage that Big Oil has wrought, are content to have that outrage directed by the very oiligarchs they seek to oppose, the same oiligarchs who are quietly funding and supporting their environmental movement from behind the scenes — and even leading it from the front.
La famille Rockefeller a fait les gros titres en se désengageant complètement du pétrole en 2016.
The Rockefeller family made headlines by divesting from oil completely in 2016.
Narrateur : Les Rockefeller, héritiers d’une fortune pétrolière qui a fait du nom de la famille un symbole de la richesse américaine, pensent honorer leur ancêtre en sortant du pétrole. Le directeur du fonds, Stephen Heintz, a parlé avec révérence du magnat du pétrole John D. Rockefeller dans un communiqué : « Nous sommes tout à fait convaincus que s’il vivait aujourd’hui, en homme d’affaires avisé tourné vers l’avenir, il sortirait des énergies fossiles et investirait dans les énergies propres et renouvelables. »
Narrator: The Rockefellers, heir to an oil fortune that made the family name a symbol of American wealth, believe they’re doing their namesake proud by getting out of oil. Fund director Stephen Heintz spoke reverently of oil tycoon John D. Rockefeller in a statement: “We are quite convinced that if he were alive today, as an astute businessman looking out to the future, he would be moving out of fossil fuels and investing in clean, renewable energy.”
David de Rothschild est l’une des figures de proue photogéniques du mouvement écologiste. Surnommé « Jésus en plastique » pour ses coups de publicité et ses séances photo où il se pose en écologiste inquiet, David de Rothschild, héritier de la famille de banquiers milliardaires qui a accru sa fortune grâce à ses champs pétroliers azerbaïdjanais et qui investit toujours dans le pétrole à travers des sociétés comme Genie Energy, passe désormais son temps à faire la leçon au public sur la façon dont son mode de vie tue les ours polaires.
David de Rothschild is one of the photogenic leading lights of the environmental movement. Dubbed “Plastic Jesus” for his publicity stunts and photo opportunities masquerading as a concerned environmentalist, David de Rothschild — a scion of the billionaire banking family that added to its fortune with its Azerbaijani oil field holdings and still invests in oil through ventures like Genie Energy — now spends his time lecturing the public about how their lifestyles are killing the polar bears.
David de Rothschild : Nous devons commencer à dépenser de l’argent rapidement pour les solutions dont nous disposons, afin d’essayer d’aider ces pays qui voient déjà aujourd’hui les effets du changement climatique et, au fond, les effets de notre consommation.
David de Rothschild: We have to start spending money fast on the solutions that we have in hand to try and help these countries which are already seeing the effects of climate change today and seeing the effects of our consumption, basically.
SOURCE : Pour Rothschild, sur le climat, le temps des discours est passé
SOURCE: Rothschild Says Climate Change ‘Past Point of Talking’
Le prince Charles s’exprime ouvertement sur le réchauffement climatique, avertissant ses loyaux sujets que, s’ils ne se serrent pas la ceinture et ne vivent pas plus humblement, ils provoqueront la fin du monde.
Prince Charles is outspoken on the subject of global warming, warning his loyal subjects that unless they tighten their belts and live more humble lives, they will bring about the end of the world.
Prince Charles : Mesdames et messieurs, la bataille contre le changement climatique est sûrement le défi le plus déterminant et le plus crucial de notre temps.
Prince Charles: Ladies and gentlemen, the battle against climate change is surely the most defining and pivotal challenge of our time.
Nous ne pouvons pas ignorer les symptômes et devons agir maintenant pour rétablir la santé de la planète avant qu’il ne soit trop tard. Cela exigera bien sûr une transformation sans précédent de nos communautés, de la science, des sociétés et des modes de vie. Le tout fondé sur le passage à une économie bas carbone et circulaire.
We cannot ignore the symptoms and should act now to restore the health of the planet before it is too late. This of course will require an unprecedented transformation of our communities, science, societies and lifestyles. All predicated on the move to a low-carbon and circular economy.
SOURCE : Le prince Charles appelle à agir contre le changement climatique « avant qu’il ne soit trop tard »
SOURCE: Prince Charles urges action against climate change ‘before it is too late’
Les bases ont été posées pour ce que ces oligarques du pétrole appellent l’ère post-carbone. Il ne s’agit plus de pétrole. Il ne s’en est jamais agi. Il s’agit de contrôle.
The groundwork has been laid for what these oiligarchs call the post-carbon era. It is no longer about oil. It never was. It is about control.
TROISIÈME PARTIE : AU PROGRAMME, LA TECHNOCRATIE
PART THREE: AGENDA: TECHNOCRACY
M. King Hubbert : Bon, ce cycle complet pour le monde, pour vous donner une échelle de temps : gardez à l’esprit que cela commence en 1857, et voici où nous en étions il y a environ trois ou quatre ans. C’étaient les réserves prouvées de l’époque, qui s’additionneraient à peu près jusqu’ici, et le pic estimé se produirait vers 1995, puis nous entrons dans le déclin. Ces 80 % du milieu, là encore, s’étalent de la fin des années 60 jusqu’un peu au-delà de 2020. J’ai calculé ici environ 56 ans. Cela suppose une évolution ordonnée. Cela veut dire qu’un enfant né, disons, au cours des dix dernières années verra probablement le monde consommer l’essentiel de son pétrole s’il vit une vie normale.
M. King Hubbert: Now, so this complete cycle for the world, to give you a timescale on that — bear in mind that’s starting in 1857, and so here’s where we were about three or four years ago. This was proved reserves in the era, which would add up to about here, and the estimated peak would occur about 1995, and we go into the decline. That middle 80%, again, is spread from the late ’60s until a little beyond 2020. I computed it out here about 56 years. That assumes an orderly evolution. That says that a child born, say, within the last 10 years will probably see the world consume most of its oil if he lives a normal life.
Aujourd’hui, Marion King Hubbert est surtout connu comme le chercheur de Shell Oil devenu célèbre dans les années 1950 pour avoir prédit que les États-Unis atteindraient leur pic de production de pétrole vers 1970 et que presque toutes les réserves de pétrole de la planète seraient épuisées vers 2020.
Today, Marion King Hubbert is best known as the Shell Oil researcher who gained notoriety in the 1950s for predicting that the US would achieve its peak production of petroleum by 1970, and that almost all of the planet’s oil supplies would be exhausted by 2020.
Cette théorie du « pic pétrolier », encore parfois appelée « pic de Hubbert », était, comme tout ce qu’ont produit les grandes pétrolières, un mensonge commodément fabriqué, destiné à habituer le marché à une pénurie artificielle et donc à maintenir des prix du pétrole élevés. La « prédiction » de Hubbert ne reposait sur aucune donnée empirique d’aucun gisement, mais sur les estimations erronées de Hubbert sur les réserves restantes, et utilisait un outil heuristique pour modéliser la production.
This “Peak Oil” theory, still sometimes referred to as “Hubbert’s Peak,” was, like everything else generated by Big Oil, a conveniently crafted lie, designed to habituate the market to artificial scarcity and thus keep oil prices high. Hubbert’s “prediction” was not based on any empirical data from any oil field, but instead relied on Hubbert’s incorrect guesses about remaining oil reserves and employed a heuristic tool to model production.
Comme le protégé et collègue de Hubbert chez Shell Oil, Kenneth Deffeyes, l’a reconnu des années plus tard : « Les méthodes numériques que Hubbert a utilisées pour faire sa prédiction ne sont pas d’une clarté limpide. Aujourd’hui, 44 ans plus tard, je soupçonne que Hubbert, comme tout le monde, est d’abord arrivé à sa conclusion, puis a cherché des données brutes et des méthodes pour l’étayer. »
As Hubbert’s protégé and colleague at Shell Oil, Kenneth Deffeyes, conceded years later: “The numerical methods that Hubbert used to make his prediction are not crystal clear. Today, 44 years later, my guess is that Hubbert, like everyone else, reached his conclusion first and then searched for raw data and methods to support his conclusion.”
Peu avant sa mort en 1989, Hubbert lui-même admit que lorsqu’il montra son article sur le pic pétrolier au directeur général de Shell avant de le présenter à ses collègues, celui-ci lui avait dit de ne pas « exagérer » dans ses estimations des réserves de pétrole, en citant expressément L.G. Weeks, un géophysicien rival qui avait estimé les réserves bien plus élevées, et donc la menace imminente de pénurie et la nécessité de prix élevés bien plus faibles.
Shortly before his death in 1989, Hubbert himself admitted that when he showed his Peak Oil paper to Shell’s managing director before presenting it to his colleagues, the director had told him not to “go overboard” with his estimates of oil reserves, pointing specifically to L.G. Weeks, a rival geophysicist who had estimated reserves to be much higher, and thus the impending threat of undersupply and the need for high oil prices to be much weaker.
Mais bien qu’on se souvienne aujourd’hui de Hubbert presque uniquement pour sa thèse du pic pétrolier, il était en réalité engagé dans un projet bien plus vaste, celui de toute sa vie : aider à codifier et à structurer un mouvement qui, tout comme l’eugénisme, était extrêmement populaire il y a près d’un siècle, est tombé en disgrâce dans la bonne société, et se poursuit pourtant aujourd’hui sous d’autres noms. Ce mouvement s’appelait la « technocratie ».
But although today Hubbert is remembered almost exclusively for his Peak Oil thesis, he was in fact involved in a much larger, lifelong project, helping to codify and incorporate a movement that, much like eugenics, was wildly popular nearly a century ago, fell out of favor in polite society, and yet continues today under other names. That movement was called “Technocracy.”
Arvid Peterson : Bonjour, je suis Arvid Peterson, et voici la première partie d’une présentation en deux parties sur la technocratie, un système social alternatif. Ces émissions ne sont pas destinées à vous divertir ou à vous amuser, ni à vous faire peur. Nous adoptons une nouvelle approche. Elle n’est ni politique, ni financière, ni philosophique, ni juridique, ni religieuse, ni morale. C’est une approche technologique. La technocratie est la réponse scientifique aux problèmes sociaux de l’Amérique, et la technocratie est une nouvelle conception du fonctionnement social fondée sur la science. C’est le véhicule grâce auquel nous pouvons entrer dans une nouvelle ère pour mieux vivre. »
Arvid Peterson: Hello, I’m Arvid Peterson, and this is the first of a two-part presentation on Technocracy, an alternative social system. These programs are not intended to entertain or amuse you, nor are they meant to scare you. We are making a new approach. It is not political, financial, philosophical, legal, religious or moral. It is a technological approach. Technocracy is the scientific answer to America’s social problems and technocracy is a new design for social operation that based on upon science. It is the vehicle by which we can move into a new era for better living.”
SOURCE : Technocracy, présentation complète
SOURCE: Technocracy Full Presentation
La technocratie se présentait comme un mouvement social, une philosophie, une solution scientifique aux problèmes politiques et économiques et une nouvelle manière d’ordonner le monde. Mais au fond, c’est l’idée d’un nouvel ordre économique international, conçu et géré jusque dans les moindres détails par une poignée d’élus : les « technocrates ».
Technocracy billed itself as a social movement, a philosophy, a scientific solution to political and economic problems, and a new way of ordering the world. But, at base, it is an idea for a new international economic order, one to be designed and managed down to the most minute detail by a select few: the “technocrats.”
Patrick Wood : La technocratie a été définie de façon très concise en 1938 par leur propre publication, The Technocrat’s Magazine. Ils la décrivent comme un système d’ingénierie scientifique de la société. Ils se voyaient comme une fusion entre les sciences exactes et les sciences sociales, ce qui est en réalité un oxymore. Les sciences sociales ne sont pas vraiment une science à mon avis, mais ils le croyaient. Ils croyaient donc pouvoir prendre la méthode scientifique des sciences exactes et l’appliquer à la société. Ils croient aussi qu’eux seuls pouvaient diriger correctement la société. Parce que la technologie était arrivée et avait changé le tissu de la société, ils détestaient les politiciens, ils détestaient l’establishment, l’organisation de la société telle qu’elle est, parce qu’elle n’était pas efficace, pas fondée, si l’on veut, sur la conservation des ressources. Ils ont donc pris sur eux de définir le modèle économique qui remplacerait le capitalisme et la libre entreprise, et c’est exactement ce que c’était : un remplacement du système économique.
Patrick Wood: Technocracy was defined very succinctly in 1938 by their own publication The Technocrat’s Magazine. They call it a system of scientifically engineering society. They saw themselves as a merger between hard science and social science, which really is an oxymoron. Social science is not really a science in my opinion but they believed that. So they believed they could take their scientific method they use in the hard sciences and apply it to society. They also believe that they alone were the only ones that could run society correctly. As a result of technology having come in and change the fabric of society, they hated politicians, they hated the establishment, the organization of society they way it is because it was not efficient, it was not conservation based if you will to conserve resources. So they took it upon themselves to define the economic model that would replace capitalism and free-enterprise and that’s exactly what it was, a replacement of the economic system.
S’inspirant de l’appel d’Henri de Saint-Simon à un système socialiste organisé scientifiquement, du positivisme et de l’humanisme laïque d’Auguste Comte, et des « Principes de la direction scientifique » énoncés par Frederick Taylor, le mouvement technocratique est né du même terreau de progressisme, de positivisme et de darwinisme social que l’eugénisme. Tout comme les eugénistes croyaient que la race humaine pouvait être améliorée par une reproduction sélective contrôlée et administrée par un petit groupe de scientifiques et leurs bailleurs de fonds milliardaires, les technocrates croyaient pouvoir améliorer les conditions sociales et économiques de l’humanité en contrôlant et en administrant la société. Et, fort heureusement pour les oligarques du pétrole, les technocrates amélioreraient le monde en remplaçant l’argent par des certificats d’énergie.
Drawing on Henri Saint-Simon’s call for a scientifically-organized socialist system, the positivism and secular humanism of Auguste Comte, and the “Principles of Scientific Management” propounded by Frederick Taylor, the technocratic movement emerged from the same environment of progressivism, positivism and social Darwinism that birthed eugenics. Just as the eugenicists believed the human race could be improved through selective breeding controlled and administered by a small group of scientists and their billionaire backers, so, too, did the technocrats believe that they could improve the social and economic conditions of humanity by controlling and administering society. And, happily enough for the oiligarchs, the technocrats would improve the world by replacing money with energy certificates.
Mené par l’excentrique économiste et sociologue « révolutionnaire » Thorstein Veblen, le mouvement technocratique qui se forma autour de la « New School for Social Research » et de la « Technical Alliance » de Veblen attira aussi bien des ingénieurs et des chercheurs sérieux comme King Hubbert et Buckminster Fuller que d’autres excentriques comme Howard Scott.
Led by the eccentric “revolutionary” economist and sociologist Thorstein Veblen, the technocratic movement that formed around Veblen’s “New School for Social Research” and “Technical Alliance” attracted both engineers and serious researchers like King Hubbert and Buckminster Fuller and fellow eccentrics like Howard Scott.
Scott, un « homme mystérieux » aux origines incertaines, s’établit à New York à la fin de la Première Guerre mondiale et fut bientôt considéré comme un « ingénieur bohème ». En 1920, il alla travailler pour les Wobblies comme directeur de recherche, et l’année suivante il fonda la Technical Alliance, un groupe d’ingénieurs et de scientifiques gravitant autour de l’université Columbia qui, en précurseur du mouvement technocratique, préconisait une société dirigée par des scientifiques et des ingénieurs.
Scott, a “mysterious man” of uncertain background, established himself in New York City at the end of World War I and came to be seen as a “bohemian engineer.” In 1920 he went to work for the Wobblies as a research director, and the following year he founded the Technical Alliance, a group of engineers and scientists centered around Columbia University, and which, as a forerunner to the technocracy movement, advocated for a society run by scientists and engineers.
En 1932, le charismatique et éloquent Scott parvint à s’attacher à Walter Rautenstrauch, professeur à Columbia et fondateur du département de génie industriel de l’université. Partageant un intérêt pour la technocratie, les deux hommes devinrent amis et alliés. C’est par Rautenstrauch que Scott put approcher le président de Columbia, Nicholas Murray Butler, pour obtenir l’autorisation d’utiliser les locaux de l’université. Butler, toujours à l’affût de l’avant-garde du progressisme, se laissa séduire par les idées technocratiques, et le Committee on Technocracy de Scott s’installa bientôt au sous-sol de Hamilton Hall.
In 1932, the charismatic and well-spoken Scott managed to attach himself to Walter Rautenstrauch, a professor at Columbia and the founder of the university’s Department of Industrial Engineering. With a common interest in technocracy, the two became friends and allies. It was through Rautenstrauch that Scott was able to approach the president of Columbia, Nicholas Murray Butler, for permission to use the university’s facilities. Butler, always on the lookout for the cutting edge of progressivism, was swayed by the technocratic ideas, and soon Scott’s Committee on Technocracy was operating out of the basement of Hamilton Hall.
Quand Butler laissa filtrer la nouvelle grande idée qui mijotait au sous-sol de son université, la technocratie fit sensation. La presse l’encensa, Scott devint un conférencier recherché, et il y eut même une danse portant le nom du mouvement.
When Butler let word slip about the next big idea being cooked up in the basement of his university, technocracy became a sensation. It was lauded in the press, Scott became a sought-after speaker, and there was even a dance named after the movement.
C’est à Columbia que Scott rencontra King Hubbert, et les deux hommes, duo improbable d’un chercheur sérieux et d’un révolutionnaire excentrique, s’entendirent aussitôt. Leur passage commun à Columbia allait bientôt prendre fin brutalement, mais leur association durerait des décennies et contribuerait à faire naître des idées qui finiraient par transformer le monde.
It was at Columbia that Scott met King Hubbert, and the two, an unlikely pair of serious-minded researcher and eccentric revolutionary, immediately hit it off. Their stint together at Columbia was about to come to an abrupt end, but their association would last for decades, and help give birth to ideas that would eventually transform the world.
Patrick Wood : La technocratie a vraiment été reconnue quand elle était à Columbia. Nous en parlerons dans une minute : ils n’y sont pas restés longtemps, parce qu’il s’est avéré que l’un des promoteurs de la technocratie, Howard Scott, était un imposteur. Il était en quelque sorte le principal porte-parole du mouvement et il avait gonflé son CV, comme tant de gens le font malheureusement aujourd’hui, il l’avait gonflé et avait en somme menti sur son passé et sur sa formation, et tout le monde supposait qu’il avait un diplôme dans une branche avancée de l’ingénierie ou quelque chose comme ça, et il connaissait tous les mots à la mode, mais un journaliste perspicace a enquêté sur lui et a dit : « Je ne trouve nulle part où cet homme a obtenu un diplôme », et quand Columbia a découvert que l’homme était un imposteur, eh bien, l’ego de Butler s’en est mêlé et il a dit : « Ces gens m’ont joué un tour », et il les a tous mis dehors. Comme ça, boum ! Il les a jetés dehors. Il a dit : « Sortez de mon bâtiment ! », et ils sont tous partis et se sont dispersés. Les technocrates restés à Columbia, et il y en avait plusieurs qui étaient professeurs à Columbia à l’époque, ont simplement fermé la bouche, se sont tus, sont retournés au travail en se disant : je veux garder mon poste. Je ne mentionnerai plus jamais la technocratie. Cela ne veut pas dire qu’ils ont cessé d’y croire, mais ils n’en ont pas parlé pendant très, très longtemps à Columbia.
Patrick Wood: Technocracy really got recognized when it was at Columbia. We’ll talk in a minute, they didn’t last there very long because as it turned out one of the promoters of technocracy, Howard Scott, turned out to be a fraud. He was kind of the main spokesman for the movement and he pumped up his résumé, like so many people do today, unfortunately, he pumped it up and basically he just lied about his past and his educational past and they all assumed he had a degree in some advanced engineering or whatever and he knew all of the buzz words, but some sharp reporter did some investigative research on him and said, “I can’t find where this guy graduated anywhere,” and when Columbia found out that the guy was a fraud they realized that, well, Butler’s ego got involved and he said, “Man, these people have played me,” and so he kicked them all out. Just ka-boom! Just drop-kicked them right out. He said, “Get out of my building!” and they all left and scattered. The technocrats that were left at Columbia, which there were several of them that were professors at Columbia at the time, they just zipped their lips, shut up, went back to work, figured out I want to keep my job. I’m just going to not ever mention technocracy again. It didn’t mean they stopped believing, but they didn’t talk about it for a very, very long time at Columbia.
Discrédité, chassé de Columbia, et avec un Committee on Technocracy dissous presque aussi vite qu’il s’était formé, Scott se trouva au plus bas. Sans le sou et rattrapé par une vieille dette, il n’avait qu’une seule personne sur qui compter : M. King Hubbert.
Disgraced, evicted from Columbia, and with the Committee on Technocracy disbanded almost as quickly as it had come together, Scott found himself at a personal low. Penniless and with an old debt having caught up to him, he had only one person he could rely on: M. King Hubbert.
Hubbert hébergea Scott dans son appartement de Greenwich Village et paya de sa poche le dépôt des statuts de Technocracy, Inc., une nouvelle organisation de membres chargée de perpétuer les principes de la technocratie. La première étape, bien sûr, était de définir précisément quels étaient ces principes.
Hubbert let Scott live in his Greenwich Village apartment and paid out of his own pocket to file the articles of incorporation for Technocracy, Inc., a new membership organization that would carry on the principles of technocracy. The first step, of course, was to define precisely what those principles were.
Hubbert se mit à rédiger le Technocracy Study Course, la bible du mouvement technocratique. Il y exposait la vision d’« une abondance de richesse physique à l’échelle continentale à l’usage de tous les citoyens du continent », qui, avertissait-il, « ne peut être obtenue que par un contrôle technologique continental, un gouvernement de la fonction, un Technat ».
Hubbert got to work penning the Technocracy Study Course, the Bible of the Technocracy movement. In it, Hubbert laid out the vision of “an abundance of physical wealth on a Continental scale for the use of all Continental citizens,” which, he warned, “can only be accomplished by a Continental technological control, a governance of function, a Technate.”
Le système technocratique devait s’articuler autour d’un nouveau paradigme monétaire, fondé non pas sur les dollars et les cents mais sur des « certificats d’énergie » représentant la dépense énergétique nette de la nation. Ces certificats seraient libellés en joules et émis sur la base d’un budget énergétique net jugé approprié par les scientifiques dirigeant l’État technocratique. Les citoyens recevraient une part égale des certificats de la nation et feraient leurs achats avec, et les informations sur ces achats seraient retransmises à l’organe central de planification pour analyse. Par cette méthode, les technocrates pourraient, selon les mots d’un partisan, « créer une charge thermodynamiquement équilibrée de production et de consommation, supprimant ainsi le chômage, la dette et l’injustice sociale ».
The technocratic system was to be structured around a new monetary paradigm, one based not on dollars and cents but “Energy Certificates” representing the nation’s net energy expenditure. These certificates would be denominated in Joules and issued based on a net energy budget deemed appropriate by the technocratic state’s governing scientists. Citizens would be issued an equal share of the nation’s certificates and make their purchases with them, and the information about these purchases would be relayed back to the central planning body for analysis. By this method, the technocrats could, in the words of one proponent, “create a thermodynamically balanced load of production and consumption, thereby doing away with unemployment, debt and social injustice.”
Dans le Technocracy Study Course, Hubbert, en bon technocrate, exposait les conditions exactes à remplir pour que cette vision se réalise. Selon lui, la technocratie exigerait :
• que toute la consommation d’énergie et toutes les dépenses de consommation dans le pays soient calculées et enregistrées en continu et instantanément
• un inventaire permanent, jour et nuit, de toute la production et de toute la consommation
• un registre complet de tous les produits mis en vente, du lieu où ils ont été produits, de la quantité d’énergie dépensée pour leur production, et du lieu et du moment où ils ont été vendus.
• et enfin, un « enregistrement spécifique de la consommation de chaque individu, plus un dossier et une description de l’individu.
In the Technocracy Study Course, Hubbert, like a good technocrat, laid out the exact conditions that would need to be met for this vision to come to pass. According to him, technocracy would require:
La vision de Hubbert n’était pas seulement celle d’une société totalitaire où chaque détail de chaque interaction serait enregistré et signalé à une autorité centrale ; pour les années 1930, l’idée de registres mis à jour en continu et instantanément sur chaque bien de l’économie n’était pas seulement audacieuse, elle frôlait la folie.
Hubbert’s vision was not just that of a totalitarian society in which every detail of every interaction was recorded and reported to a central authority, but, for the 1930s, the concept of continuously and instantaneously updated registries of every good in the economy was not just audacious, but borderline insane.
Néanmoins, éprouvé par la Grande Dépression, le peuple américain était prêt à écouter n’importe quelle idée pour remplacer le système en place qui l’avait si manifestement trahi, aussi farfelue soit-elle. Technocracy, Inc. attira effectivement des adeptes, jusqu’à des dizaines de milliers à la fin de la décennie. Mais les manières excentriques de Scott, qui obligeait les membres à le saluer en public et prononçait des discours radiophoniques décousus, conduisirent finalement au long et lent déclin de l’influence du mouvement.
Nevertheless, suffering through the Great Depression, the American people were willing to listen to any ideas to replace the current system that had so obviously failed them, no matter how outlandish. Technocracy, Inc. did attract a following, swelling into the tens of thousands later in the decade. But Scott’s eccentric ways, compelling members to salute him in public and delivering rambling radio addresses, ultimately led to the movement’s long, slow decline in relevance.
Hubbert ne renia jamais le concept de technocratie, mais lorsqu’il entra chez Shell comme chercheur, il démissionna du conseil de Technocracy, Inc. et évita de mentionner directement l’organisation.
Hubbert never repudiated the concept of technocracy, but when he joined Shell as a researcher he resigned his position on the board of Technocracy, Inc. and avoided direct mention of the organization.
Les technocrates avaient esquissé les contours d’une société entièrement ordonnée et contrôlée, où l’énergie est la mesure fondamentale de la valeur et où toute consommation et toute production sont minutieusement analysées par une autorité centrale. Technocracy, Inc. existe encore aujourd’hui, mais le langage et la pensée des technocrates ont, comme l’eugénisme, connu une métamorphose. Et, comme pour l’eugénisme, le nom est peut-être tombé dans l’oubli, mais l’idée survit entre les mains des oligarques du pétrole.
The technocrats had sketched the outlines of a completely ordered and controlled society, one in which energy is the fundamental measure of value and all consumption and production is meticulously analyzed by a central authority. Technocracy, Inc. still exists to this day, but the language and thinking of the technocrats has, like eugenics, undergone a metamorphosis. And, also like eugenics, the name may have faded into obscurity, but the idea lives on in the hands of the oiligarchs.
Bill Turnbull : Adopteriez-vous un mode de vie plus écologique si vous pouviez en tirer de l’argent ?
Bill Turnbull: Would you live in a greener lifestyle if you could make money from it?
Kate Silverton : Ce pourrait être possible si une proposition du gouvernement de quotas personnels d’émissions de carbone est mise en œuvre. Selon ce projet, chacun au Royaume-Uni recevrait un quota annuel de carbone.
Kate Silverton: That may be possible if a government proposal for personal carbon emissions allowances is implemented. Under the scheme, everyone in the UK would be allocated an annual carbon allowance.
Turnbull : Stockés électroniquement, comme une carte de fidélité de supermarché, des points seraient déduits chaque fois que nous achetons ou utilisons une énergie non renouvelable. Par exemple : utiliser de l’électricité pour faire fonctionner les appareils de la maison.
Turnbull: Stored electronically, like a supermarket loyalty card, points would be deducted every time we buy or use non-renewable energy. For example: Using electricity to power appliances in the home.
Silverton : Ou voyager quelque part en avion.
Silverton: Or traveling somewhere by plane.
Turnbull : Ou même acheter de l’essence pour sa voiture à la [inaudible].
Turnbull: Or even buying petrol for your car on the [unintelligible].
Silverton : Les points restants pourraient alors être revendus à une banque centrale, vous nous suivez toujours, et les gens qui en ont besoin de plus, comme les automobilistes qui épuiseraient leur quota, pourraient alors payer un complément.
Silverton: So then any points left over could then be sold back to a central bank, are you still with us, and people who need more, like motorists, who would use their allocations could then pay for a top-up.
SOURCE : BBC Breakfast : proposition d’une carte de rationnement du carbone, 20/07/2006
SOURCE: BBC Breakfast: Carbon Ration Card proposal, 20/07/2006
Rationnement du carbone. Échange de droits d’émission de carbone. Taxes carbone. Plafonnement et échange. Tout comme les technocrates d’antan envisageaient un nouvel ordre économique fondé sur l’énergie et régi par les décrets des scientifiques et des ingénieurs, cette forme moderne de technocratie envisage un ordre économique dans lequel l’énergie est budgétée, tarifée et échangée par des groupes intergouvernementaux de scientifiques et par la caste politique qui se développe autour de ces institutions.
Carbon rationing. Carbon trading. Carbon taxes. Cap and trade. Just as the technocrats of old envisioned a new economic order based on energy and governed by the dictates of scientists and engineers, so, too, does this modern form of technocracy envision an economic order in which energy is budgeted, priced and traded by intergovernmental panels of scientists and the political caste that grows up around these institutions.
Le sénateur Jay Rockefeller : L’Agence de protection de l’environnement n’est pas une agence frivole. Elle a été créée pour réglementer les émissions de dioxyde de carbone, et je dis à la West Virginia Coal Association, qui, pour l’essentiel, ne croit pas à la science du climat, qui ne croit pas qu’il y ait un problème climatique, je leur dis depuis plusieurs années que c’est une erreur. À mon avis, la science est vraie, la science est sans équivoque vraie, et il y aura un prix du carbone dans leur avenir. Je l’ai dit il y a quelques mois : il y aura un prix du carbone dans leur avenir.
Sen. Jay Rockefeller: The Environmental Protection Agency is not a frivolous agency. It is created to regulate carbon dioxide emissions, and I have been saying to the West Virginia Coal Association, which, for the most part, doesn’t believe in climate science — they don’t believe there’s a climate problem — and I have been saying to them for a number of years that that’s wrong. In my judgment the science is true, the science is unequivocally true and that that there is a price to carbon in their future. I said this a couple of months ago — there’s a price to carbon in their future.
Al Gore : Mais je crois que l’approche du plafonnement et de l’échange est la première étape essentielle, en partie parce que c’est la seule base sur laquelle nous pouvons envisager un accord véritablement mondial, car il est très difficile d’imaginer une taxe mondiale harmonisée.
Al Gore: But I believe that the cap-and-trade approach is the essential first step, partly because it is the only basis upon which we can envision a truly global agreement, because it’s very difficult to imagine a harmonized global tax.
Christiana Figueres : Une taxe carbone, ou toute autre manière de fixer un prix du carbone, est en fait, d’un point de vue économique, le moyen le plus efficace et le plus efficient d’y parvenir, d’accord ? On peut réglementer et faire toutes sortes de choses, mais rien n’est un signal de marché aussi fort pour le secteur privé qu’un prix du carbone, que ce soit une taxe carbone ou un système de plafonnement et d’échange, comme le fait la Californie, ou n’importe quelle autre mesure qui aboutit au final à un prix du carbone. C’est le signal le plus simple, le plus propre et le plus puissant. Donc, si c’est possible, je suis avec vous.
Christiana Figueres: A carbon tax or any other way of putting a carbon price is actually, from an economic point of view, the most effective and efficient way to do this, OK? You can regulate and you can do all kinds of things but nothing is as strong a market signal to the private sector as a carbon price, whether that be a carbon tax or whether it be a cap-and-trade — which is what California’s doing — or any of the other measures that ultimately give you a carbon price. That is the simplest, cleanest, most powerful signal. So if that’s possible, I’m with you.
SOURCE : Christiana Figueres : relever notre défi climatique, le point de vue des Nations unies
SOURCE: Christiana Figueres: Meeting Our Climate Challenge – A United Nations Perspective
Ces mesures sont vendues au public comme un moyen de pénaliser les grands intérêts pétroliers qui ont passé le siècle dernier à monopoliser les ressources clés du monde et à piller la terre pour le profit. Ce que le public ne comprend pas, parce que cela a été délibérément obscurci, c’est que ce sont précisément ces intérêts qui ont joué un rôle déterminant dans la création même de ces dispositifs.
These measures are sold to the public as a way of penalizing the big oil interests that have spent the last century monopolizing the world’s key resources and plundering the earth in the pursuit of profit. What they do not understand, because it has been deliberately obscured, is that it is these very interests that have been instrumental in creating these schemes in the first place.
Le représentant Steve Scalise : « D’après ce que je sais, en 1997, quand vous étiez vice-président, le PDG d’Enron, Ken Lay, a participé avec vous à des discussions à la Maison-Blanche pour aider à élaborer ce type de politique, ce système d’échange. Est-ce exact ? Est-ce inexact ? Cela a été rapporté.
Rep. Steve Scalise: “Its my understanding that back in 1997, when you were Vice President, Enron’s CEO Ken Lay was involved in discussions with you at the White House about helping develop this type of policy, this trading scheme. Is that accurate? Is it inaccurate? It’s been reported.
Al Gore : Je ne sais pas, mais j’ai rencontré Ken Lay, comme beaucoup de gens, avant que quiconque sache que c’était un escroc.
Al Gore: I don’t know, but I met with Ken Lay, as lots of people did, before anybody knew that he was a crook.
Scalise : D’accord. Et vous comprenez sans doute pourquoi tant d’entre nous s’inquiètent de ce type de taxe énergétique par plafonnement et échange, qui bouleverserait littéralement l’économie énergétique de ce pays.
Scalise: Right. And clearly you can see why so many of us are concerned about this type of cap-and-trade energy tax that would be literally turning over this country’s energy economy.
Gore : Je ne le connaissais pas assez bien pour l’appeler « Kenny-boy ».
Gore: I didn’t know him well enough to call him “Kenny-boy.”
Scalise : Mais vous le connaissiez assez bien pour concevoir ce système d’échange.
Scalise: But you knew him well enough to devise this trading scheme.
Au début des années 1990, Enron, la société texane de négoce d’énergie tombée en disgrâce qui s’est révélée être une fraude totale, fut le fer de lance du programme de plafonnement et d’échange de l’EPA pour le dioxyde de soufre, d’une valeur de 20 milliards de dollars, et devint aussitôt le plus gros négociant de ce marché. Dans la foulée, la société, dirigée par Ken Lay, commença à faire pression sur l’administration Clinton, et en particulier sur le vice-président Al Gore, pour créer un marché similaire pour le dioxyde de carbone. Faisant des dons somptueux à des groupes écologistes comme The Nature Conservancy, dont le Climate Change Project militait pour des restrictions des émissions de carbone, Enron engagea ensuite Christopher Horner, ancien collaborateur de la commission de l’environnement du sénateur Joe Lieberman, pour faire pression en faveur d’un traité international qui limiterait les émissions et permettrait l’échange de droits d’émission.
In the early 1990s, Enron — the disgraced Texas-based energy trading company that turned out to be a complete fraud — spearheaded the EPA’s $20 billion cap-and-trade program for sulfur dioxide, promptly becoming the largest trader in the market. As a follow-up, the company, led by Ken Lay, began lobbying the Clinton administration, and particularly Vice President Al Gore, to create a similar market for carbon dioxide. Making lavish contributions to environmental groups like the Nature Conservancy, whose Climate Change Project argued for restrictions on carbon emissions, Enron then hired Christopher Horner, a former staffer on Senator Joe Lieberman’s Environment Committee, to lobby for an international treaty that would restrict emissions and allow for trading in emission rights.
Ils furent rejoints dans cette quête par Goldman Sachs, la tristement célèbre banque d’investissement de Wall Street connue aujourd’hui pour les allers-retours entre la firme et le Trésor américain, qui contribua à créer le Chicago Climate Exchange, première plateforme nord-américaine d’échange de droits d’émission. En 2004, Al Gore, qui a passé les deux dernières décennies à militer pour la création d’un marché du carbone, fonda Generation Investment Management, une société de gestion d’investissements qui vend des compensations carbone, avec David Blood, PDG de Goldman Sachs Asset Management, qui quitta son poste chez Goldman pour s’associer à Gore. À la fin de la décennie, Gore était déjà présenté comme candidat au titre de premier milliardaire du carbone au monde.
They were joined in this quest by Goldman Sachs, the infamous Wall Street investment bank known today for the revolving door between the firm and the US Treasury, who helped establish the Chicago Climate Exchange as the first North American emissions trading platform. In 2004, Al Gore, who has spent the last two decades lobbying for the creation of a carbon trading market, founded Generation Investment Management, an investment management partnership that sells carbon offsets, with David Blood, the CEO of Goldman Sachs Asset Management, who stepped down from his position with Goldman to go into business with Gore. By the end of the decade, Gore was already being hailed as a candidate to become the world’s first carbon billionaire.
Gore lui-même est un oligarque du pétrole. Son père, Al Gore Sr., était un ami proche d’Armand Hammer, le magnat du pétrole à la tête d’Occidental Petroleum. Après avoir perdu une élection sénatoriale en 1970, le père de Gore alla travailler pour Hammer chez Occidental pour 500 000 dollars par an. Au cours de sa carrière, Gore Sr. accumula des actions Occidental d’une valeur de plusieurs centaines de milliers de dollars, qui revinrent à sa mort à l’exécuteur testamentaire de sa succession : nul autre que son fils, Al Gore. Le lien avec Occidental ne s’arrête pas là. Après la découverte de minerai de zinc sur la propriété des Gore au Tennessee, Hammer acheta leur terrain et le leur revendit avec un droit sur l’exploitation minière, assorti d’un versement annuel de 20 000 dollars, qui revint lui aussi à Gore après la mort de son père. En 2013, Gore gagna 100 millions de dollars du gouvernement du Qatar lors de la vente de sa chaîne « Current TV », puis s’étonna que les journalistes s’intéressent davantage à son argent du pétrole qu’à son nouveau livre sur la cause du réchauffement climatique.
Gore himself is an oiligarch. His father, Al Gore, Sr., was a close friend of Armand Hammer, the oil tycoon behind Occidental Petroleum. After losing a Senate race in 1970, Gore’s father went to work for Hammer at Occidental for $500,000 a year. Over the course of his career, Gore, Sr. accumulated hundreds of thousands of dollars worth of Occidental stock, which fell into the hands of the executor of his estate at the time of his death: none other than his son, Al Gore. The Occidental connection does not end there. Discovering zinc ore on their Tennessee estate, Hammer bought the Gores’ land and sold it back to them with a claim on the mining rights, complete with a $20,000 annual payment, which also went to Gore after his father’s death. In 2013, Gore earned $100 million from the Qatari government on the sale of his “Current TV” venture, and then was surprised when reporters were more interested in discussing his oil money than his new book on the global warming cause.
Mais l’histoire de Gore n’est qu’un exemple d’un phénomène plus large. En 2006 fut créé le United States Climate Action Partnership afin de lancer « un appel à l’action » pour réduire les émissions de carbone. Il rédigea le Plan d’action législative, qui devint la base de l’American Clean Energy and Security Act, visant à créer un régime d’échange de droits d’émission sur le modèle du système d’échange de quotas d’émission de l’Union européenne. Et les membres du US Climate Action Partnership ? Le gotha de l’oligarchie du pétrole, dont BP, ConocoPhillips et General Motors.
But Gore’s story is only an example of a larger phenomenon. In 2006, the United States Climate Action Partnership was formed to create “A Call for Action” to cut down on carbon emissions. It drafted the Blueprint for Legislative Action, which became the basis for the American Clean Energy and Security Act, seeking to create an emissions trading regime modeled on the European Union Emission Trading Scheme. And the members of the US Climate Action Partnership? A who’s who of the oiligarchy, including BP, ConocoPhillips, and General Motors.
Les taxes carbone et l’échange de droits d’émission se sont révélés difficiles à vendre à un public de plus en plus méfiant, mais avec l’accord de Paris de 2015, le monde a franchi le plus grand pas à ce jour vers cet avenir technocratique de contrôle de l’énergie et de rationnement du carbone. Rien d’étonnant, donc, à ce que le sommet lui-même ait été sponsorisé et ostensiblement soutenu par les grandes pétrolières.
Carbon taxes and carbon trading have proven to be a hard sell for an increasingly wary public, but with the Paris Agreement of 2015 the world saw the biggest step yet toward this technocratic future of energy control and carbon rationing. No surprise, then, that the summit itself was sponsored by and prominently supported by big oil.
Erik Schatzker : Quelle est votre position et quel message enverriez-vous au président ?
Erik Schatzker: What’s your position and what message would you send to the President?
Bob Dudley : Eh bien, nous avons clairement soutenu l’accord de Paris sur le climat. Nous faisons partie de l’Oil and Gas Climate Initiative, qui réunit dix des grandes entreprises du monde travaillant sur les projets et les technologies nécessaires. Je pense que nous voulons tous savoir comment la formule fonctionnera, mais je pense que l’esprit de Paris doit rester présent dans tous les esprits : nous devons faire passer le monde à des formes d’énergie plus pauvres en carbone, et je n’ai aucun doute que cela arrivera.
Bob Dudley: Well, we have been clear in our support of the climate agreement in Paris. We’re part of the Oil and Gas Climate Initiative, which is 10 of the big companies in the world, who are working towards projects and technologies that are needed. I think we all want to know how the formula will work, but I think the concept of Paris needs to stay in everybody’s mind on the issues of — we’ve got to transition the world to lower-carbon forms of energy, I have no doubt it will happen.
SOURCE : Le PDG de BP, Dudley, sur le marché pétrolier et l’accord de Paris sur le climat
SOURCE: BP CEO Dudley on Oil Market and Paris Climate Accord
Gérard Mestrallet : Oui, je pense que ce qui s’est passé à Paris est très, très important et, comme l’a dit hier M. Ban Ki-moon, c’est important non seulement pour la planète, non seulement pour nous, citoyens, non seulement pour nos enfants, c’est important pour les entreprises.
Gerard Mestrallet: Yes, I think that what happened in Paris is very, very important and Mr. Ban Ki-moon on the (spoke) on the line that yesterday, it is important not only for the planet, not only for us citizens, not only for our children, it is important for the business.
Mais utiliser l’énergie comme nouvelle « mesure de la valeur » de l’économie post-carbone n’est qu’un élément de la vision néotechnocratique.
But using energy as the new “metric of value” for the post-carbon economy is just one element of the neo-technocratic vision.
Lorsque Hubbert rédigea son Technocracy Study Course, il indiqua clairement que la technocratie ne pourrait voir le jour sans une surveillance permanente de toute la consommation d’énergie et un flux continu de données sur tous les biens produits et consommés par la société. Mais alors que dans les années 1930 un tel système devait sembler une lubie délirante, il est aujourd’hui déjà mis en place.
When Hubbert wrote his Technocracy Study Course, he made it clear that technocracy could not come to fruition without 24/7 surveillance of all energy usage and a continuous stream of data about all goods being produced by and consumed by society. But whereas in the 1930s such a system must have seemed like a delusional flight of fancy, today it is already being implemented.
Narrateur : Vous avez peut-être déjà entendu l’expression « Internet des objets ». Cela semble intéressant, mais que signifie réellement l’Internet des objets ? L’IdO est une évolution des applications mobiles, domestiques et embarquées qui sont connectées à Internet, intègrent davantage de puissance de calcul et utilisent l’analyse de données pour en extraire des informations utiles. Des milliards d’appareils seront connectés à Internet et, bientôt, des centaines de milliards. À mesure que des appareils apparentés se connectent entre eux, ils peuvent devenir un système intelligent de systèmes, et lorsque ces appareils intelligents et ces systèmes de systèmes partagent des données dans le nuage et les analysent, ils peuvent transformer nos entreprises, nos vies et notre monde de multiples façons.
Narrator: By now you may have heard the term “Internet of Things.” Sounds interesting but what does the Internet of Things actually mean? I.O.T. is an evolution of mobile, home and embedded applications that are being connected to the internet, integrating greater compute capabilities and using data-analytics to extract meaningful information. Billions of devices will be connected to the internet and, soon, hundreds of billions of devices. As related devices connect with each other, they can become an intelligent system of systems, and when these intelligent devices and systems of systems share data over the cloud and analyze it, they can transform our businesses, our lives and our world in countless ways.
Reporter : Ce grand magasin de Bundang a introduit une nouvelle façon de faire ses courses. Avec son système « Smart Shopper », les clients prennent un petit scanner et marquent l’article qu’ils veulent acheter. Plus besoin de porter des articles lourds dans un panier, sans parler de les ramener chez soi. Après avoir payé à une borne automatique, les marchandises sont livrées directement à domicile.
Reporter: This department store in Bundang has introduced a new way to shop. With its “Smart Shopper” system, customers pick up a small scanner and tag the item they want to buy. It eliminates the hassle of having to carry heavy items in a shopping basket, not to mention the hassle of having to get them home. After you pay for the items at an automated kiosk the goods are delivered right to your home.
Cliente (traduit) : Avant, je devais faire de longues queues à la caisse, mais maintenant je peux payer avec le système Smart Shopper. C’est vraiment très pratique.
Shopper (Translated): Before I had to wait in long lines at the checkout but now I can use the Smart Shopper system to pay. It’s really quite convenient.
Reporter : Outre sa commodité pour les clients, le système aide aussi les magasins à recueillir des données sur les habitudes d’achat de leurs clients.
Reporter: Aside from their convenience to shoppers the system also helps stores gather data about their customers’ shopping habits.
SOURCE : De nouvelles technologies intelligentes changent notre quotidien
SOURCE: New smart technologies changing our everyday activities
Alice Bravo : Pourquoi créer une ville intelligente ? Eh bien, les villes intelligentes sont plus à l’écoute des citoyens et aident à réduire l’impact environnemental.
Alice Bravo: Why create a smart city? Well, smart cities are more responsive to citizens and they help reduce environmental impact.
Michael Liu : Elles sont plus rentables et plus sûres.
Michael Liu: They are more cost-effective and they’re safer.
Carlos Gimenez : Les villes intelligentes rendent les gens plus heureux et plus liés à leur communauté.
Carlos Gimenez: Smart cities make people happier and more connected to their community.
SOURCE : AT&T Smart Cities
SOURCE: AT&T Smart Cities
Narrateur : Aujourd’hui, plus de gens vivent en ville que jamais auparavant, et pour de bonnes raisons. Les villes sont des centres de commerce, d’innovation, de culture et d’opportunités. À ce titre, ce sont des entités complexes composées de nombreux systèmes interconnectés. À mesure que de plus en plus de gens affluent vers les villes et mettent ces systèmes sous pression, un changement important aide les villes à relever ce défi : l’essor des données. Les villes sont de plus en plus instrumentées. Des capteurs permettant de recueillir toutes sortes de données sont intégrés dans les systèmes urbains et fournissent des informations essentielles sur l’activité et le fonctionnement de la ville. Des capteurs sur un pont transmettent des données sur son état physique. Une caméra sur une autoroute relaie le flux de circulation et des compteurs numériques enregistrent la consommation d’eau et d’énergie en temps réel. Les canaux mobiles et sociaux permettent aux collectivités locales et aux citoyens de communiquer entre eux, créant une source supplémentaire de données utiles. L’analytique avancée peut désormais repérer facilement des tendances et des schémas dans ces énormes volumes de données. Les informations peuvent être intégrées, recueillies et partagées via des tableaux de bord, des visualisations et des alertes pour faciliter la compréhension et la collaboration entre systèmes, administrations et groupes.
Narrator: Today, more people live in cities than ever before, and for good reason. They are centers of trade, innovation, culture and opportunity. As such, they are complex entities comprising many different inter-connected systems. As more people flock to cities and put pressure on these systems, an important shift is helping cities deal with this challenge: a rise in data. Cities are becoming increasingly instrumented. Sensors that enable the capture of all sorts of data are being integrated across city systems, providing critical information on city activity and operations. Sensors on a bridge transmit data on its physical condition. A camera on a freeway relays traffic flow and digital meters record water and energy usage in real time. Mobile and social channels enable local governments and citizens to communicate with other, creating yet another source of useful data. Advanced analytics can now readily identify trends and patterns within these massive amounts of data. Information can be integrated, gathered and shared via dashboards, visualizations and alerts to facilitate understanding and collaboration across systems, agencies and groups.
Narrateur : La maison intelligente communique avec le réseau et permet aux consommateurs de gérer leur consommation d’électricité. En mesurant plus fréquemment la consommation d’électricité des foyers grâce à un compteur intelligent, les fournisseurs peuvent donner à leurs clients de bien meilleures informations pour gérer leurs factures d’électricité. Dans la maison intelligente, un réseau domestique, ou HAN, relie les appareils intelligents, les thermostats et d’autres appareils électriques à un système de gestion de l’énergie.
Narrator: The smart home communicates with the grid and enables consumers to manage their electricity usage. By measuring homes’ electricity consumption more frequently through a smart meter, utilities can provide their customer with much better information to manage their electricity bills. Inside the smart home, a Home Area Network or HAN, connects smart appliances, thermostats and other electric devices to an energy management system.
SOURCE : Qu’est-ce que le réseau intelligent ?
SOURCE: What Is the Smart Grid?
Josh Del Sol : Avec les compteurs intelligents, ils pourront savoir exactement ce qui se passe chez vous, à la microseconde près, grâce à une communication permanente avec tous vos appareils. Ce qui veut dire aussi qu’à l’avenir, si cela passe complètement et s’il n’y a pas de réaction du public, tous vos appareils devront être équipés d’un émetteur sans fil et certifiés dans le cadre d’un quelconque « programme intelligent ».
Josh Del Sol: With the smart meters, they’ll be able to tell exactly what’s going on in your home down to the micro-second based upon 24/7 communication with all of your appliances. Which will also in the future, if this goes through fully and if there’s not a public backlash, all of your appliances will need to have a wireless transmitter on them and they’ll need to certified under some “smart program.”
Cela signifie donc non seulement, en laissant de côté un instant la question sanitaire, que votre compteur intelligent émet en moyenne 13 000 impulsions micro-ondes par jour, mais que chacun de vos appareils va faire de même, parce qu’il devra communiquer avec le compteur intelligent lui-même. C’est donc une préoccupation sérieuse, et nous y reviendrons un peu plus tard. Mais pour ce qui est de la vie privée, pour entrer tout de suite dans le vif du sujet : le directeur de la CIA de l’époque, David Petraeus, a été cité disant : « Nous allons utiliser les appareils intelligents pour vous espionner », et il le dit très ouvertement. C’est comme si on arrivait à un point, James, et je suis sûr que vous le voyez aussi, où ils s’affichent de plus en plus ouvertement. C’est comme une force collective des contrôleurs qui disent : « Voilà ce que nous allons faire, et qu’est-ce que vous allez y faire ? » Ils nous défient presque, à la manière d’une brute de cour d’école : « Qu’est-ce que vous allez y faire ? »
So this means not only — just stepping aside for one moment from the health issue — this means that not only is your smart meter emitting on average 13,000 microwave pulses per day but every one of your appliances is going to be doing the same thing because it will be needed to be communicating with the smart meter itself. So that is a serious concern and we’ll get into that a little bit later. But as far as the privacy issue, just diving right in, the current CIA Director, David Petraeus, was quoted as saying, “We’re gonna use smart-appliances to spy on you,” and it’s very much just putting it out there. It’s kind of like, it’s getting to a point now, James — and I’m sure you’re seeing this — it’s, like, they’re just getting more and more in your face. And it’s kind of like this collective force of the controllers and they’re kind of saying, “This is what we’re gonna do and what are you gonna do about it?” So they’re almost challenging us in a schoolhouse bully sort of way: “What are you going to do about it?”
SOURCE : Corbett Report Radio 230 – Take Back Your Power with Josh Del Sol
SOURCE: Corbett Report Radio 230 – Take Back Your Power with Josh Del Sol
Une fois de plus, on nous demande de croire que les intérêts d’entreprise qui déploient ces technologies de manière coordonnée le font pour le bien du public. Que cette technologie doit aider à sauver la terre. Et une fois de plus, nous sommes dupés.
Once again, we are being asked to believe that the vested corporate interests that are rolling these technologies out in a coordinated fashion are doing so for the benefit of the public. That this technology is to help save the earth. And once again, we are being duped.
Le programme technocratique ne vise pas à sauver la terre. Il ne vise pas à aider le public. Il ne vise même pas à gagner de l’argent. Il vise le contrôle complet de chaque aspect de notre vie quotidienne.
The technocratic agenda is not about saving the earth. It is not about helping the public. It is not even about making money. It is about complete control over every aspect of our daily life.
Patrick Wood : Il y a deux niveaux… Selon moi, dans la technocratie, deux niveaux fonctionnent en même temps. Il y a le côté opérationnel, qui concerne des choses comme le réseau intelligent. Des choses comme diverses innovations technocratiques, la surveillance et d’autres grands sujets brûlants de la technocratie. Ce sont des questions opérationnelles. D’un point de vue stratégique, qui est le niveau où opèrent les gens du genre Rockefeller, on a une autre vision de la direction prise. Au niveau opérationnel, cela mène à une dictature scientifique, et il n’est vraiment plus nécessaire d’être visionnaire pour le comprendre. Vraiment pas. C’est là.
Patrick Wood: There’s two levels…. The way I look at technocracy, there’s two levels operating at the same time. There’s the operational side of it that has to do with things like smart grid. That have to do with things like various technocratic innovations, surveillance and other big hot-button [issues] for technocracy. These are operational issues. From a strategic point of view, which is where the Rockefeller-type people operate, it’s a different view of where it’s headed. On an operational level it’s headed towards a scientific dictatorship and you don’t have to be a visionary to figure that one out really anymore. You don’t. It’s there.
Mais sur le plan stratégique, ce qui se passe, c’est une gigantesque mainmise sur les ressources sur toute la planète. Et quand je dis mainmise sur les ressources, il faut se mettre à la place des Rockefeller, des banquiers, des Rothschild ou de qui vous voulez, et se demander : « Que fait-on quand l’argent s’épuise ? Que fait-on ? Quand on a aspiré toute la valeur possible des systèmes monétaires qu’on a créés, que reste-t-il ? »
But on a strategic basis, what’s happening is that there’s a massive resource grab going on all over the planet. And when I say resource grab, you have to put yourself in Rockefellers’ shoes — the bankers’ shoes and the Rothschilds’ shoes or whatever — and say, “What do you do when money runs out? What do you do? When you suck all of the value that you can out of the monetary systems you’ve created, what’s left?”
Vous et moi, nous ne pensons pas à ce genre de choses parce que nous n’avons pas tant d’argent, mais ces gens au sommet, surtout les banquiers, je suis sûr qu’ils restent éveillés la nuit en pensant : « Qu’y a-t-il après l’argent ? Qu’est-ce qui vient après l’argent ? » La famille Rockefeller, en particulier, a toujours été une famille tournée vers les ressources. C’est de cela qu’il s’agissait avec le pétrole au départ. C’était une ressource, et ils avaient compris que l’énergie serait le facteur le plus important au monde, devant tout autre type de ressource. Ils l’avaient compris, c’est pourquoi ils voulaient créer un monopole sur l’énergie.
Well, you and I don’t think about those sort of things because we don’t have that have much money, but these people at the top, especially the bankers, I’m sure they stay up at night thinking, “What’s after money? What comes after money?” The Rockefeller family especially has always been a resource intensive family. That’s what oil was all about in the first place. It was a resource and they understood that energy would be the most important factor in the world over any other type of resource. They understood that, that’s why they wanted to create a monopoly over energy.
Eh bien, aujourd’hui que l’argent a été pressé jusqu’à la dernière goutte, la seule chose qui reste à faire est de s’emparer des ressources elles-mêmes, et c’est tout le sens du développement durable. Il s’agit de nous enlever les ressources du monde, à vous et à moi, de les enlever aux entreprises privées qui ne font pas partie de la clique, si l’on veut, et de les placer dans un fonds commun mondial qu’ils géreront à leur profit. Ce n’est vraiment rien d’autre qu’un nouveau féodalisme, où les ressources appartiennent à quelques-uns et où tous les autres ne peuvent en faire usage qu’à leur gré et à leur discrétion.
Well, today as money has been sucked dry, the only thing left to do is to make a grab for the resources themselves and that’s what sustainable development is all about. It’s taking the resources of the world away from you and me, away from private companies that aren’t part of the clique, if you will, and putting them into a global common trust that will be managed by them for their benefit. This is really nothing more than neo-feudalism again where the resources are owned by a few and everybody else gets to operate with those resources at their pleasure and discretion.
Les technocrates et les exécutants de ce programme, comme Hubbert et ses collègues de Technocracy, Inc., ont été les pionniers de cette idée parce qu’ils croyaient qu’eux, les technocrates et les ingénieurs, seraient capables de résoudre les problèmes du monde. Mais les oligarques du pétrole et les banquiers qui ont fait naître leurs idées avec leur argent l’ont fait parce que cela les aiderait à devenir les maîtres d’un système si parfaitement conçu qu’aucune ressource, aucune marchandise, aucune personne n’échapperait à leur contrôle.
The technocrats and functionaries of this agenda, like Hubbert and his colleagues in Technocracy, Inc., pioneered this idea because they believed that they, the technocrats and engineers, would be able to solve the world’s problems. But the oiligarchs and bankers who funded their ideas into existence did so because it would help them to become the rulers of a system so perfectly crafted that no resource, no commodity, no person would be beyond their control.
Et maintenant, au XXIe siècle, cette vision technocratique se précise. Et elle est aidée par un public qui croit que l’avenir post-carbone signifie la fin de l’oligarchie du pétrole. Il ne pourrait pas se tromper davantage.
And now, in the 21st century, that technocratic vision is coming into view. And it is being helped along by a public that believes the post-carbon future represents the end of the oiligarchy. They couldn’t be more wrong.
CONCLUSION
CONCLUSION
Le pétrole. Il ne s’est jamais agi de pétrole. Il s’agissait de contrôle. Contrôle de l’énergie, de la production et de la consommation. Contrôle des ressources du monde. Contrôle de la population. Contrôle de l’humanité elle-même.
Oil. It was never about oil. It was about control. Control over energy and production and consumption. Control over the world’s resources. Control over the population. Control over humanity itself.
Joe Plummer : Tout ce que l’élite met en avant n’est rien d’autre qu’un prétexte pour ce qu’elle poursuit depuis le début. Comme je l’explique dans Tragedy and Hope 101, j’aborde cette idée que l’élite cherche à régner sur toutes les parties habitables du monde, et elle ne veut pas s’assurer cela pour se le faire ensuite reprendre. Ils inventent donc des prétextes qu’ils peuvent vendre à la fois au public et à la classe administrative, et qui justifient ce qu’ils essaient de faire, ce qu’ils doivent faire. Qu’il s’agisse de l’hystérie du réchauffement climatique ou de la technocratie, de l’Agenda 2030 ou de l’eugénisme, un fil conducteur traverse tout cela, et ce fil conducteur est le désir de consolider et d’exercer un pouvoir de coercition. Dans le cas de l’eugénisme, c’est le désir de consolider et d’exercer le pouvoir ultime, le pouvoir de décider qui, en fin de compte, va vivre ou mourir, qui sera autorisé à exister dans le patrimoine génétique désormais.
Joe Plummer: Every other thing that the elite put forward is nothing more than a pretext for what they’ve been after since the beginning. So, as I cover in Tragedy and Hope 101, I discuss this concept of the elite seeking to rule all habitable portions of the world and they don’t want to secure that so that they can then have it taken away from them. So they come up with pretexts that they can sell both to the public but also the administrative class that justifies what it is that they are trying to do — they need to do. So whether it’s global warming hysteria or whether it’s technocracy whether it’s Agenda 2030 or whether it’s eugenics, there’s a common thread that runs through all of this and that common thread is the desire to consolidate and exercise coercive power. In the case of eugenics, it’s the desire to consolidate and exercise the ultimate power, which is the power over who is ultimately going to live or die, who will be permitted to exist in the gene pool from here forward.
Le tableau est sombre, et rendu d’autant plus sombre par le fait que tant de gens ont été amenés à croire que le programme ultime des oligarques du pétrole, un programme de contrôle technocratique, de microgestion de notre vie quotidienne et, en fin de compte, d’élimination de la « chair à canon » du patrimoine génétique, sert en réalité leur propre intérêt.
The picture is bleak, and made all that much bleaker by the fact that so many have been duped into believing that the oiligarchs’ ultimate agenda, an agenda of technocratic control, micromanagement of our daily lives, and, ultimately, the elimination of the “cannon fodder” from the gene pool, is in fact in their own best interest.
Les oligarques du pétrole, abrités derrière leur écran de fumée de « développement durable » et d’économie « post-carbone », sont plus près que jamais d’atteindre leur véritable objectif de contrôle total.
The oiligarchs, shielded behind their smokescreen of “sustainable development” and “post-carbon” economy, are closer than ever before to achieving their true goal of total control.
Mais si le peuple périt faute de connaître ce programme, alors la compréhension est le premier pas vers la solution.
But if the people perish from lack of knowledge of this agenda, then understanding is the first step toward the solution.
Patrick Wood : Il est difficile de combattre un ennemi qu’on ne reconnaît pas ou qu’on ne voit pas. C’est à mon avis le plus grand problème du monde aujourd’hui : les gens n’ont aucune visibilité sur cette question. Ils ont si bien brouillé les pistes que personne ne peut les voir. Comment combattre un ennemi qu’on ne connaît pas ? Je crois que le célèbre général chinois Sun Tzu l’a dit il y a des centaines d’années. On ne peut pas combattre un ennemi qu’on ne connaît pas. Nous devons d’abord reconnaître qui est l’ennemi.
Patrick Wood: It’s hard to fight an enemy that you don’t recognize or can’t see. That’s the biggest problem in the world today, in my opinion, is that people have no visibility whatsoever of this issue. They’ve covered their tracks so well that nobody can see them. How can you fight an enemy that you don’t know? I think famous Chinese general Sun Xiu brought that up hundreds of years ago. You can’t fight an enemy that you don’t know. First we have to recognize who the enemy is.
Richard A. Grove : Eh bien, les grandes pétrolières ont conquis le monde parce que la monopolisation de toutes les ressources de la planète est le but, et pour atteindre ce but, il faut monopoliser l’énergie des gens sur toute la planète. Mais il faut aussi contrôler la nourriture, l’énergie même des êtres humains dont on veut contrôler l’énergie. Si l’on contrôle ces deux aspects, la Révolution verte et la Révolution génétique, alors on peut contrôler la planète entière, chaque ressource qui s’y trouve, et en somme éteindre la liberté pour le reste de l’histoire.
Richard A. Grove: Well, Big Oil conquered the world because the monopolization of all resources on the planet is the goal, and to get to that goal you have to monopolize the energy aspects of people around the planet. But you also have to control the food — the actual energy for the human beings whose energy you want to control. If you control those two aspects, the Green Revolution and the Gene Revolution, then you’re able to control the entire planet, every resource on it, and basically extinguish freedom for the rest of history.
Comment les grandes pétrolières ont conquis le monde a donc déjà été traité dans un film. Pourquoi les grandes pétrolières ont conquis le monde tient à la complexité du contrôle des populations, pas pour l’argent, car ce sont les gens qui impriment l’argent à partir de rien et nous le font payer. C’est donc en réalité une étude du pouvoir. Alors, pourquoi voulaient-ils nous faire cela, à nous autres ? Parce qu’ils le pouvaient et parce que nous l’avons toléré jusqu’ici et n’avons pas assez résisté pour y mettre fin. Voilà où nous en sommes aujourd’hui. Nous informer sur l’histoire afin de pouvoir vraiment tracer notre route pour l’avenir, établir un itinéraire et arriver vraiment quelque part qui ressemble à la liberté de pensée, à la liberté physique et à la justice pour tous.
So, How Big Oil Conquered The World was already done in a movie. Why Big Oil conquered the world has to do with the complexities of controlling populations — not for money, because these are the people that print money out of nothing and charge us for it. So really, it’s a study of power. So, why did they want to do this to the rest of us? Because they could and because we were tolerant so far and haven’t resisted enough to make it stop. So that’s where we find ourselves today. Becoming informed on the history so that we can actually plot our course in the future to map or chart out a course and actually get to some place that resembles cognitive liberty and physical freedom and justice for all.
Les grandes pétrolières. Les grands laboratoires pharmaceutiques. La Révolution verte. Le génie génétique. L’eugénisme. Le mouvement écologiste. La technocratie. Pas une personne sur mille ne peut détailler le développement historique de ces idées, ni les personnes et le programme qui les relient. Mais si vous avez regardé ce documentaire, vous êtes maintenant cette personne sur mille. La question est : « Qu’allez-vous faire de cette information ? »
Big oil. Big pharma. The Green Revolution. Genetic engineering. Eugenics. The environmental movement. Technocracy. Not one person in a thousand can detail the historical development of these ideas, or the people and the agenda that connects them. But if you have watched this documentary, you are now that one person in a thousand. The question is, “What are you going to do with this information?”
Alors que la quête de contrôle total des oligarques du pétrole se dévoile, il est difficile de se rappeler que tout a commencé il y a un siècle et demi avec « Bill le Diable » Rockefeller, un petit vendeur d’huile de serpent toujours en fuite devant le dernier groupe de dupes qu’il avait réussi à escroquer. D’une certaine manière, rien n’a changé, sinon l’ampleur de l’escroquerie et le nombre de dupes tombés dans le panneau. Mais maintenant que vous connaissez l’huile de serpent que l’on fait avaler au public, la seule question qui compte est : allez-vous la boire ?
As the oiligarchs’ quest for total control comes into view, it’s difficult to remember that it all started a century and a half ago with “Devil Bill” Rockefeller, a two-bit snake oil salesman always on the run from the last group of marks he managed to con. In a way, nothing has changed but the scope of the con and the number of marks who have fallen for the routine. But now that you know the snake oil that is being fed to the public, the only question that matters is: Are you going to drink it?
Transcription : James Corbett, corbettreport.com/bigoil – licence Creative Commons BY-NC 4.0 (Attribution – Pas d’utilisation commerciale). Traduction : OVALmedia.
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